Syrie: 24 heures sans raids à Alep avant la «trêve humanitaire»

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Des immeubles bombardés à Alep, le 17 octobre 2016. (AFP/KARAM AL-MASRI)
Des immeubles bombardés à Alep, le 17 octobre 2016. (AFP/KARAM AL-MASRI)

La métropole syrienne d’Alep connaît depuis 24 heures un répit dans les raids aériens du régime et de son allié russe, à la veille de l’entrée en vigueur d’une trêve censée permettre aux civils et rebelles de quitter la ville ravagée.
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Mise à jour au 19/10/2016 à 11h30

La « pause humanitaire » jeudi à Alep, deuxième ville syrienne ravagée par des bombardements, a été étendue à 11 heures « à la demande des organisations internationales », au lieu des huit heures prévues initialement, a annoncé mercredi l’armée russe.

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Sur le plan diplomatique, une réunion de travail sur la Syrie est prévue à Berlin entre les chefs de l’État français, russe et allemand, tandis qu’à Genève, militaires russes, américains, saoudiens, qataris et turcs se retrouvent pour tenter de dissocier à Alep groupes rebelles « modérés » des djihadistes.

Moscou, principal allié du président Bachar al-Assad, avait annoncé mardi l’arrêt des raids de son aviation ainsi que celle du régime sur la partie rebelle d’Alep, soumise à un déluge de feu meurtrier depuis une offensive lancée par Damas le 22 septembre pour reprendre la deuxième ville du pays.

Cette suspension intervient avant l’entrée en vigueur jeudi à 05H00 GMT d’une « trêve humanitaire » de huit heures, annoncée par Moscou et qui doit permettre en principe l’évacuation de civils et de rebelles qui le désirent des quartiers Est de la métropole, tenus par les rebelles, où vivent quelque 250.000 personnes.

« Il n’y a pas eu de raids aériens depuis mardi matin », a indiqué à l’AFP à la mi-journée Rami Abdel Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

« Mais il y a toujours des combats sur plusieurs fronts aux abords des quartiers rebelles, notamment dans la Vieille ville », avec des tirs d’artillerie du régime et des roquettes lancées par les rebelles, a-t-il précisé.

La « pause humanitaire » jeudi à Alep, deuxième ville syrienne ravagée par des bombardements, a été étendue à 11 heures « à la demande des organisations internationales », au lieu des huit heures prévues initialement, a annoncé mercredi l’armée russe.

Ce cessez-le-feu complet, qui doit commencer jeudi à 08H00 heure locale (05h00 GMT) « sera prolongé de trois heures et durera jusqu’à 19H00 heure locale » (16h00 GMT), a déclaré le général Sergueï Roudskoï, de l’état-major russe, en précisant que les avions russes et syriens « n’approchaient pas à moins de 10 km d’Alep », en vue de l’instauration de cette trêve.

Huit couloirs humanitaires, dont six pour l’évacuation des civils, des malades et des blessés, et deux pour le retrait des rebelles armés, mais qui peuvent également être utilisés pour les civils, seront ouverts jeudi matin et surveillés par des drones, selon la même source.

Neuf autocars et sept ambulances seront dépêchés vers les couloirs humanitaires dans le nord d’Alep et huit autocars et huit ambulances seront déployés dans le sud, a précisé M. Roudskoï.

Des employés de la mission de l’ONU et des volontaires du Croissant rouge syrien vont aider à l’évacuation des civils et les accompagner durant tout le trajet après le départ d’Alep, a-t-il indiqué.

Le déroulement de l’évacuation sera diffusé en temps réel sur le site du ministère russe de la Défense grâce à des caméras de vidéosurveillance installées près des couloirs humanitaires, selon le général russe.

« Les parties russe et syrienne ont rempli toutes leurs obligations liées à la mise en place d’une opération humanitaire à Alep-est », a-t-il souligné.

« Nous espérons que les États-Unis et les autres parties intéressées pourront influencer les chefs des groupes armés afin d’assurer l’évacuation des malades et des blessés, ainsi que celle des civils et le retrait des rebelles armés », a ajouté M. Roudskoï.

‘Pas d’avions dans le ciel’

Ancienne capitale économique de Syrie, Alep est le principal front de la guerre qui déchire la Syrie depuis mars 2011 et qui a fait plus de 300.000 morts.

« Grâce à Dieu, il n’y a pas d’avions dans le ciel en ce moment », a indiqué de son côté à l’AFP Ibrahim Abou al-Leith, porte-parole des Casques blancs à Alep, les secouristes en zone rebelle. « Mais il y a encore des tirs d’artillerie et de roquettes », a-t-il ajouté.

Profitant du répit dans les frappes, les habitants d’Alep-Est étaient sortis mardi à la recherche de nourriture, de plus en plus rare dans ce secteur assiégé depuis pratiquement trois mois.

La pause humanitaire de jeudi doit permettre l’ouverture de six couloirs humanitaires pour l’évacuation des civils et des blessés, et deux autres passages pour le retrait des combattants.

« Les troupes syriennes se retireront à une distance suffisante pour que les combattants puissent quitter l’est d’Alep avec leurs armes », a précisé le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou.

« Il y a eu trois cessez-le-feu à Alep depuis le début de l’année. Cela n’a rien donné (…) Nous n’y croyons plus », a réagi toutefois lors d’une visite à Paris Abdulrahman Almawwas, vice-président des Casques blancs.

‘Éliminer les terroristes’

Le régime et son allié russe affirment bombarder les quartiers rebelles pour éliminer les « terroristes », principalement les djihadistes du Front Fateh al-Cham (ex-Front al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda).

« Nous devons éliminer les terroristes à Alep, c’est ainsi que nous pourrons protéger les civils », a souligné le président Assad lors d’un entretien avec la chaîne de télévision suisse SRF 1 diffusé mercredi.

Des militaires russes, américains, saoudiens, qataris et turcs se retrouvent d’ailleurs mercredi à Genève pour discuter de « la séparation entre l’opposition modérée et les terroristes à Alep », selon l’armée russe.

« Chaque fois, les Américains disaient qu’il était impossible d’effectuer cette séparation sans mise en place d’un cessez-le-feu. La condition qui a été posée (…) est maintenant remplie », a affirmé la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova,

Il n’y a « plus aucune raison pour ne pas mener jusqu’au bout le processus de séparation », selon elle.

À Berlin, une « réunion de travail » sur la Syrie est prévue entre le président français François Hollande, son homologue russe Vladimir Poutine, et la chancelière allemande Angela Merkel, à l’issue d’un sommet sur l’Ukraine, selon la présidence française.

De source française, il s’agira de faire « passer toujours le même message à Poutine sur la Syrie: un cessez-le-feu durable sur Alep et un accès humanitaire ».

Mme Merkel a dit ne pas attendre de « miracle » sur ce dossier, jugeant que la question des sanctions contre la Russie en représailles de ses bombardements « ne peut être enlevée de la table » des discussions.

Mercredi, la Russie a accusé l’aviation belge, qui fait partie de la coalition internationale antijihadiste, d’avoir tué six civils suite à des bombardements dans une localité de la région d’Alep. Le ministère belge de la Défense a démenti ces accusations.

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