Corée du Nord: Séoul et Tokyo vont partager leurs renseignements

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Le leader nord-coréen Kim Jong-Un(c) au congrès du Parti des travailleurs à Pyongyang, le 9 mai 2016. (AFP/Antoine Demaison)
Le leader nord-coréen Kim Jong-Un au congrès du Parti des travailleurs à Pyongyang, le 9 mai 2016. (AFP/Antoine Demaison)

Japon et Corée du Sud ont signé mercredi un accord de partage de renseignements sur la Corée du Nord, en dépit de l’opposition d’une frange de la population sud-coréenne relative aux contentieux historiques avec Tokyo.

Le ministère sud-coréen de la Défense a jugé l’accord nécessaire entre les deux voisins, du fait de la menace militaire de Pyongyang qui a procédé cette année à deux essais nucléaires et plus de 20 tirs de missiles.

« Elle est prête à réaliser à tout moment un nouvel essai nucléaire ou de nouveaux tirs de missiles », a mis en garde le ministère dans un communiqué.

« Notre sécurité se trouvera renforcée par le fait que nous puissions utiliser les capacités de renseignements japonaises pour faire face aux menaces nord-coréennes grandissantes », est-il ajouté.

Le ministère japonais des Affaires étrangères a pour sa part expliqué dans un communiqué séparé que l’accord permettrait un échange d’informations « encore plus linéaire et rapide » entre les deux voisins.

Séoul et Tokyo échangent actuellement les renseignements sur la Corée du Nord par l’intermédiaire de Washington, en application d’un accord conclu en 2014.

L’accord bilatéral est loin de faire l’unanimité en Corée du Sud, où le ressentiment vis-à-vis du Japon demeure fort en raison des excès et des humiliations de la colonisation japonaise (1910-1945) et du sentiment que Tokyo n’a jamais correctement présenté ses excuses.

Les deux pays étaient proches de la signature d’une entente en juin 2012 mais Séoul s’était soudainement retiré et avait été accusé par les médias japonais de sentiments antinippons.

Qualifiant l’accord de « non patriotique et humiliant », le principal parti de l’opposition sud-coréenne avait menacé de lancer une procédure en destitution contre le ministre de la Défense Han Min-Koo s’il était signé.

De son côté, la Corée du Nord a accusé Séoul de « trahison » au profit de « l’ennemi juré » du peuple coréen.

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