Violents combats au Yémen malgré la trêve

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Combats dans la ville de Taëz au Yémen, le 12 mars 2016. (AFP/AHMAD AL-BASHA)
Combats dans la ville de Taëz au Yémen, le 12 mars 2016. (AFP/AHMAD AL-BASHA)

De violents combats entre des rebelles Houthis et des forces progouvernementales au Yémen ont éclaté samedi à la frontière avec l’Arabie saoudite en dépit d’une trêve de trois jours qui doit prendre fin en soirée, ont affirmé des responsables militaires.

Dix rebelles et quatre combattants gouvernementaux ont été tués dans ces affrontements.

Des avions de la coalition arabe dirigée par Ryad, qui soutient les forces loyalistes au Yémen, ont par ailleurs bombardé tard vendredi des lanceurs de missiles de rebelles présumés à l’est de Sanaa, la capitale yéménite sous contrôle des Houthis, a indiqué un responsable militaire.

L’envoyé spécial de l’ONU pour le Yémen, Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, avait estimé vendredi que « la cessation des hostilités (était) fragile mais (tenait) globalement », exhortant « les parties à faire preuve de retenue ».

Cette trêve, entrée en vigueur après des pressions internationales mercredi à 23H59 locales (20H59 GMT), avait fait renaître l’espoir d’un possible règlement de ce conflit qui a fait plus de 6.900 morts et déplacé plus de trois millions de personnes selon l’ONU.

Le médiateur onusien « a pris contact avec les parties pour trouver un accord sur une extension » du cessez-le-feu.

Il a rencontré vendredi soir le vice-président yéménite Ali Mohsen al-Ahmar à Ryad, selon un média d’état yéménite.

Ce dernier a affirmé qu’ordre avait été donné aux forces progouvernementales de « respecter la trêve et les efforts de l’ONU » et a accusé les rebelles d’avoir commis 449 violations lors des 24 premières heures du cessez-le-feu.

La France a également réagi, déplorant « les nombreuses violations du cessez-le-feu ». Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a appelé les belligérants à « le respecter pleinement et à en accepter le renouvellement ».

L’agence de presse Sabanews, contrôlée par les rebelles, a elle accusé la coalition arabe d’avoir mené des frappes aériennes notamment dans les provinces de Sanaa, Saada et Jawf (nord) et de Chabwa (sud).

Un chef rebelle, Hassan al-Charafi, a été tué dans la province de Saada, le fief des insurgés chiites Houthis.

Neuf rebelles et quatre soldats gouvernementaux ont par ailleurs péri à l’ouest de Midi, une ville portuaire frontalière de l’Arabie saoudite, selon des responsables militaires. Les combats ont éclaté avec la progression des troupes gouvernementales vers la ville en vue de la reprendre.

La trêve décrétée mercredi soir est la sixième tentative de cesser les hostilités depuis l’intervention en mars 2015 au Yémen de la coalition arabe sous commandement saoudien après la prise par les Houthis de vastes pans du territoire.

Cinq combattants d’Al-Qaïda, dont un chef local, ont par ailleurs été tués dans la nuit de vendredi à samedi dans une attaque de drone dans la province centrale de Marib, a indiqué un responsable de la sécurité. Les Etats-Unis sont les seuls à disposer de tels drones dans la péninsule arabique.

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