Yémen: le président rejette le plan de paix de l’ONU, 17 civils tués

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Le président du Yémen Abd Rabbo Mansour Hadi (d) à Jeddah en Arabie Saoudite, le 16 juin 2015. (AFP/Archives)
Le président du Yémen Abd Rabbo Mansour Hadi (d) à Jeddah en Arabie Saoudite, le 16 juin 2015. (AFP/Archives)

Le président du Yémen Abd Rabbo Mansour Hadi a rejeté un plan de paix proposé par l’ONU pour mettre fin à la guerre, alors que 17 civils ont été tués samedi par des raids de la coalition arabe qui le soutient face aux rebelles.

Le président a reçu le médiateur de l’ONU Ismaïl Ould Cheikh Ahmed à Ryad mais « a refusé de recevoir la proposition de l’ONU », a indiqué à l’AFP une source à la présidence.

Les détails de ce plan de paix n’ont pas été rendus publics mais des sources proches du dossier ont indiqué qu’il prévoyait de nommer un nouveau vice-président après un retrait des rebelles de la capitale Sanaa et d’autres villes et la remise des armes lourdes à une tierce partie.

Le président Hadi transmettrait alors le pouvoir au vice-président qui nommerait un nouveau Premier ministre, chargé de former un gouvernement représentant équitablement le nord et le sud du Yémen. Les rebelles Houthis sont originaires du nord et se plaignaient d’être marginalisés par les autorités centrales.

Un communiqué publié par l’agence gouvernementale sabanew.net confirme que le président a refusé de recevoir le plan et cite M. Hadi disant que la proposition « ne fait qu’ouvrir la porte à davantage de souffrance et de guerre et n’est pas un plan de paix ».

Les Émirats, qui jouent un rôle clé au sein de la coalition arabe, avaient salué jeudi le plan de paix, le qualifiant de « solution politique ».

Le Yémen est déchiré par une guerre civile qui oppose les rebelles Houthis alliés aux partisans de l’ex-président Ali Abdallah Saleh aux forces gouvernementales loyales à M. Hadi, soutenues par la coalition arabe menée par l’Arabie saoudite.

Le conflit, qui a généré une grave crise humanitaire, a fait près de 7.000 morts et déplacé au moins trois millions de Yéménites.

La coalition a fréquemment été accusée de « bavures » pour avoir tué des civils dans ses bombardements.

Immeubles ‘complètement détruits’

Samedi encore, au moins 17 civils ont été tués dans le sud-ouest du Yémen par des raids aériens de la coalition militaire arabe, selon les rebelles.

Les secouristes s’employaient encore à dégager les corps ensevelis sous les décombres après le bombardement qui a touché un quartier résidentiel de la ville de Salou.

Située au sud-est de la troisième ville du Yémen, Taëz, vers laquelle les forces loyalistes tentent d’avancer, Salou est depuis des mois le théâtre de violents combats entre rebelles et forces du gouvernement.

L’agence de presse des rebelles Houthis sabanews.net a fait état de quatre raids ayant touché trois immeubles résidentiels, « les détruisant complètement ». La plupart des victimes sont des personnes déplacées par la guerre, en majorité des femmes, selon la même source.

Un médecin de l’hôpital public de la ville a de son côté indiqué à l’AFP avoir reçu les cadavres de 15 personnes et accueilli sept blessés.

La coalition arabe n’a pas encore commenté ces informations, mais un responsable local loyal au gouvernement yéménite a confirmé les frappes, affirmant qu’elles avaient touché par erreur trois maisons. « Tous ceux qui s’y trouvaient ont été tués », a-t-il déclaré à l’AFP.

Des témoins ont raconté à l’AFP que de nombreux habitants s’étaient rendus sur le site du bombardement pour tenter de sauver des blessés.

Toujours samedi, des gardes ont déjoué une attaque suicide à la voiture piégée contre la Banque centrale du Yémen en ouvrant le feu sur le véhicule, le faisant exploser avant qu’il atteigne sa cible, a indiqué un responsable de la sécurité.

La Banque centrale est basée depuis septembre à Aden (sud), deuxième ville du pays, le président Hadi ayant ordonné son transfert en accusant les rebelles Houthis de puiser dans ses réserves en devises.

Le transfert de la Banque centrale de Sanaa à Aden, « capitale provisoire » du gouvernement du président Hadi qui vit en exil en Arabie saoudite, a porté un coup aux rebelles, les contraignant à cesser de payer les salaires des fonctionnaires dans les vastes zones qu’ils contrôlent.

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