Syrie: les rebelles poussent à Alep-Ouest, au moins 41 civils tués

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La route du Castello, à Alep, qui sépare les quartiers rebelles (G) de la zone gouvernementale. (AFP/STR)
La route du Castello, à Alep, qui sépare les quartiers rebelles (G) de la zone gouvernementale. (AFP/STR)

Remis à jour 30/10/2016 à 12h31

De violents combats faisaient rage dimanche à la périphérie ouest d’Alep au troisième jour d’une offensive des groupes rebelles qui cherchent à briser le siège imposé par le régime syrien, alors qu’au moins 41 civils ont été tués dans les tirs de roquettes de l’opposition.

Une coalition de rebelles islamistes et de djihadistes a lancé vendredi une vaste offensive partie de l’extérieur de la ville, côté ouest, pour mettre fin au siège imposé par le régime de Bachar al-Assad aux quartiers de l’opposition.

L’ONU s’est dite « horrifiée » dimanche par les tirs des rebelles qui ont fait 41 morts dans les quartiers ouest de la métropole divisée d’Alep, depuis le début vendredi d’une offensive des groupes anti-gouvernementaux cherchant à briser le siège imposé par le régime syrien.

Cette coalition de rebelles islamistes et djihadistes tente à coups de roquettes et d’obus de briser les lignes gouvernementales pour parvenir à l’est d’Alep où vivent 250.000 personnes en état de siège depuis juillet, privées d’aide humanitaire et menacées de pénurie alimentaire selon l’ONU.

Les rebelles ont par ailleurs été accusés d’avoir répandu du « gaz toxique », selon les médias officiels qui rapportent 35 cas de suffocation dans un quartier tenu par le gouvernement.

Le contrôle d’Alep –divisée entre des secteurs est tenus par les rebelles et des quartiers ouest aux mains du régime– est déterminant aux yeux des belligérants pour asseoir leur pouvoir dans le nord de la Syrie, ravagée depuis 2011 par une guerre civile qui a fait plus de 300.000 morts.

Les combats, rythmés par les frappes aériennes du régime et de son allié russe, les salves de roquettes tirées par les rebelles et l’explosion de voitures piégées, se concentrent à la périphérie ouest d’Alep, attaquée par plus de 1.500 combattants venus des provinces d’Alep et d’Idleb (nord-ouest) sur un front de 15 kilomètres.

Depuis le début de l’offensive, « 38 civils ont été tués et 250 blessés par les centaines de roquettes et d’obus tirés par les rebelles sur les quartiers ouest d’Alep », a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Plus de 50 rebelles ont été tués dans les violences qui ont fait pas moins de 30 morts parmi les forces du régime et les combattants engagés à ses côtés, selon l’OSDH.

L’intensité des combats était telle qu’ils étaient entendus jusque dans les quartiers est de la ville, pourtant relativement éloignés de la ligne de front, a constaté un correspondant de l’AFP présent dans ce secteur et qui pouvait voir des colonnes de fumée s’élever au dessus de la ville.

Combats ‘à leur paroxysme’

Selon l’OSDH, « les combats ont atteint leur paroxysme » à Dahiyet al-Assad, un quartier gouvernemental au sud-ouest d’Alep, où les rebelles ont effectué une avancée vendredi et se sont emparés de la majorité du secteur, avant une contre-offensive du régime qui les a fait partiellement reculer.

« Les rebelles tirent des dizaines de roquettes sur les position de l’armée » tandis que les deux camps ont « renforcé leurs effectifs et leur armement », a souligné l’ONG.

L’objectif pour les rebelles est de progresser vers le quartier voisin de Hamdaniyé, situé en bordure des quartiers rebelles: la prise de Hamdaniyé permettrait véritablement de briser le siège imposé aux zones rebelles en établissant un passage vers les territoires contrôlés par les insurgés, à l’extérieur d’Alep.

« Depuis Dahiyet al-Assad, on va avancer vers Hamdaniyé », a confirmé Yasser Al-Youssef, un responsable du groupe rebelle Noureddine Zinki.

Les quartiers est d’Alep, où vivent au moins 250.000 habitants, sont en état de siège depuis juillet, privés d’aide humanitaire et menacés de pénurie alimentaire, selon l’ONU.

Le régime syrien avait lancé le 22 septembre une offensive majeure pour reprendre ce secteur. Mais ses succès avaient été limités, malgré l’appui de l’aviation russe et des bombardements meurtriers qui ont fait plus de 500 morts selon l’ONU et entraîné la destruction d’infrastructures civiles, notamment des hôpitaux.

Une source militaire pro-régime a reconnu que l’offensive rebelle était « massive et coordonnée », tout en affirmant que les combattants n’avaient réussi aucune avancée à l’exception du quartier de Dahiyet al-Assad.

« Ils utilisent des missiles GRAD et des voitures piégées, et sont soutenus par des combattants étrangers », a-t-il précisé.

L’offensive est menée par Jaich al-Fatah, une coalition regroupant des groupes rebelles islamistes comme Ahrar al-Sham, mais aussi des jihadistes du front Fateh al-Cham, ex-Front al-Nosra, ancienne branche syrienne d’Al-Qaïda.

En réaction à l’offensive rebelle, l’armée russe avait annoncé vouloir reprendre ses raids aériens, mais le président russe Vladimir Poutine a estimé vendredi que ce n’était « pas opportun ».

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