Homophobie: d’ex-militaires LGBTQ veulent maintenant poursuivre le gouvernement

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Même si l'angoisse de certains des vétérans #LGBTQ2 est troublante, admettent les Forces armées canadiennes, aujourd’hui, les Forces accueillent des gens de toutes orientations sexuelles, tiennent à souligner les responsables militaires. (FAC)
Même si l’angoisse de certains des vétérans #LGBTQ2 est troublante, admettent les Forces armées canadiennes, aujourd’hui, les Forces accueillent des gens de toutes orientations sexuelles, tiennent à souligner les responsables militaires. (FAC)

Même si des changements majeurs ont eu lieu depuis et que les temps ont bien changé, le mal qui a été fait à l’époque où l’armée était le reflet grossissant d’une société homophobe a laissé des traces douloureuses et, cette semaine, des militaires exigent une compensation pour ce qu’ils ont subi.

Les libéraux avaient promis de présenter les excuses officielles du gouvernement canadien à tous les membres de la communauté LGBTQ qui auraient été victimes de discrimination au sein de la fonction publique, sans préciser pour autant si ces excuses seront accompagnées d’indemnisations.

D’anciens fonctionnaires et militaires qui disent avoir été intimidés et limogés à cause de leur orientation sexuelle, ont donc déposé une requête pour intenter une action collective contre le gouvernement fédéral.

La requête pour permission d’intenter une action collective a été déposée à Montréal et Toronto, lundi, et le tribunal devra maintenant déterminer si la poursuite peut aller de l’avant.

C’est Doug Elliott, un avocat torontois et défenseur des droits des homosexuels qui dirige cette requête

Me Elliott est bien connu pour son travail sur des cas constitutionnels marquants tels que le mariage homosexuel et il est également un chef de file dans le domaine des recours collectifs. Il a été avocat dans les recours collectifs impliquant certains des plus importants recouvrements contre la Couronne au Canada. Doug Eliott a remporté le plus important jugement de première instance de première instance au Canada d’une valeur de 50 millions $ dans une action intentée par un groupe de Canadiens gais et lesbiennes cherchant à obtenir des pensions de survivant du RPC contre le gouvernement fédéral.

Il a également joué un rôle clé dans l’équipe nationale contre l’hépatite C qui a permis d’obtenir un règlement de 1,5 milliard $ des gouvernements fédéral et provinciaux dans Parsons c. Canada, l’un des plus importants règlements de l’histoire canadienne des recours collectifs.

De 1976 à 1992, un règlement disait que les gais souffrent d’une «déviance sexuelle», comparable à la «bestialité» ou à la «grossière indécence». Les homosexuels devaient être identifiés et congédiés en toute discrétion. Des centaines de victimes de cette politique insensée aurait alors vécu des traitements inhumains.

Il semble aussi que, fidèles à ses habitudes de faire traîner les choses (qu’on pense à l’inconduite sexuelle jusqu’à ce que les médias révèlent l’ampleur du problème ou à la tragique histoire du traitement des jeunes cadets victimes de l’explosion d’une grenade à Valcartier en 1974), les Forces armées n’ont pas offert jusqu’ici aux victimes de la guerre aux homosexuels ni excuses, ni indemnisations.

Me Eliott explique que ces gais et lesbiennes ont attendu assez longtemps dans l’espoir d’obtenir une entente négociée, et qu’il est maintenant temps de passer de la parole aux actes. Le défenseur des droits des homosexuels estime qu’il pourrait y avoir jusqu’à 9.000 personnes touchées par le recours collectif, des persécutés et chassés de leurs emplois sur une période de quatre décennies.

En outre, selon l’avocat torontois, l’action collective n’a pas pour but seulement de contraindre le gouvernement à négocier, mais aussi de le forcer à reconnaître que, même si le droit et la société ont changé, les attitudes au sein du gouvernement, en particulier dans le monde militaire, demeurent hostiles.

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