France et États-Unis visent le djihadiste Belmokhtar, probablement mort

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Début juin, Washington avait annoncé offrir  cinq millions de dollars pour toute information permettant d'arrêter Belmokhtar (Photo: Department of State, programme «Rewards for Justice»)
Début juin 2013, Washington avait annoncé offrir cinq millions de dollars pour toute information permettant d’arrêter Belmokhtar (Archives/Department of State, programme «Rewards for Justice»)

La France, aidée par les États-Unis, a mené récemment en Libye une frappe aérienne contre le djihadiste d’origine algérienne Mokhtar Belmokhtar, qui a probablement été tué, selon un responsable américain.

Le responsable américain confirmait des informations parues dans le Wall Street Journal.

L’entourage du ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian, en visite à Washington lundi, s’est refusé pour sa part à tout commentaire.

Mokhtar Belmokhtar, un vétéran du djihadisme rallié à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), surnommé « Le Borgne », a déjà été donné pour mort à plusieurs reprises, notamment en juin 2015 lors d’une frappe américaine en Libye, et en 2013.

Le bombardement français qui l’a visé a eu lieu au mois de novembre, avec le concours de renseignements américains.

Selon le Wall Street Journal, les responsables américains estiment que la frappe « a probablement été réussie », « étant donné le calibre du renseignement » disponible.

Chef du groupe Al-Mourabitoune, qui a mené de nombreuses attaques sanglantes dans la région du Sahel, il est l’un des chefs islamistes extrémistes les plus recherchés de la région.

Il milite pour une grande coalition avec les djihadistes du Niger, du Tchad et de Libye.

Selon le quotidien américain, la frappe illustre l’étendue de la coopération militaire et de renseignement entre les États-Unis et la France.

Après les attentats de Paris en novembre 2015, le président Obama avait annoncé un renforcement des échanges d’informations entre les services de renseignement français et américains.

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian se trouvait justement à Washington lundi pour ce qui sera sans doute le dernier grand rendez-vous avec le chef du Pentagone Ashton Carter avant le départ du celui-ci, en janvier.

« Avec ses hauts et ses bas, l’alliance entre la France et les États-Unis est profondément enracinée dans notre histoire. Elle a démontré sa force à de nombreuses reprises », a déclaré M. Le Drian, dans un discours aux côtés de M. Carter.

Mais M. Le Drian n’a fait aucune allusion à une frappe contre Mokhtar Belmokhtar.

MM. Carter et Le Drian doivent notamment signer un « arrangement » en matière de coopération spatiale militaire.

Condamné à mort

Les États-Unis avaient mis la tête de Mokhtar Belmothtar à prix pour cinq millions de dollars.

L’homme est un vétéran du djihadisme. Né en juin 1972 à Ghardaïa (Algérie), aux portes du Sahara, il a combattu très jeune en Afghanistan en 1991, où il a perdu un œil, d’où son surnom, « le Borgne ».

Il a fait partie du Groupe islamique armé (GIA, démantelé en 2005), puis du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), une dissidence du GIA soutenue par Ben Laden, qui deviendra l’Aqmi, et avec lequel il entretiendra des rapports conflictuels.

L’Aqmi le destituera en 2012, pour insubordination. En 2013, il fusionne son groupe armé avec Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), une des formations djihadistes du nord du Mali visées par l’opération française Serval, lancée en janvier 2013.

Al Mourabitoune, le nouveau groupe dont il prend la direction, officialise son ralliement à Aqmi en décembre 2015.

Condamné à mort à deux reprises par la justice algérienne, Belmokhtar aurait commandité l’assassinat de quatre Français en Mauritanie en décembre 2007, et les enlèvements de deux Canadiens en 2008, et de trois Espagnols et deux Italiens en 2009.

Selon son entourage, M. Le Drian devait également rencontrer dans l’après-midi le général Michael Flynn, le futur conseiller pour la sécurité nationale du président élu Donald Trump.

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