Colombie: les Farc pour un candidat unique des pro-paix à la présidentielle de 2018

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L'écusson d'un Farc près de Montealagre, en Colombie (Archives/Luis Robayo/AFP)
L’écusson d’un Farc près de Montealagre, en Colombie (Archives/Luis Robayo/AFP)

Le chef de la guérilla des Farc, Rodrigo Londoño, a proposé vendredi qu’un candidat représente tous les partisans de la paix à la présidentielle de 2018 en Colombie, au lendemain de la signature d’un accord de fin du conflit armé.

« Nous lançons un appel à organiser une candidature qui regroupe toutes les aspirations de ceux qui veulent la paix, et qui assure la continuité de cet accord », a déclaré Rodrigo Londoño, plus connu sous ses noms de guerre « Timoleon Jimenez » ou « Timochenko », lors de sa première conférence de presse avec les médias internationaux à Bogota.

Sans avancer de nom, le chef de la guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) a estimé que ce candidat pour le scrutin de mai 2018 devrait être une personne qui « ne suscite pas de résistance ni au sein d’une partie, ni au sein de l’autre », en référence au gouvernement actuel et à la guérilla.

« Les secteurs qui s’opposent à la paix sont déjà en campagne électorale », a-t-il averti en ajoutant: « Pourquoi nous, qui voulons la paix, ne commençons-nous pas à parler dès maintenant? »

« Timochenko » a estimé que la signature la veille de l’accord de fin de conflit avait « un goût de victoire » après le rejet de la première version du pacte lors d’un référendum le 2 octobre, texte qui avait été renégocié pour intégrer certaines propositions de l’opposition.

« Nous avons assoupli des positions, mais pas de principe. Le plus gros, la structure fondamentale de l’accord a été maintenue », a-t-il affirmé.

Lors de son discours jeudi pendant la cérémonie de signature, « Timochenko » a proposé de former un gouvernement de transition qui assure la mise en application de l’accord, issu de près de quatre ans de pourparlers de paix pour mettre fin à 52 ans de confrontation armée.

« Il s’agit de commencer à le chercher (…) afin de garantir que la paix aille de l’avant », a estimé vendredi le chef des Farc, entrées en rébellion en 1964 à l’issue d’une insurrection paysanne.

Il a rappelé les morts récentes de plusieurs leaders communautaires et de deux guérilleros des Farc lors de combats présumés avec l’armée en dépit du cessez-le-feu bilatéral en vigueur depuis fin août.

« Beaucoup d’entre nous vont peut-être y rester. L’important est de générer une impulsion telle qu’elle ne puisse être arrêtée et que nous imposions une issue politique » au conflit, a déclaré « Timochenko », en disant espérer « que nous n’ayons pas à dire, à la fin, que la paix en Colombie nous a coûté des morts en plus ».

Après sa signature, l’accord de paix doit être ratifié par le Parlement, où le gouvernement détient la majorité, et qui en débattra à partir de mardi avant de légiférer sur sa mise en application.

La Colombie vit depuis plus d’un demi-siècle une complexe guerre fratricide qui, au fil des décennies, a impliqué une trentaine de guérillas de gauche, des milices paramilitaires d’extrême droite et l’armée, faisant à ce jour plus de 260.000 morts, plus de 60.000 disparus et 6,9 millions de déplacés.

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