L’Afrique, le nouveau théâtre du combat du Canada contre la violence et le terrorisme

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Lors de sa rencontre avec Smail Chergui, commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine, à Addis-Abeba le 11 novembre 2016, le ministre canadien des Affaires étrangères, Stéphan Dion, a réaffirmé l’engagement du Canada à contribuer au renforcement de la paix et de la sécurité sur le continent africain par le biais d’une collaboration accrue avec l’Union africaine. (Affaires mondiales Canada)
Lors de sa rencontre avec Smail Chergui, commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine, à Addis-Abeba le 11 novembre 2016, le ministre canadien des Affaires étrangères, Stéphan Dion, a réaffirmé l’engagement du Canada à contribuer au renforcement de la paix et de la sécurité sur le continent africain par le biais d’une collaboration accrue avec l’Union africaine. (Affaires mondiales Canada)

Le ministre canadien des Affaires étrangères, Stéphane Dion, s’est rendu hier à Addis-Abeba pour développer les relations du Canada avec l’Éthiopie, un partenaire important dans la région. L’Éthiopie est la dernière halte de la visite du ministre en Afrique, au cours de laquelle il s’est également rendu au Nigéria et au Kenya.

L’Afrique devrait être le nouveau théâtre du combat du Canada, qui s’est battu en Afghanistan et se bat encore au Moyen-Orient, contre la violence, la radicalisation et le terrorisme.

Le Canada ne cache pas son inquiétude face à la présence de groupes terroristes en Afrique, dont les milices islamistes shebab, responsables d’exactions contre les populations en Somalie et qui font également des incursions au Kenya et en Éthiopie, et Boko Haram, au Nigeria, ainsi que la multitude de groupes présents dans le Sahel.

Lors de sa visite en Éthiopie, le ministre Dion a aussi réitéré ses préoccupations quant aux décès et aux violences découlant de l’agitation récente, « en particulier dans les régions d’Oromia et d’Amhara », et a souligné son soutien à la participation de tous les Éthiopiens à un dialogue pacifique et inclusif.

Un an après le début de manifestations meurtrières, les tensions en Éthiopie restent vives et la situation des droits humains difficile, marquée par les arrestations massives, les coupures d’Internet et les affrontements sporadiques entre forces de sécurité et communautés locales, notamment dans le nord du pays, rapportait récemment Amnesty international.

Au cours d’une rencontre avec le premier ministre de l’Éthiopie, Hailemariam Desalegn, le chef de la diplomatie canadienne a discuté de l’actuel état d’urgence et de l’importance capitale d’entreprendre rapidement des réformes significatives au profit de tous les Éthiopiens, en particulier les jeunes, pour favoriser la croissance et la prospérité du pays.

Le ministre a aussi pris part à un échange approfondi avec des représentants de la société civile, où, dit le communiqué du ministère canadien des Affaires étrangères sur cette visite, « il a mis en évidence la nécessité de créer un espace démocratique, d’instaurer le pluralisme et de faire respecter les libertés fondamentales, conditions essentielles à un dialogue politique fructueux », répétant les mêmes messages au cours de ses rencontres avec des représentants du gouvernement de l’Éthiopie.

« Durant mes rencontres, j’ai insisté sur le fait qu’on peut en faire davantage pour faire participer les Éthiopiens au processus démocratique et pour encourager le gouvernement à entreprendre des réformes concrètes et constructives. Le Canada exhorte le gouvernement de l’Éthiopie à apporter de véritables améliorations pour le bien de son peuple. », a insisté Stéphane Dion.

Visite au siège de l’Union africaine

Le ministre canadien des Affaires étrangères a aussi visité hier le siège de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, où il a « renouvelé son appui envers les efforts déployés par les Africains pour s’attaquer aux problèmes pressants auxquels se heurte le continent », en particulier dans les domaines de la sécurité, de la gouvernance et de l’état de droit.

« Le Canada évalue des possibilités concrètes d’accroître son engagement auprès de l’Union africaine(UA) afin d’aider à prévenir les conflits, de promouvoir l’état de droit et de favoriser une gouvernance inclusive et responsable. Nous appuyons fermement l’Union africaine et sa vision d’une Afrique intégrée, prospère et pacifique. », a déclaré le chef de la diplomatie canadienne.

Pendant son séjour, le ministre Dion a eu des rencontres avec des représentants de la Commission de l’Union africaine (CUA), qui agit à titre de secrétariat de l’UA, dont le commissaire à la paix et à la sécurité de l’UA, Smaïl Chergui, pour discuter de médiation et de prévention des conflits, des opérations de maintien de la paix, de gouvernance, des droits de la personne et de l’état de droit.

Lundi, au Nigeria, faisant la promotion de la paix et de la stabilité, le chef de la diplomatie canadienne avait annoncé 8 millions de dollars à la Croix-Rouge, à d’autres organisations non gouvernementales (ONG) partenaires et à des organismes de l’ONU pour pallier les besoins urgents des populations touchées par le conflit depuis le début de l’année.

Et jeudi, le ministre canadien était à Nairobi, au Kenya, « un partenaire important ainsi qu’un contributeur clé à la paix et à la sécurité », où il a annoncé l’octroi d’une aide canadienne ( 2,8 Millions $) pour l’amélioration de la sécurité frontalière et de la gestion de l’immigration, la lutte contre le terrorisme et la prévention de la radicalisation, ainsi que la lutte contre l’extrémisme violent.

Un engagement de plus en plus important du Canada en Afrique

Ces visites, les premières du ministre Dion en Afrique subsaharienne, visaient à souligner l’engagement du Canada en faveur de la paix, de la stabilité, de la sécurité et de l’état de droit, alors que le Canada semble de plus en plus disposé à s’engager auprès des gouvernements africains.

Le Canada manifeste clairement son intention de s’investir de plus en plus en Afrique, un continent qui, disait le ministre canadien de la Défense « a été longtemps négligé ».

Cet été, le gouvernement Trudeau a annoncé que 600 soldats canadiens seraient mis à la disposition des Nations unies dans le cadre d’un nouveau programme doté d’un budget de 450 millions $ sur trois ans. Un autre programme, visant les policiers affectés au maintien de la paix, a quant à lui été renouvelé pour cinq ans, avec un budget de 46,9 millions $ pour les trois prochaines années.

Le chef de la diplomatie canadienne avait été précédé en Afrique par son collègue de la Défense, Harjit Sajjan, qui a effectué en août une tournée de plusieurs pays africains – l’Éthiopie, le Kenya, l’Ouganda, la Tanzanie et la République démocratique du Congo – en compagnie du lieutenant-général à la retraite Roméo Dallaire et de la juge Louise Arbour, afin d’orienter son choix sur les États qui pourraient recevoir les missions canadiennes.

Plus tôt cette semaine, le ministre Sajjan était au Mali, où il a été reçu par le président Boubacar Keita pour «écouter la partie malienne» et «bien comprendre avant de prendre les décisions». Il a déclaré à cette occasion que le Canada n’était pas «opposé au risque» et que les Forces armées canadiennes étaient aptes à le gérer.

Et vendredi, Harjit Sajjan déclarait dans un entretien avec un grand quotidien canadien, même si la décision officielle n’a pas encore été prise par le cabinet, que le Canada s’est engagé à un déploiement de trois ans en Afrique, qui sera réévalué chaque année pour s’assurer qu’il a un impact durable.

La mission devrait être répartie dans un certain nombre de pays africains non encore spécifiés et elle mettra l’accent sur la formation et l’accroissement des «capacités» du ou des pays hôtes et des troupes d’autres pays voisins, et s’appuiera également sur des programmes sociaux, économiques et de déradicalisation.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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