La 2e Division du Canada participe à Montréal à la cérémonie commémorative du Jour du Souvenir (PHOTOS/VIDÉO)

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Plusieurs membres de la 2e Division du Canada et de la Force opérationnelle interarmées (Est) ont participé à la cérémonie commémorative du jour du Souvenir ce vendredi 11 novembre, qui avait lieu cette année sur le site de La Place du Canada, à Montréal.

« C’est notre devoir de se souvenir des réalisations de nos militaires faites en temps de guerre et à souligner la tradition d’excellence que nous maintenons fièrement aujourd’hui », a déclaré à cette occasion à 45eNord.ca , le major Yves Desbiens de la 2e Division du Canada, soulignant l’importance « de rendre hommage au riche patrimoine militaire de notre pays et de commémorer la contribution et le courage remarquables des militaires canadiens qui ont aidé courageusement à défendre les valeurs de liberté et d’égalité dont nous jouissons aujourd’hui ».

Afin de souligner l’anniversaire de l’Armistice et de rendre hommage aux militaires ayant perdu la vie en temps de guerre, des militaires de la 2e Division du Canada et de la Force opérationnelle interarmées (Est) et ses formations se sont déplacés du manège militaire du Régiment de Maisonneuve, situé au 691 rue Cathcart, vers la Place du Canada. Le défilé a ensuite emprunté les rues Cathcart, Mansfield et René-Lévesque pour l’aller et les rues Metcalfe et Sainte-Catherine pour le retour.

Vingt-et-un coups de canon à blanc ont été tirés pour souligner l’événement. Les canons étaient situés sur le boulevard René-Lévesque et le premier coup a retentit à 11h.

Autre moment émouvant cette année, en hommage à Leonard Cohen la musique de la 2e Division, dirigée par le capitaine Pierre Leblanc, a interprété l’immortelle « Hallelujah » du célèbre poète et auteur-compositeur-interprète montréalais décédé la veille à 82 ans à Los Angeles et qui était enterré le jour même ici, au même cimetière où reposent ses parents, ses grands-parents et ses arrière-grands-parents.

Depuis 1931, le Canada appelle cette journée le jour du Souvenir. Il s’agit d’une occasion pour les Canadiennes et les Canadiens de reconnaître la contribution de nos vétérans et d’honorer la mémoire de ceux et celles qui ont consenti le sacrifice ultime au nom du Canada.

« Je suis reconnaissants envers les anciens combattants, ils se sont battus pour la liberté et la démocratie. Leur courage et leur sens du sacrifice ont contribué à notre mode de vie actuel », de conclure le responsable de la 2e Division.

Les nouveaux vétérans

Les vétérans n’ont pas tous des cheveux blancs et la définition de « vétéran » a beaucoup évolué depuis quelques années, nous fait observer le caporal à la retraite François Dupéré, un jeune vétéran de 36 ans rencontré lors de la cérémonie et qui a reçu aujourd’hui avec ses camarades du 3R22eR la Mention élogieuse à l’intention des unités des Forces canadiennes du Commandant en chef, une récompense, comme son nom l’indique, créée pour reconnaître le service distingué d’une unité militaire.,

François Dupéré a servi en Bosnie en 2001-2002 et en Afghanistan en 2008 et 20011, année où il a été blessé au combat lorsque, pendant une patrouille dans un petit village au sud de Kandahar, en Afghanistan, où il était affecté au opérations psychologiques, un kamikaze s’est fait exploser près de lui. Le jeune militaire décoré, qui a dû être hospitalisé trois mois, a perdu son œil droit, une corde vocale et un poumon, ainsi que l’usage de sa main gauche, mais se félicite d’être encore en vie.

« Un vétéran, c’est avant tout quelqu’un qui a servi son pays à l’étranger », nous explique le caporal. « Nos vétérans de la première Guerre mondiale, il n’y en a plus, la Deuxième, il en reste très peu. Pourtant, quand je vais dans les écoles donner des conférences, on attend encore quelqu’un de 93 ans en fauteuil roulant. Mais non, il y a une nouvelle génération de vétérans aujourd’hui ».

Par ailleurs, le caporal Dupéré ne peut s’empêcher de noter la différence entre le traitement réservé aux vétérans par la population au Québec et celui qu’ils reçoivent dans les autres provinces canadiennes, mettant cet écart sur le compte de la « différence culturel » entre francophones et anglophones, allant jusqu’à dire qu’il y même une différence à cet égard entre l’est et l’ouest de Montréal: « En uniforme dans l’ouest de Montréal, on va vous serrer la main, dans l’est, vous risquez d’être ignoré ».

En ce jour du Souvenir, le message à la population civile de la part de ce jeune vétéran qui s’est battu pour nous est de prendre la peine d’arrêter, de saluer et de remercier nos vétérans: « On peut être pour ou contre une mission spécifique, mais on ne peut pas être contre les Forces canadiennes alors que, par exemple, c’est grâce aux vétérans de la Deuxième [Guerre] qu’on ne parle pas allemand aujourd’hui et qu’on vit dans un régime démocratique. Alors, quand vous voyez un vétérans, juste arrêtez lui dire merci! »

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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