L’élection de Trump ne «changera pas» les relations Canada-Cuba, déclare Justin Trudeau

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Le président cubain, Raul Castro, reçoit le premier ministre canadien Justin Trudeau à la Havane le 16 novembre 2016.(Twitter/@CubaMINREX)
Le président cubain, Raul Castro, reçoit le premier ministre canadien Justin Trudeau à la Havane le 16 novembre 2016.(Twitter/@CubaMINREX)

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a assuré mercredi à La Havane que l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis, partenaire privilégié du Canada, « ne changerait pas » les relations étroites entretenues de longue date entre son pays et Cuba.

« Le Canada a toujours été (…) l’ami de Cuba et nous n’avons jamais vu aucune contradiction pour nous entre le fait d’être de solides amis de Cuba et d’être un bon ami et partenaire des Etats-Unis », a déclaré Justin Trudeau au second jour d’une visite officielle dans la capitale cubaine.

« Pour moi, les résultats des élections aux États-Unis ne changeront pas les solides relations » qui unissent le Canada et Cuba. « Nous faisons nos propres choix », a-t-il insisté au cours d’échanges avec des étudiants cubains à l’Université de La Havane.

Cuba est engagée dans un dégel historique avec les États-Unis depuis fin 2014, mais Donald Trump a affiché des réserves sur ce rapprochement, affirmant qu’il ferait « tout pour obtenir un accord solide » avec La Havane, laissant ainsi présager d’un retour en arrière.

Le magnat de l’immobilier, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, a également déclaré qu’il était pour l’instant opposé à la suppression de l’embargo financier et commercial imposé à l’île depuis 1962. Sa levée dépend du Congrès, qui reste sous le contrôle des Républicains.

Interrogé sur la question de l’embargo, M. Trudeau a souligné que son pays était « en désaccord avec l’approche des États-Unis ».

« Nous pensons que notre approche est meilleure », en privilégiant « le partenariat, la collaboration et l’engagement », a-t-il assuré, tout en admettant que ce n’était pas le rôle de son pays de « dire à nos amis et alliés ce qu’ils devraient faire ou pas ».

Premier dirigeant canadien à visiter Cuba depuis 18 ans, Justin Trudeau s’est entretenu mardi avec le président Raul Castro, de 41 ans son aîné, et doit quitter l’île mercredi soir pour l’Argentine puis le Pérou, où il assistera au sommet de l’Apec (Organisation de coopération économique Asie-Pacifique).

Auparavant, il pourrait également rencontrer Fidel Castro. L’ex-président de 90 ans, retiré du pouvoir depuis 2006, avait noué dans les années 1970 une solide amitié avec l’ex-Premier ministre Pierre-Elliott Trudeau, père de Justin décédé en 2000.

Le Premier ministre canadien a également rencontré des représentants de la société civile cubaine, dont des chefs d’associations religieuses, des représentants de médias indépendants et un militant de la défense de l’environnement. Aucun dissident n’a en revanche été convié à cette réunion.

Le Canada est le quatrième partenaire commercial de Cuba et son premier pourvoyeur de touristes étrangers, avec 1,3 million de visiteurs l’an dernier, soit près de 40% du total.

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