L’ex GG canadienne Michaëlle Jean intervient au Conseil de sécurité sur les opérations de paix

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Michaëlle Jean, ex gouverneure générale du Canada et maintenant Secrétaire générale de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), devant le Conseil de sécurité de l'ONU le 7 novembre 2016. (OIF)
Michaëlle Jean, ex gouverneure générale du Canada et maintenant Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), devant le Conseil de sécurité de l’ONU le 7 novembre 2016. (OIF)

Alors que le Canada, dont le ministre de la Défense a été reçu dimanche par le président malien, se prépare à un déploiement prochain de Casques bleus, l’ex gouverneure générale du Canada, aujourd’hui secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Michaëlle Jean, était à New York pour participer à titre d’intervenante principale à un débat au Conseil de sécurité de l’ONU sur les opérations de maintien de la paix, une première pour un secrétaire général de cette organisation.

Mme Jean a rappelé à cette occasion au Conseil que la moitié des missions de paix de l’ONU se déroulent dans l’espace francophone et que 55 Etats membres ou observateurs de l’OIF y sont engagés.

Le mois dernier à Paris, des dirigeants de pays francophones et de pays engagés dans des opérations de paix en environnement francophone, ainsi que des représentants de l’Organisation internationale de la Francophonie, des Nations Unies et de l’Union européenne, avaient participé à conférence visant à identifier des bonnes pratiques et méthodes en environnement francophone, où l’ONU concentre une grande partie de ses moyens humains, financiers et techniques. Bref, à «faire avancer la paix dans l’espace francophone», selon les mots du ministère canadien des Affaires étrangères.

« L’espace francophone est devenu en quelque sorte un laboratoire des opérations de paix », a déclaré à son tour aux ambassadeurs Michaëlle Jean aujourd’hui.

« Il faut que les Casques bleus soient mieux équipés, mieux préparés, mieux formés et l’OIF y contribue », a-t-elle souligné.

« Nous sommes bien conscients, qu’en l’espace de quelques années, la nature des conflits, comme des acteurs s’est profondément transformée. La multiplication des conflits intra-étatiques, leur complexité, leur longueur, mais aussi l’émergence de nouveaux acteurs – groupes criminels, groupes terroristes – changent considérablement les conditions des opérations de maintien de la paix et pose la question cruciale du rôle, du mandat mais aussi de la sécurité des personnels déployés sur le terrain. », a déclaré la Secrétaire générale.

Elle a salué le renforcement des capacités et des mandats des forces onusiennes au Mali, en RDC et en République centrafricaine « afin qu’elles puissent mieux protéger les civils et faire face aux groupes armés », insistant sur la formation des Casques bleus et sur « la priorité donnée au renseignement ».

Il faut aussi développer l’usage du français dans les opérations en terre francophone. « La question de la langue n’est pas accessoire », a-t-elle aussi affirmé.

Le français permet non seulement de communiquer, de comprendre les instructions et de recueillir informations et témoignages auprès des locaux mais aussi « d’établir une relation de confiance avec les populations ».

C’est d’autant plus important, a-t-elle expliqué, que « les stratégies terroristes reposent précisément sur la capacité de ces groupes criminels à infiltrer et à se fondre au sein de la population locale ».

Avant de rentrer à Paris, la Secrétaire générale a eu également l’occasion d’échanger sur la situation politique et sécuritaire dans le monde lors d’un déjeuner de travail avec les ministres présents au débat du Conseil de sécurité.

Elle n’a pas manqué de faire faire savoir qu’elle estimait inacceptable la coupure du signal de la radio française RFI à Kinshasa depuis samedi et a demandé au gouvernement congolais de revenir sur cette mesure « au nom de la liberté d’expression et de presse ».

Le signal de RFI, l’une des stations les plus écoutées en RDC, a été coupé samedi au moment où l’opposition réunie autour d’Etienne Tshisekedi, opposant historique dans le pays, projetait d’organiser un meeting populaire pour protester contre le président congolais Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, et auquel la Constitution interdit de se représenter.

La manifestation interdite avait pour but de rappeler à Joseph Kabila que son mandat se termine le 20 décembre alors que l’opposition le soupçonne de vouloir se maintenir au pouvoir.

Radio Okapi, la radio de l’ONU en RDC, est elle aussi brouillée depuis samedi.

*Avec AFP

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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