Des militaires de Valcartier concluent leur participation à l’exercice CROIX DU SUD, en Nouvelle-Calédonie (PHOTOS)

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La compagnie B du 3e Bataillon Royal 22e Régiment vient de conclure sa participation à l’exercice multinational CROIX DU SUD, qui a eu lieu du 4 au 18 novembre 2016, dans la région de Nouméa sur le territoire de la Nouvelle-Calédonie.

CROIX DU SUD est un entraînement qui a lieu tous les deux ans et est organisée par les Forces armées françaises de la Nouvelle-Calédonie (FANC). L’objectif principal vise à l’amélioration de l’interopérabilité et l’entraînement du personnel et des unités à mener des opérations multinationales d’aide humanitaire, d’assistance aux désastres et d’opérations d’évacuation de non-combattants.

L’exercice de cette année a employé environ 1.200 militaires, dont 690 Français et 40 membres des Forces armées canadiennes. Le scénario était basé sur l’assistance humanitaire.

En interview depuis Nouméa pour 45eNord.ca, le major Maxime Mardini, commandant de la compagnie B et commandant du détachement canadien pour l’exercice, explique que CROIX DU SUD «met à l’épreuve les plans mis à l’avant durant l’exercice EQUATEUR [qui a eu lieu en octobre 2015 et auquel le major a pris part]». Il s’agissait d’un exercice d’état-major pour la mise en place des plans.

«Il y a eu une période d’intégration des forces au sein de l’unité multinationale. On a beaucoup échangé nos connaissances: par exemple, nous avons utilisé les armes françaises car nous étions intégré dans une compagnie française» illustre ainsi le major. Ils ont pu également partager les tactiques, techniques et procédures canadiennes.

Le major explique que leur rôle était de «mettre en place la sécurité dans la région pour que les forces puissent opérer. Il y avait également des opérations d’évacuation de non-combattants et nous devions protéger les points de rassemblements».

C’est un exercice majeur pour les Forces armées de Nouvelle-Calédonie et le scénario d’évacuation de ressortissants en cas de catastrophe naturelle n’est pas anodin, puisqu’il coïncide avec la montée du niveau des océans, qui augmentent d’environ 3 mm par an, un enjeu encore plus sensible dans le Pacifique Sud. Il prend également tous son sens avec le récent tremblement de terre en Nouvelle-Zélande. Le NCSM Vancouver a d’ailleurs pris part aux efforts humanitaires très peu de temps après.

Le scénario de l’exercice a permis à la force multinationale de simuler une opération d’aide humanitaire suivie d’une évacuation de 171 ressortissants sur l’île des Pin.

Les moyens aériens et maritimes ont acheminé, au cours de l’opération amphibie, un volume de 350 personnes dont 40 tonnes de fret et 12 véhicules pendant que la force maritime composée de 7 bâtiments conduisait une opération d’embargo au large.

«Ce qui a été un vrai défi, c’est de repenser notre façon de travailler. C’était à nous de nous adapter au cadre civil de l’opération. Il y avait beaucoup d’ONG, de niveau politique… et bien sûr avec 12 nations participantes, l’interopérabilité», affirme le major Mardini qui lance du même souffle: «Mais la période d’intégration, de préparation, était vraiment LA période clé. Voir la chimie qui s’est dégagé par la suite, la cohésion qui se créer… Nous avons même eu sept membres qui ont sauté en parachute avec du personnel français, avec un équipement français, depuis un avions français!».

Sur les 37 soldats déployés – en plus des deux officiers et du sergent-major (qui a pas moins de neuf déploiements à son actif) – près des 2/3 étaient très jeunes dont certains n’avaient même pas un an au sein de l’unité! «C’est bon pour eux de s’exposer à ce genre d’exercice qu’on a pas forcément l’habitude de faire dans ce type de climat et d’environnement».

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». En Afghanistan, en Haïti, en Europe de l'est, dans l'Arctique, aux États-Unis, ou un peu partout au Canada, il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action.

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