Au moins 27 morts dans un attentat à Kaboul

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Le personnel de sécurité afghan monte la garde près de l'Université américaine d'Afghanistan, cible d'une attaque à Kaboul le 24 août 2016. (AFP/WAKIL KOHSAR)
Le personnel de sécurité afghan monte la garde près de l’Université américaine d’Afghanistan, cible d’une attaque à Kaboul le 24 août 2016. (Archives/AFP/WAKIL KOHSAR)

La communauté chiite de Kaboul a été une nouvelle fois visée lundi par un attentat qui a fait au moins 27 morts dans une mosquée, en pleine célébration d’une importante fête religieuse marquant le 40e jour suivant l’Achoura.

«J’étais dans la mosquée, les gens étaient en train de prier quand j’ai entendu un énorme «bang» et les vitres exploser. Je n’avais aucune idée de ce que qui se passait, je me suis enfui en criant,» a rapporté un témoin, Ali Jan, joint par l’AFP.

Cet attentat suicide perpétré par un kamikaze qui a déclenché sa charge au milieu des fidèles, n’a pas été revendiqué. Mais il porte la marque du groupe État islamique qui a assumé la responsabilité des précédents attentats ciblant cette minorité religieuse en Afghanistan.

«Un kamikaze s’est fait exploser au milieu des pèlerins dans la mosquée, tuant 27 personnes et en blessant 35,» a déclaré à l’AFP Fridon Obaidi, chef des enquêtes criminelles au ministère de l’Intérieur.

«Il s’agit bien d’une attaque suicide qui s’est produite vers 12h30 (3h00 à Montréal) à l’intérieur de la mosquée Baqirul Olum», dans l’ouest de la capitale afghane, a précisé Sediq Sediqqi, porte-parole du ministère de l’Intérieur.

Les premières images de l’intérieur de l’édifice montrent des locaux dévastés et des débris baignant dans des mares de sang, témoins de la violence du souffle.

«J’étais en train de prier, j’ai entendu une explosion et la poussière a entièrement recouvert la mosquée. Quand elle s’est dissipée, je n’ai vu que du sang et des corps…», a rapporté un autre témoin, Nadir Ali, depuis son lit d’hôpital. «J’ai été blessé au poignet mais j’ai réussi à ramper hors de la mosquée».

De nombreuses ambulances ont afflué vers la zone, qui a été complètement bouclée, a ajouté un porte-parole du ministère de la Santé, Mohammad Ismail.

Selon lui, les victimes ont été acheminées vers deux hôpitaux de Kaboul, Istiqlal et Emergency.

Polémique

La communauté chiite célèbre lundi l’Arbaïn – littéralement «quarante» en arabe – qui marque la fin des 40 jours de deuil consécutifs à l’Achoura, en souvenir de la mort de l’imam Hussein.

Lors de l’Achoura le 13 octobre dernier, une série d’attentats revendiqués par l’EI contre les chiites afghans avait fait plus de 30 morts et près de 100 blessés, à Kaboul et Mazar-i-Sharif, la grande ville du nord.

C’est la troisième fois que les chiites sont visés dans Kaboul depuis l’attentat du 23 juillet contre une manifestation de la minorité hazara qui avait fait 85 morts et plus de 130 blessés. Ce double attentat suicide au coeur d’une foule pacifique avait aussi été revendiqué par l’EI.

Dans un communiqué, le président Ashraf Ghani a rapidement condamné l’attaque «barbare» de lundi et dénoncé des «tentatives de division» de la population afghane.

Mais chaque fois la même polémique éclate: la foule reproche aux autorités d’être «incapables» d’assurer la protection des pèlerins chiites.

«Les forces de sécurité ont encore été incapables de protéger les mosquées, les pèlerins et leurs rassemblements,» s’est ainsi écrié peu après l’explosion un habitant se présentant comme M. Rahmat. «Ils savent pourtant que Daech (acronyme arabe de l’EI) qui arrive à perpétrer des attaques en Europe peut facilement cibler des sites en Afghanistan. Ils devraient fournir une protection aux sites sacrés».

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