Plus de 500 morts et blessés dans des raids aériens de la coalition arabe à Sanaa, affirment les rebelles

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Des «dizaines» de morts dans des raids aériens de la coalition arabe à Sanaa, affirment les rebelles houthis sur leur site d'information. (Sabanews.net)
Des «dizaines» de morts dans des raids aériens de la coalition arabe à Sanaa, affirment les rebelles houthis sur leur site d’information. (Sabanews.net)

Des « dizaines » de personnes ont été tuées et « des centaines » blessées samedi dans la capitale yéménite Sanaa dans des raids aériens menés par la coalition arabe qui soutient les forces gouvernementales, ont affirmé les rebelles chiites Houthis sur leur site Sabanews.net.
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Mise à jour au 08/10/2016 à 21h03

Alors que plus de 140 personnes ont été tuées et des centaines blessées samedi, selon le bilan de l’ONU, dans la capitale yéménite, Sanaa, dans des raids aériens qui ont frappé une foule en deuil et que les rebelles Houthis ont attribué à la coalition arabe dirigée par Ryad, les Etats-Unis ont annoncé samedi « un examen immédiat » de leur soutien à la coalition dirigée au Yémen par l’Arabie saoudite,

« La coopération sécuritaire avec l’Arabie saoudite n’est pas un chèque en blanc », a déclaré Ned Price, porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche. Selon lui, au vu des raids de samedi « et d’autres incidents, nous avons débuté un examen immédiat de notre soutien, déjà fortement réduit, à la coalition emmenée par l’Arabie saoudite » au Yémen.

à 14h27

La coalition militaire arabe, qui opère au Yémen sous commandement saoudien, a nié samedi toute implication dans les raids aériens qui ont fait plus de 100 morts dans la capitale Sanaa et qui lui ont été attribués par les rebelles chiites Houthis.

Dans un communiqué, la coalition a affirmé qu’elle n’avait pas mené d’opérations militaires sur le lieu du drame et que « d’autres causes » devraient être considérées.

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Mise à jour au 08/10/2016 à 14h27

Plus de 100 personnes ont été tuées samedi dans les raids aériens attribués à la coalition arabe et qui ont frappé une foule en deuil à Sanaa, selon un nouveau bilan du ministère de la Santé, contrôlé par les rebelles Houthis.

« Le bilan est très lourd: plus de 520 blessés et plus de 100 martyrs », a annoncé le porte-parole du ministère de la Santé, Tamim al-Chami, sur la chaîne de télévision des rebelles Al-Masirah.

Ce bilan « risque de s’alourdir », a-t-il ajouté, en citant « des restes humains carbonisés » et non identifiés sur le lieu de l’attaque et « plusieurs personnes portées disparues ».

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Des responsables du ministère de la Santé, contrôlé par les rebelles, ont fait état d‘un premier bilan de 140, puis de 450 « morts et blessés » dans « ce massacre », mais sans fournir de bilan précis.

Le maire de Sanaa, Abdel Qader Hilal, figure parmi les personnes tuées, a indiqué la chaîne de télévision des rebelles Al-Masirah.

Les Houthis se sont emparés de Sanaa il y a plus de deux ans et contrôlent également d’autres régions du pays. Le gouvernement yéménite, qui avait alors dû fuir le pays, tente aujourd’hui de regagner le terrain perdu avec l’appui de la coalition arabe dirigée par l’Arabie saoudite voisine.

Des avions de la coalition ont mené des raids contre une salle à Sanaa où de nombreuses personnes étaient réunies dans l’après-midi pour présenter leurs condoléances pour la mort du père du « ministre de l’Intérieur », Jalal al-Rouichène, a indiqué Sabanews.net.

« Des dizaines de personnes sont tombées en martyrs et des centaines ont été blessées (…) dans deux raids de l’aviation de l’agression », ont poursuivi les rebelles sur leur site, en référence à la coalition arabe qui opère au Yémen depuis plus de 18 mois.

La salle touchée par les raids est située près d’une grande place publique, celle des Sabiine, dans le sud de la capitale.

Un énorme incendie s’est déclaré dans le bâtiment, qui s’est effondré, a indiqué une source de sécurité citée par le site des rebelles.

Des équipes de secours retiraient des corps calcinés et tentaient de retirer d’autres coincés sous les décombres, a rapporté un photographe de l’AFP sur place.

Il a indiqué avoir compté une vingtaine de cadavres, totalement calcinés, ou en lambeaux. Certaines personnes, amputées de leurs membres inférieurs par l’effondrement du bâtiment, étaient secourues par des volontaires, a-t-il ajouté.

« Un avion a tiré un missile contre la salle, et quelques minutes après, un deuxième appareil a bombardé le site », a indiqué un témoin, qui s’est identifié par son prénom, Moujahid.

« C’est un crime ignoble perpétré contre un lieu de deuil », a dénoncé un deuxième témoin, qui a requis l’anonymat.

Des ambulances évacuaient les victimes et les hôpitaux ont lancé un appel pour des dons de sang, selon des habitants.

Les rebelles n’ont pas précisé si M. Rouichène ou d’autres personnalités, outre que Abdel Qader Hilal, étaient présentes au moment de l’attaque.

Le général Jalal al-Rouichène, qui avait été nommé ministre de l’Intérieur par le président Abd Rabbo Mansour Hadi, est resté en poste après que les Houthis ont conquis Sanaa en septembre 2014.

La coalition militaire arabe n’a pas encore réagi aux affirmations des rebelles sur sa responsabilité dans l’attaque.

Elle a été accusée par des organisations de défense des droits de l’Homme de commettre des « bavures » en touchant des secteurs civils dans ses raids.

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