Le Moyen-Orient en crise appelle Trump à s’engager

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Le roi saoudien Salmane ben Abdulaziz à Ryad le 9 décembre 2015 (Archives/FAYEZ NURELDINE/AFP)
Le roi saoudien Salmane ben Abdulaziz à Ryad le 9 décembre 2015 (Archives/FAYEZ NURELDINE/AFP)

Des dirigeants du Moyen-Orient ont appelé mercredi Donald Trump à les aider à résoudre les nombreuses crises de leur région, sur lesquelles le futur président américain s’est peu exprimé durant la campagne.

« Si vous regardez le Moyen-Orient, c’est le chaos total », avait jugé le candidat républicain lors de la campagne, en qualifiant de « désastre » la politique de l’administration Obama.

Il est probable que, lorsqu’il entrera à la Maison blanche en janvier, les États-Unis soient toujours impliqués, plus ou moins directement, dans les quatre guerres de la région (Syrie, Irak, Libye et Yémen) sans oublier le conflit israélo-palestinien et les suites de l’accord nucléaire avec l’Iran.

Mais « il est impossible de savoir ce qu’il fera lorsqu’il prendra ses fonctions et quelles seront ses positions sur les Palestiniens ou les dossiers iranien et syrien », soulignait mercredi le quotidien israélien Haaretz, pour lequel « Trump est un voyage dans l’inconnu ».

Face à ces incertitudes, le roi Salmane d’Arabie saoudite, l’une des grandes puissances régionales, a souhaité à M. Trump « le succès dans (sa) mission pour réaliser la sécurité et la stabilité au Moyen-Orient ».

Et Abdel Fattah al-Sissi, président de l’Égypte, le pays arabe le plus peuplé, a appelé à « plus de coopération et de coordination » avec Washington, en espérant « un nouveau souffle ».

Pour le Premier ministre irakien Haider al-Abadi, l’essentiel est « la poursuite du soutien » des Etats-Unis dans la lutte « contre le terrorisme ». Avec des milliers de conseillers militaires et les frappes aériennes, l’armée américaine joue en effet un rôle crucial dans l’offensive en cours pour reprendre Mossoul au groupe Etat islamique (EI).

Damas satisfait

En Syrie, la victoire de M. Trump a été accueillie à Damas comme « une bonne surprise », a indiqué à l’AFP Waddah Abed Rabbo, directeur du quotidien Al Watan, proche du régime du président Bachar al-Assad.

Pour lui, il faut que la politique des États-Unis « ne soit plus l’otage des désirs catastrophiques des pays du Golfe », comme l’Arabie saoudite et le Qatar, qui soutiennent la rébellion.

Ne cachant pas son admiration pour le président russe Vladimir Poutine, un allié du régime syrien, Donald Trump avait déclaré en juillet au New York Times: « Assad hait l’EI, l’EI hait Assad. Ils se battent l’un contre l’autre, et on est censé combattre les deux? L’EI est une bien plus grande menace contre nous qu’Assad ».

De leur côté, des groupes rebelles réclament aussi une nouvelle politique américaine car « l’expérience avec l’administration Obama n’a pas été bonne », selon Bassam Moustapha, membre du conseil politique de Nourredine al-Zinki, l’un des principaux groupes rebelles.

Il demande à M. Trump moins d' »hésitation » face au régime et « une attitude ferme à l’égard de l’intervention russe et iranienne ».

Mais, dans un camp de déplacés à la frontière turque, Abdoul Rahman Ahmad, un enseignant, ne voit pas de différences entre « le nouveau président et son prédécesseur ». « Ils n’en ont rien à faire du peuple syrien, ils ne veulent que tuer des musulmans », dit-il, désabusé.

‘Ami d’Israël’

L’Iran a été prompt à réagir en jugeant que « le plus important » était « que le futur président respecte les accords, les engagements pris (…) à un niveau multilatéral », selon son ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif.

Le président Hassan Rohani a ainsi affirmé que M. Trump ne pourrait pas revenir sur l’accord nucléaire de 2015 entre l’Iran et les grandes puissances car il avait été « entériné » par l’ONU.

Pendant la campagne électorale, M. Trump avait déclaré qu’il « déchirerait », s’il était élu, cet accord.

« Le président élu est un véritable ami de l’État d’Israël », a pour sa part salué le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, « impatient de travailler avec lui en faveur de la sécurité, la stabilité et la paix ».

L’un de ses ministres, Naftali Bennett, chef de file du lobby colon, s’est félicité que « la victoire de Trump offre à Israël la chance de renoncer immédiatement à l’idée de création d’un État palestinien ».

À Ramallah, la présidence palestinienne s’est déclarée « prête à travailler » avec M. Trump pour l’établissement d’un État palestinien indépendant coexistant avec Israël.

Nul changement n’est en revanche attendu par le mouvement islamiste Hamas, qui dit s’attendre au maintien du « même parti pris anti-palestinien ».

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