Présidentielle en Moldavie: victoire incertaine du candidat pro-russe dès le 1er tour

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Un homme glisse son bulletin de vote dans une urne, le 30 novembre 2014 à Chisinau lors des législatives en Moldavie (Vadim Denisov/AFP)
Présidentielle en Moldavie: victoire incertaine du candidat pro-russe dès le 1er tour.(Archives/Vadim Denisov/AFP)

L’incertitude régnait dimanche soir sur les résultats du premier tour de l’élection présidentielle en Moldavie: le candidat pro-russe Igor Dodon était donné en tête mais pourrait échouer dans son pari d’être élu dès le premier tour.

Après le dépouillement de plus de 90% des bulletins des vote, Igor Dodon obtiendrait 49,79% des suffrages, selon les chiffres donnés publiés par la Commission électorale centrale de ce pays de 3,5 millions d’habitants niché entre l’Ukraine et la Roumanie.

La principale concurrente de M. Dodon, la pro-européenne Maia Sandu, est créditée de 36,91% des suffrages, mais les bulletins de la capitale Chisinau, où l’électorat est plus favorable à Mme Sandu, n’ont pas encore été dépouillés.

Un seul des sept autres candidats dépasserait la barre des 5%.

Les résultats définitifs ne seront pas connus avant lundi matin, et le dépouillement des bulletins des Moldaves vivant à l’étranger. Le second tour, s’il y en a un, devrait se tenir le 13 novembre.

Pour cette première élection présidentielle au suffrage universel depuis 1997, mettant aux prises les partisans d’un rapprochement avec la Russie et les défenseurs d’une intégration à l’Union européenne, les Moldaves se sont peu mobilisés puisque seuls 48,97% des électeurs se sont rendus aux urnes, d’après les chiffres de la Commission électorale.

Aussitôt après la fermeture des bureaux de vote, Maia Sandu s’était dite persuadée de la tenue d’un second tour, alors qu’Igor Dodon espérait l’emporter dès le premier tour.

« Je veux remercier mes partisans et tous ceux qui sont venus voter. Les petits moyens ont donné une grande campagne et nous avons fait quelque chose de grand. Rendez-vous au second tour », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse.

« Je suis sûr que la Moldavie va tourner une page de son histoire aujourd’hui », avait pour sa part déclaré Igor Dodon, 41 ans, en déposant son bulletin dans l’urne.

Ancien ministre de l’Economie dans un gouvernement dirigé par des communistes, il promet de « rétablir un partenariat stratégique avec la Russie » et d’oeuvrer pour « annuler le volet économique de l’accord d’association avec l’UE », signé en 2014 par les autorités pro-européennes.

« Je ne suis pas contre l’UE », a nuancé Igor Dodon dans une interview à l’AFP, estimant que c’était « dans l’intérêt de la Moldavie » de mettre en oeuvre les réformes exigées par Bruxelles, notamment en ce qui concerne la justice.

« On ne peut pas faire sans la Russie, c’est notre marché à l’exportation », a expliqué un électeur de 66 ans, Igor Lopukhov, qui a voté pour Igor Dodon.

Maia Sandu, candidate de l’opposition de centre droit, promet pour sa part une « Moldavie européenne ». « Nous prônons la voie de l’intégration européenne car au sein de l’UE, nous voyons une vraie démocratie et la prospérité pour tous ceux qui y travaillent », a déclaré à l’AFP cette ex-ministre de l’Education, qui a travaillé pour la Banque mondiale .

« Il nous faut construire l’Europe à la maison », abondait Ion Lupusor, électeur de 27 ans qui vient de rentrer d’Europe où il a étudié. « Si nous ne votons pas, les retraités décideront du développement du pays et ils sont pour un retour de l’Union soviétique », a-t-il ajouté.

En glissant son bulletin dans l’urne, Maia Sandu, qui a créé cette année son parti politique Action et Solidarité, a appelé à « apporter de l’ordre à la Moldavie ». « Nous ne devons pas avoir peur. Nous devons prouver aux voleurs et aux corrompus que nous sommes plus nombreux ».

La Moldavie est l’un des pays les plus pauvres d’Europe: 41% de ses 3,5 millions d’habitants vivent avec cinq dollars par jour, selon la Banque mondiale.

En 2015, la découverte de la disparition d’un milliard de dollars des caisses de trois banques du pays, soit l’équivalent de 15% du produit intérieur brut (PIB), avait provoqué d’énormes manifestations réunissant aussi bien pro-européens que prorusses, issus de forces de droite comme de gauche.

Depuis, trois gouvernements se sont succédé sans calmer la colère des Moldaves, qui jugent leur classe politique largement corrompue.

La commission électorale a assuré que le bon déroulement du vote était surveillé de près: quelque 3.200 observateurs moldaves et 562 étrangers ont été déployés dans environ 2.000 bureaux de vote dans le pays.

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