Portes-ouvertes: un aperçu du 62e Régiment d’Artillerie de Campagne et de ses réservistes (PHOTOS)

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Mardi soir à 19h, le 62e Régiment d’Artillerie de Campagne (RAC) a ouvert ses portes au public de Shawinigan et de ses environs pour donner un aperçu du monde des réservistes militaires.

Les militaires étaient attentionnés envers leur public, prenant le temps d’expliquer en détail le fonctionnement et l’opération des différents postes au sein du régiment.

Cette institution qui “existe depuis 70 ans”, explique le Sergent Gautier, possède une facette “multi-fonctionnelle”, et a à sa charge la responsabilité de “l’habillement régional” des militaires comme le 5ème bataillon de Valcartier, tous les réservistes, ou même de la marine de Trois-Rivières.

Selon le lieutenant-colonel Denis Roux, commandant de l’unité, la soirée portes-ouvertes participe au rayonnement de la base et permet au public d’avoir une image au plus proche du réel après un contact avec les réservistes. Cette soirée sert aussi principalement au recrutement, qui se fait tout au long de l’année, mais qui est nécessaire car l’engagement moyen d’un réserviste est de 3 à 5 ans selon le lieutenant-colonel Roux. Après tout le ¾ des réservistes à Shawinigan sont des étudiants.

L’économie de la région montre encore des signes de faiblesse et beaucoup de jeunes quittent les environs pour les gros centres de Montréal, Ottawa, Québec et même Trois-Rivières. Tenir des portes ouvertes à Shawinigan contribue donc à attirer les jeunes et à ouvrir leur esprit au 62e RAC à Shawinigan, dont la composition est très variée: étudiants, salariés, retraités, saisonniers…de 16 à 57 ans peuvent devenir réservistes.

Les avantages sont nombreux, comme un emploi du temps annuel qui procure de la stabilité pour le réserviste, une aide financière pour les frais scolaires, pas de contrat d’emploi donc flexibilité concernant la durée souhaitée de travail et le coût de l’essence qui est payé par la base, même si l’on vient de la Tuque!

Les réservistes vont aussi s’entraîner à Valcartier ainsi qu’aux États-Unis (dans le Mississippi ou en Virginie au Fort Pickett). Ces voyages ont souvent lieu au mois de janvier lors de la pause scolaire, ce qui montre l’adaptabilité du 62e RAC pour les étudiants. Ces entraînements hors base présentent un attrait et permettent aux réservistes de voir d’autres endroits, cela permet donc la “rétention du personnel” explique le Lt-colonel Roux.

Les réservistes du RAC travaillent dans plusieurs domaines, ils y a les chauffeurs, les techniciens des radios avancées, mais aussi ceux en charge de l’arpentage, de la reconnaissance du terrain, du poste de commande, etc.

Chaque réserviste suit un cours de base afin de devenir artilleur ou officier d’artillerie, ensuite le réserviste peut suivre des formations continu si souhaité, comme le sergent Duchaine en charge de la reconnaissance. La triangulation explique-t-il “marche en miles, et est 17 fois plus précis que les degrés” (boussole). Le sergent Duchaine a suivit un mois de formation, et est maintenant capable de se servir de la reconnaissance, qui est “l’arme de combat la plus technique” au sein du RAC.

Le bombardier-technicien Massicotte, quant à lui, utilise le “télémètre laser”, qui permet de procurer une distance très précise. Cependant, il faut “savoir ne pas s’en servir” dit-il, car la technologie n’est pas toujours fiable, et c’est pour cela qu’on doit toujours pouvoir avoir recours aux boussoles, aux cartes, etc.

Le technicien des radios avancées, le bombardier Mathon, l’explique bien: “le poste de commande c’est un peu la boîte à panique: tout se fait là”, ou comme le dit le caporal-chef Tremblay, c’est “la tête de l’artillerie”. Le poste de commande est composé de 4 militaires, dont un officier en charge de la carte, un adjudant, et deux caporaux, qui sont en constante communications avec les autres postes sur le terrain.

Pour le Lt-colonel Roux, être réserviste lui a apporté une discipline personnelle, mais surtout un expérience qu’il lui a été utile à la vie civile.

Pour le sergent Gautier, être réserviste lui a permis d’établir un “dépassement de soi”, de procurer des capacités de “leadership” et de gagner en “maturité”. À 24 ans, il revenait de son premier déploiement en Afghanistan, où il avait la charge de 10 militaires. Cela lui a donc permis d’acquérir une expérience et une responsabilité que la société civile n’aurait pas forcément pu lui permettre.

Il existe de nombreuses raisons pour devenir réserviste. Pour beaucoup c’est une aide financière pour les études, et certains restent surtout pour “la gang”, l’esprit d’équipe et les liens forts qui se créent au sein du RAC.

Pour le bombardier-chef Isabelle, c’est une passion, et il compte rejoindre l’Armée en tant que régulier. Mais le processus peut être long et surtout “décourageant”, comme l’explique le bombardier Mathon, a qui il aurait fallu 3 ans pour rejoindre l’armée en tant que membre régulier.

Une passion mais aussi un défi personnel. Avant de devenir réserviste, le bombardier-chef Isabelle n’aurait “ jamais pensé être capable de faire ça.” Il se réfère à la grande variété de tâches et de formations, aux tirs sur des canons de 105 mm à portée de 11.6 km, et des mortiers de 81 mm, à la triangulation, au fonctionnement de divers appareils complexes et aussi plus anciens comme les canons, etc.

Le RAC offre différentes options, et il faut être capable de s’adapter, d’être multi-tâche et d’être flexible et donc de toucher à tout. Un réserviste est différent d’un régulier, qui approfondit plus sa fonction.

Concernant les portes-ouvertes, les réservistes expliquent, comme le Bombardier-chef Caron, que l’armée est une sorte de sujet “tabou”dans la région et qu’il est donc bien “agréable de pouvoir montrer au civils l’intérieur de la base”, qui présente un visuel des activités du régiment et du système opérationnel.

D’après le bombardier Mathon, une grande partie des civils “ne sont pas au courant” de ce qui se passe avec ce régiment, certains ne sachant même pas qu’il existe.

Selon le bombardier-chef Isabelle, c’est en effet plus facile de communiquer avec le public en lui permettant de monter dans les camions, d’utiliser machines techniques, de pouvoir voir un canon de près, être à l’intérieur du poste de commande et surtout d’être au contact avec les réservistes dans leur environnement.

En somme, les portes ouvertes permettent de briser les idées préconçues sur l’armée et les militaires, qui étaient très à l’aise pour expliquer en détail leurs fonctions et les différents aspects du RAC.

“C’est bien le fun!” conclut le bombardier-chef Isabelle. Et en effet, ce le fut!

Jeune diplômée de l’Université de Colombie-Britannique en Histoire et Relations Internationales, Thalia est intéressée par les conflits internationaux, la sécurité nationale, et spécifiquement les stratégies liées à l’antiterrorisme.

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