Casques bleus au Mali: le ministre canadien de la Défense Harjit Sajjan reçu par le président Boubacar

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Le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keita. (Archives/Issouf Sanogo/AFP)
Le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keita. (Archives/Issouf Sanogo/AFP)

Le ministre canadien de la Défense, Harjit Sajjan, a été reçu dimanche soir par le président malien Ibrahim Boubacar, avant un possible déploiement de Casques bleus canadiens dans ce pays, au moment où on pourrait craindre que le Mali puisse replonger dans la tourmente.

Le ministre Sajjan s’est rendu au Mali et au Sénégal au moment où le Canada se prépare à un déploiement prochain de Casques bleus. Outre le Mali et du Sénégal, la République centrafricaine, le Soudan du Sud et la République démocratique du Congo sont aussi sur la liste des pays africains où des contingents canadiens pourraient se déployer.

Arrivé samedi au Mali, le ministre canadien fera également une visite de terrain au quartier général de la mission de l’ONU à Bamako, avant de quitter le pays mardi.

La rencontre avec le président malien intervient au moment où un Casque Bleu togolais a été tué et sept blessés dans l’attaque dimanche d’un convoi de la Mission de maintien de la paix de l’ONU au Mali (Minusma), dans le centre du pays.

Une mine ou un engin explosif artisanal (IED) a explosé au passage d’un convoi des Casques bleus. L’explosion, qui a eu lieu vers 10H30 locales, a été suivie par des tirs des assaillants à 45 km au nord de la ville de Douentza, dans la région de Mopti, précise le texte.

Par ailleurs, dans la région de Tombouctou, des hommes armés ont attaqué dimanche un camp de l’armée malienne, selon des sources locale et sécuritaire. Le mouvement Ansar Dine a revendiqué dimanche soir cette attaque menée contre la base malienne de Gourma Rhaous, affirmant avoir détruit six véhicules militaires avant de s’en retirer, dans un communiqué diffusé en Mauritanie par Al-Akhbar, qui reçoit et diffuse régulièrement des communiqués des groupes djihadistes du Sahel.

Selon le communiqué, l’attaque, qui a eu lieu à 2 heures du matin, a pris fin une heure et demie plus tard. « Nos combattants ont totalement investi la base et l’ont maîtrisée », affirme le mouvement, indiquant avoir emporté cinq véhicules, dont un équipé d’une mitrailleuse Douchka de 12,7 mm. Les assaillants ont incendié trois camions militaires et 3 véhicules Toyota.

Ansar Dine parle de « plusieurs morts et blessés parmi les militaires maliens » et reconnaît avoir perdu l’un de ses hommes. Mais, selon des sources militaires, il n’y a pas eu de morts dans cette attaque.

Le Canada « pas opposé au risque »

Reçu dimanche soir par le président malien, le ministre canadien de la Défense a néanmoins évoqué le possible déploiement de Casques bleus dans ce pays. « Le Canada se réinvestit dans les missions de paix, et je suis venu au Mali pour écouter la partie malienne , (…) pour bien comprendre avant de prendre les décisions », a-t-il déclaré à la presse, après avoir rencontré le président ainsi que plusieurs ministres maliens dont ceux de la Défense et des Affaires étrangères.

Mais le Canada « veut prendre son temps » pour décider quel pays il doit soutenir, a-t-il ajouté, précisant toutefois que son pays n’était « pas opposé au risque »: « On est très conscient que c’est un risque. Les forces canadiennes sont très bien entraînées pour gérer les risques », a déclaré le ministre Sajjan.

En août, le gouvernement canadien avait annoncé la mise à disposition de 600 soldats pour des opérations de maintien de la paix des Nations unies. Et jeudi, le Premier ministre Justin Trudeau avait affirmé qu’une annonce devait être faite « dans les prochaines semaines » sur un éventuel déploiement au Mali.

La visite du ministre Sajjan fait également suite à des discussions qui ont eu lieu au mois d’août, pendant la visite du ministre en Afrique de l’Est et en Afrique centrale, et pendant sa visite récente au Siège de l’Organisation des Nations Unies à New York, au mois d’octobre.

L’ONU avait récemment fait part de son intérêt pour le déploiement d’hélicoptères canadiens au Mali, d’où les Pays-Bas ont prévu de retirer leurs sept appareils en janvier.

Le ministre canadien a cependant indiqué que l’aspect militaire seul ne saurait résoudre la crise malienne, et que son pays explorait toutes les voies utiles.

Malgré l’intervention militaire internationale en cours depuis 2013, qui avait chassé les groupes djihadistes qui avaient pris le contrôle du nord du Mali en 2012, ceux-ci restent actifs, des zones entières échappant encore au contrôle des forces maliennes et de l’ONU.

Longtemps concentrées dans le nord du Mali, les attaques de djihadistes se sont étendues à partir de 2015 vers le centre, puis le sud du pays.

À Ottawa, l’opposition conservatrice, pour sa part, a remis en question l’intérêt pour le Canada de déployer des soldats au Mali, « un pays où plus de 100 Casques bleus ont déjà été tués » dans le cadre de l’opération militaire internationale, déclenchée en 2013, à l’initiative de la France.

*Avec AFP

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