Colombie: 21 militaires jugés pour des exécutions extra-judiciaires

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Vingt-et-un militaires, dont des gradés, ont été jugés en Colombie pour des exécutions extra-judiciaires de civils (AFP)
Vingt-et-un militaires, dont des gradés, ont été jugés en Colombie pour des exécutions extra-judiciaires de civils (AFP)

Vingt-et-un militaires, dont des gradés, ont été jugés en Colombie pour des exécutions extra-judiciaires de civils, présentés comme des combattants de groupes armés pour obtenir de l’avancement, procédé connu sous le nom de « faux positifs », a annoncé jeudi le Parquet.

« Plusieurs membres de l’armée de terre ont comparu devant le tribunal spécialisé du département de Cundinamarca comme responsables de la mort de cinq jeunes habitants de la commune de Soacha (limitrophe de Bogota), qu’ils ont fait passer pour les membres de la guérilla et de groupes armés illégaux », a précisé le Parquet dans un communiqué, ajoutant que la peine sera prononcée le 23 mars.

Ces militaires, dont un est décédé depuis les faits datant de huit ans, répondent des crimes de disparition forcée dans des circonstances aggravantes, homicide aggravé, délit aggravé d’association aux fins de disparition et falsification de document officiel, selon la même source.

Ces crimes contre l’humanité « ne sont pas prescrits et ne pourront faire l’objet d’une négociation dans le cadre de la justice transitoire », prévue par l’accord de paix conclu avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) pour mettre fin à plus d’un demi-siècle de conflit.

Les victimes Julio César Mesa et Jonathan Soto Bermudez avaient disparu le 26 janvier 2008 du quartier pauvre de Soacha, Diego Alberto Tamayo Mancera, Victor Fernando Gomez Romero et Jair Andrés Palacio Bustamante les 23 et 24 août de la même année.

« Ils ont été emmenés sous la fausse promesse d’un travail payé quotidiennement en liquide dans des zones rurales d’Ocaña (Norte de Santander, nord-ouest) et des environs », précise le texte.

Mais les cinq jeunes ont été conduits dans des locaux militaires, puis déclarés comme des « narco-terroristes » tués au combat. Leurs corps n’avaient été identifiés qu’en septembre 2008 par l’Institut national de médecine légale et il a ensuite été établi qu’ils avaient été trompés par un gang payé pour les livrer à l’armée, toujours selon le Parquet.

Plus de 4.000 civils ont été tués de cette manière en Colombie par des militaires, qui obtenaient ainsi primes et promotions pour bons résultats dans la lutte contre les groupes armés, selon l’ONG Human Rights Watch (HRW).

À ce jour, plus de 800 membres des forces de l’ordre ont été condamnés dans des affaires de « faux positifs » et plus de 2.000 personnes font l’objet d’enquêtes, selon des chiffres officiels.

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