Syrie: Moscou nie être l’auteur du bombardement qui a tué 22 enfants

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De la fumée s'élève au-dessus des toits d'Alep, dans le nord de la Syrie, après l'explosion de charges placées par les forces loyalistes dans un tunnel censé être utilisé par les rebelles, le 19 mai 2015 (source : AFP / GEORGE OURFALIAN)
Vingt-deux enfants et six enseignants ont été tués lors d’un bombardement mercredi selon l’Unicef. (source : AFP /Archives/GEORGE OURFALIAN)

La Russie a nié jeudi être l’auteur d’un bombardement qui a tué 22 enfants dans une école en Syrie, dans un contexte de tensions croissantes avec les Occidentaux et de nouvelles sanctions européennes contre son allié syrien.

La Russie n’a « rien à voir » avec les frappes aériennes contre une école dans la province d’Idleb, tenue par les rebelles, qui ont tué mercredi 22 enfants et six enseignants selon l’Unicef, a assuré la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova.

Certains médias arabes et occidentaux « ont aussitôt accusé la Russie de cette tragédie (…) C’est un mensonge », a-t-elle dénoncé lors d’une conférence de presse.

La Russie fait intervenir son aviation depuis le 30 septembre 2015 pour soutenir le président syrien Bachar Al-Assad dans la guerre qui l’oppose à des formations rebelles.

Bien qu’elle affirme ne frapper que des « cibles terroristes », la Russie a été accusée à plusieurs reprises de viser les rebelles modérés et de commettre des « crimes de guerre ».

Les dénégations russes n’ont pas convaincu le ministre français des Affaires Étrangères Jean-Marc Ayrault.

« Qui est responsable? En tout cas ce n’est pas l’opposition (au régime syrien) car pour bombarder il faut des avions. Ce sont soit les Syriens, le régime de Bachar al-Assad, soit les Russes », a déclaré M. Ayrault lors d’une conférence de presse à Paris.

« Ici, il n’y a que des civils, il n’y a pas de siège militaire de groupes rebelles », a assuré à l’AFP un témoin de la tragédie dans l’école, Hafez, un habitant de 35 ans qui a participé aux opérations de sauvetage dans le village agricole de Hass.

La province d’Idleb est un bastion de Jaich al-Fatah (l’Armée de la conquête), une coalition regroupant des rebelles islamistes et des jihadistes de Fateh al-Cham, anciennement Front al-Nosra, jusqu’à sa rupture officielle avec Al-Qaïda.

Le directeur général de l’Unicef, Anthony Lake, a dénoncé « une tragédie » et un possible « crime de guerre ».

Nouvelles sanctions

Les enfants continuent à être les victimes de cette guerre qui a fait plus de 300.000 morts et des millions de déplacés depuis son déclenchement en mars 2011.

Au moins six d’entre eux ont été tués et 15 blessés jeudi par des tirs de roquettes des rebelles sur deux quartiers sous contrôle gouvernemental à Alep, la deuxième ville du pays située dans le nord, ont rapporté les médias officiels syriens. Une salve de roquettes a frappé une école.

Le même jour dans la ville rebelle de Douma, près de Damas, au moins huit personnes, dont un enfant, ont péri par des bombardements du régime, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Alors que rien ne semble arrêter l’effusion de sang, l’Union européenne a choisi jeudi de sanctionner dix hauts responsables du régime accusés de prendre part à « la répression violente exercée contre la population civile ».

Cet ajout porte à 217 le nombre total de responsables syriens soumis à « une interdiction de pénétrer sur le territoire de l’UE et à un gel de leurs avoirs ».

A ces sanctions dites « individuelles » s’ajoutent de lourdes mesures de rétorsion économiques.

Signe des relations exécrables entre les protagonistes du conflit, la Russie s’en est pris vivement mercredi à un haut responsable humanitaire de l’ONU qui avait dénoncé les bombardements menés par Moscou et Damas sur les quartiers rebelles d’Alep comme une tactique pour vider la ville de ses habitants.

Assad inflexible

Face au camp occidental, les chefs de la diplomatie des alliés du régime de Damas, Russie et Iran, se réuniront vendredi à Moscou.

Recevant jeudi les gouverneurs provinciaux, Bachar al-Assad s’est montré inflexible. « L’État syrien continuera à la fois à combattre les terroristes et à poursuivre sa politique de réconciliation », a-t-il dit selon l’agence de presse officielle Sana.

Sur le terrain, selon l’OSDH, les forces du régime ont repris près de la moitié des 40 localités et collines dans le nord de la province centrale de Hama, perdues fin août face à une coalition menée par les jihadistes de Fateh al-Cham.

Quant à la Turquie, elle affiche ouvertement son intention d’intervenir à grande échelle en Syrie. « Maintenant, nous avançons vers Al-Bab », a dit le président turc Recep Tayyip Erdogan, en référence à une ville du nord de la Syrie contrôlée par le groupe Etat islamique (EI).

« Après cela, nous allons avancer vers Minbej », tenue par les milices kurdes syrienne, « et vers Raqa« , la ville septentrionale qui est un des fiefs les plus symboliques de l’EI.

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