Colombie: signature jeudi du nouvel accord de paix avec les Farc

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L'écusson d'un Farc près de Montealagre, en Colombie (Archives/Luis Robayo/AFP)
L’écusson d’un Farc près de Montealagre, en Colombie (Archives/Luis Robayo/AFP)

Le gouvernement colombien et la guérilla des Farc ont annoncé mardi qu’ils signeront jeudi à Bogota le nouvel accord de paix conclu pour mettre fin à plus d’un demi-siècle de conflit armé.
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Mise à jour au 24/11/2106 à 12h26

Le président colombien Juan Manuel Santos et le chef de la guérilla des Farc, Rodrigo Londoño, ont signé jeudi à Bogota l’accord de paix renégocié, après le rejet d’un précédent texte lors du référendum d’octobre.

Le chef de l’État et le leader des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) ont signé l’accord révisé, avec des « boligraphes », stylos fabriqués à partir de balles du conflit, lors d’une cérémonie au théâtre Colon.

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« Les délégations du gouvernement et les Farc avons convenu de signer l’Accord final de fin du conflit et de construction d’une paix stable et durable du 12 novembre le jeudi 24 novembre à 11h00 (16h00 GMT) au Théâtre Colon de Bogota », ont annoncé les négociateurs des deux parties dans un communiqué conjoint.

L’accord de paix renégocié entre le gouvernement colombien et la guérilla des Farc, et qui doit être signé jeudi à Bogota, inclut des changements dont certaines propositions faites par l’opposition suite au rejet d’une précédente version par référendum en octobre.

Voici les cinq principaux changements:

– Non inclus dans la Constitution –

Une fois ratifiée, la première version de l’accord devait être intégrée dans la loi fondamentale afin d’éviter sa modification par les gouvernements à venir, les prochaines élections étant prévues dans moins de deux ans, en 2018.

Le texte renégocié et approuvé par les parlementaires sera seulement protégé par un article provisoire de la Constitution valide pendant trois mandats présidentiels, soit douze ans.

– Limites à la justice transitionnelle –

L’accord d’origine prévoyait un tribunal spécial pour la paix, chargé de juger les crimes et délits commis pendant le conflit, et comptant des magistrats internationaux. Mais aucune prescription n’était indiquée.

A présent, les accusations doivent être présentées dans un délai de 10 ans, qui pourra exceptionnellement être porté à 15 ans. Les magistrats seront uniquement des Colombiens.

– Dédommagement des victimes –

Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) ont accepté de communiquer une liste de leurs membres ainsi qu’un inventaire de leurs biens, qui serviront à dédommager les victimes.

Mais l’opposition estime que « la douleur » des anciens otages des Farc ainsi que le recrutement des enfants-soldats ne sont pas pris en compte par le nouvel accord.

– Ratification au Parlement –

Il était prévu que le premier accord, signé le 26 septembre, soit ratifié par un référendum, non obligatoire mais voulu par le chef de l’État. Or le 2 octobre, le « non » l’a emporté de 53.894 voix.

Après ce revers, les parties ont décidé de soumettre l’accord révisé à l’approbation du Congrès, où le gouvernement bénéficie de la majorité. Mais l’opposition, qui juge les modifications du texte insuffisantes, a dénoncé « un coup contre la démocratie ».

– Cérémonie de signature austère –

La précédente version de l’accord de paix avait été signée en présence de 2.500 invités, dont 15 chefs d’État, à Carthagène des Indes, station balnéaire de la côte caraïbe dont la ville coloniale est classée au patrimoine de l’Unesco. L’opposition avait dénoncé un « gaspillage » des deniers publics.

La signature jeudi est prévue au Colon, théâtre ancien du centre de Bogota dont la salle principale ne peut accueillir plus de 785 personnes, et se fera en présence de victimes, d’ex-présidents colombiens, de magistrats et de représentants d’associations.

Ils ont précisé que ce nouvel accord, conclu après le rejet d’un précédent texte par les électeurs colombiens le 2 octobre à l’issue de près de quatre ans de pourparlers de paix, serait ensuite approuvé par le parlement.

« Les délégations avons convenu que le mécanisme d’approbation de cet accord passerait par la voie du Congrès de la République, et nous sommes en train d’affiner les procédures nécessaires à cette fin », ajoute le texte.

Les négociateurs du gouvernement du président Juan Manuel Santos et de la guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), issue en 1964 d’une insurrection paysanne, ont estimé qu’ils devaient avancer « d’un pas ferme vers la mise en application des accords » pour mettre fin à un conflit, qui a impliqué d’autres guérillas, des paramilitaires et l’armée, faisant plus de 320.000 morts et disparus, ainsi que 6,9 millions de déplacés.

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