Irak: boucliers humains regroupés par les djihadistes et charnier découvert près de Mossoul

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25 civils, dont six enfants, ont été tués dans des raids aériens sur Raqqa, le fief du groupe Etat islamique (EI) en Syrie. (AFP/Archives / AHMAD AL-RUBAYE)
Irak: des milliers de civils regroupés par les djihadistes autour de l’aéroport de Mossoul pour servir de « boucliers humains ».(AFP/Archives / AHMAD AL-RUBAYE)

Des djihadistes du groupe État islamique (EI) ont forcé des milliers de civils à fuir avec eux la ville de Hamam al-Alil, reprise lundi par les forces irakiennes, et les ont regroupés autour de l’aéroport de Mossoul, a indiqué mardi l’ONU.

L’ONU répète depuis des semaines que les djihadistes ramènent de force des civils à l’intérieur de Mossoul, la deuxième ville irakienne, afin de s’en servir de boucliers humains en prévision de l’offensive finale.

La porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme, Ravina Shamdasani, a déclaré aux journalistes à Genève que selon des informations recueillies sur place, les djihadistes « avaient déplacé de force quelque 1.500 familles de Hamam al-Alil vers l’aéroport » de Mossoul le 4 novembre.

La reconquête de Hamam al-Alil, située à une quinzaine de kilomètres au sud de Mossoul, a permis aux forces irakiennes d’accentuer leur pression vers la périphérie sud de Mossoul, où sont situés l’aéroport international et une vaste base militaire que l’armée avait désertée en juin 2014 lorsque l’EI s’était emparé de Mossoul.

Mme Shamdasani a également déclaré que le Haut-Commissariat avait reçu des informations sur « l’enlèvement d’au moins 295 anciens membres des forces de sécurité irakiennes » par les djihadistes entre le 1er et le 4 novembre, à l’ouest de Mossoul, autour de la ville stratégique de Tal Afar et du village de Mawaly.

Des enquêteurs examinent un charnier près de Mossoul

Par ailleurs, des enquêteurs irakiens menaient mardi une enquête préliminaire sur le site d’un charnier découvert récemment dans une ville du nord de l’Irak proche de Mossoul et reprise au groupe djihadiste État islamique (EI).

Les forces de sécurité irakiennes ont annoncé lundi la découverte du charnier dans le secteur de Hamam al-Alil après avoir repris aux djihadistes cette localité dans le cadre de l’offensive pour conquérir Mossoul, dernier grand fief de l’EI en Irak.

Des morceaux de corps humains et des os étaient visibles sur le site au milieu d’ordures jetées au même endroit, a constaté un correspondant de l’AFP.

Les enquêteurs, certains portant des masques sur leur visage en raison de l’odeur nauséabonde générée par les corps, sont entrés dans la fosse et ont pris des notes.

« Aujourd’hui, l’équipe a conduit un examen préliminaire », a indiqué Mohammed Taher al-Tamimi, un responsable au sein d’un bureau gouvernemental qui coordonne les efforts pour mener l’enquête.

Selon M. Tamimi, les personnes jetées dans le charnier ont été l’objet d’un « massacre » et avaient les yeux bandés et les mains et pieds liés. Certains corps n’avaient plus de tête, a-t-il dit.

« D’après ce que nous avons vu aujourd’hui, je pense qu’il y a environ 25 corps visibles. Mais cela ne signifie pas qu’il s’agisse du nombre total. Nous pensons qu’il y a un très grand nombre de cadavres », a-t-il ajouté.

Dhiyab Tareq, un habitant de la région âgé de 32 ans, a affirmé que l’EI menait des exécutions sur ce site.

Un jour, « j’ai entendu des tirs », a indiqué M. Tareq, ajoutant que des combattants de l’EI s’étaient vantés le lendemain d’avoir tué des membres des forces de sécurité.

Selon le capitaine Mahmoud Ayil, un responsable de la police fédérale, lorsque des unités sont entrées sur le site, elles « ont découvert qu’ils (l’EI) avaient truffé (d’explosifs) les environs ».

Un autre officier de police a déclaré que des artificiers avaient enlevé les explosifs de façon à pouvoir pénétrer sur le site mais que d’autres pourraient bien encore demeurer à proximité.

L’EI s’est emparé de larges pans du territoire irakien en 2014, dont Mossoul, la deuxième ville du pays. Son emprise sur ces régions, ainsi que celles dont le groupe a pris le contrôle en Syrie voisine, s’est accompagnée d’atrocités, dont des viols, décapitations et autres exécutions.

Les forces irakiennes, appuyées par une coalition internationale dirigée par les États-Unis, ont depuis regagné le gros du terrain perdu, découvrant des charniers au fur et à mesure qu’ils chassaient les djihadistes.

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