Hacksaw Ridge (Tu ne tueras point)

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Date de sortie: 4 novembre 2016 (Canada), 9 novembre 2016 (France)
Durée: 2h11
Réalisé par: Mel Gibson
Avec: Teresa Palmer, Andrew Garfield, Vince Vaughn, Sam Worthington, Hugo Weaving, Luke Bracey

Résumé express

Quand la Seconde Guerre mondiale a éclaté, Desmond, un jeune américain, s’est retrouvé confronté à un dilemme: comme n’importe lequel de ses compatriotes, il voulait servir son pays, mais la violence était incompatible avec ses croyances et ses principes moraux. Il s’opposait ne serait-ce qu’à tenir une arme et refusait d’autant plus de tuer.

Il s’engagea tout de même dans l’infanterie comme médecin. Son refus d’infléchir ses convictions lui valut d’être rudement mené par ses camarades et sa hiérarchie, mais c’est armé de sa seule foi qu’il est entré dans l’enfer de la guerre pour en devenir l’un des plus grands héros. Lors de la bataille d’Okinawa sur l’imprenable falaise de Maeda, il a réussi à sauver des dizaines de vies seul sous le feu de l’ennemi, ramenant en sûreté, du champ de bataille, un à un les soldats blessés.

Notre avis (légers spoilers)

On accroche tout de suite. Le film commence avec une scène de guerre épouvantable. Pas d’héroïsme, juste l’enfer sur terre. On se retrouve alors seize ans en arrière, notre héros, Desmond Doss (Andrew Garfield), est un jeune enfant casse-cou et plutôt violent d’une famille pauvre du centre de la Virginie. Suite à un évènement quelque peu traumatisant, il jure à Dieu de ne jamais faire de mal à personne. Comme lui dit ça mère: «to take another man’s life… nothing hurts the lord so much». Tu ne tueras point sera un commandement pris à la lettre, même en temps de guerre. La première heure du film peut-paraître un tantinet longue, mais elle est très importante car elle permet de définir cet homme, se concentrant sur sa rencontre avec une jeune infirmière (Teresa Palmer), puis sur son enrôlement dans l’armée et sur les problèmes qu’il rencontre, étant un objecteur de conscience et refusant de toucher à un fusil. Il ne tuera pas déclare-t-il, mais s’attachera à sauver les vies qu’il peut en tant que médecin militaire. Son combat contre les officiers de l’armée est extrêmement touchant, et démontre le courage et la détermination de ce jeune homme face aux valeurs militaires conventionnelles.

On se trouve alors rapidement à Hacksaw Ridge, sur l’île d’Okinawa, et après une heure aux États-Unis, l’on est prêt à voir de l’action. On se demande comment cet homme sans arme et décrit par le sergent Howell (Vince Vaughn) comme une tige de maïs qu’il faut tenir «loin du vent», va pouvoir survivre sur le terrain. Comme lui à clairement répété le capitaine Glover (Sam Worthington), «tuer c’est dans la nature innée de la guerre». À ce moment là, plus rien n’est laissé de côté. On assiste directement à un cortège de morts, de blessés, et de soldats traumatisés. Voilà ce qui attend la 77e division d’infanterie. À vous glacer le sang. Les scènes de guerre arrivent rapidement, elles sont impressionnantes mais réelles et précises, on en a la mâchoire qui tombe et le souffle coupé. Il y a peu de pauses pour se remettre de la violence, de la mort, des cris et des corps déchiquetés. Desmond apparaît alors comme une lumière, un espoir, et une preuve de ce que la nature humaine peut-être: la bonté. Cela contraste extrêmement bien avec l’horreur et la haine tout autour de lui.

Ce film est aussi un bijou cinématographique, et la musique vient aux bons moments, sans pour autant trop contrôler nos émotions. On s’attache aux personnages nombreux mais touchants, même au père de Desmond, vétéran de la première guerre mondiale, traumatisé, agressif, violent, et alcoolique. Les relations entre les individus sont complexes et ne sont pas mises de côté en faveur du héros de l’histoire. De nombreuses scènes sont sans musique, et cela rend la situation encore plus réelle et effroyable.

Hacksaw Ridge capture la réalité de la guerre. Ce film ne cherche pas à être snob, intellectuel ou même populaire. C’est l’histoire d’un homme à part, qui n’est pas forcément bon et paisible de nature, mais qui  réussit envers et contre tous à garder ses convictions, et à se sacrifier pour son pays. Il en effet très difficile de comprendre pourquoi son expérience n’a pas été portée à l’écran jusqu’à présent. Desmond Doss est mort en 2006, et c’est un personnage peu connu, car oui, il a bien existé, le film étant basé sur son histoire vraie. C’est une histoire de bravoure, de courage face à un danger extrême mais aussi qui montre un niveau de détermination, de générosité et de foi en dieu hors du commun. Un film de guerre absolument unique, et qui apporte de la fraîcheur sur la scène du cinéma Hollywoodien.

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Résumé
9.0 Bouleversant

Jeune diplômée de l’Université de Colombie-Britannique en Histoire et Relations Internationales, Thalia est intéressé par les conflits internationaux, la sécurité nationale, et spécifiquement les stratégies liées à l’antiterrorisme.

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