Mason Stalker: les accusations contre l’ancien commandant du 1 PPCLI tombent à l’eau faute de preuve

0
Quelques semaines avant que des accusations soient portées contre lui, le lieutenant-colonel Stalker commandant l'Unité d'intervention immédiate - Ouest, dans la lutte aux feux de forêts en Saskatchewan. (Cplc Mélanie Ferguson)
Quelques semaines avant que des accusations soient portées contre lui, le lieutenant-colonel Stalker commandant l’Unité d’intervention immédiate – Ouest, dans la lutte aux feux de forêts en Saskatchewan. (Cplc Mélanie Ferguson)

Toutes les accusations portées contre le lieutenant-colonel Mason Stalker, ancien commandant du 1 PPCLI, pour des gestes qu’il aurait commis sur des cadets de 1998 à 2007, alors qu’il agissait à titre de mentor dans un corps de cadets de l’Armée, à Edmonton, ont été retirées.

Enquête de la SNEFC, arrestation, suspension, enquête préliminaire, citation à procès, tout ça pour en arriver là!

C’est le procureur de la Couronne qui, en raison d’une insuffisance de preuve, a lui-même demandé à un juge de la Cour du Banc de la Reine de retirer toutes les accusations portées contre le lieutenant-colonel Stalker, qui devait être jugé pour trois chefs d’agression sexuelle et quatre chefs d’exploitation sexuelle: « Les accusations ont effectivement été retirées dans l’affaire J.M. Stalker, car la Couronne a conclu qu’il n’y avait plus de probabilité raisonnable d’obtenir une déclaration de culpabilité », a expliqué un porte-parole du ministère de la Justice de l’Alberta aujourd’hui.

« J’ai toujours maintenu mon innocence dans cette affaire et je suis rassuré que la procédure a abouti au retrait de tous les chefs d’accusation », a pour sa part déclaré le lieutenant-colonel Stalker.

« Je suis très reconnaissant envers mon partenaire, ma famille, mes amis et mes collègues, qui ont toujours su que je suis innocent et qui se sont tenus à mes côté tout au long de ce cauchemar. »

L’homme de 41 ans avait été arrêté en juillet 2015 après une enquête du Service national des enquêtes des Forces canadiennes sur une série d’incidents et de graves accusations avaient été portées contre lui, dont trois chefs d’agression sexuelle aux termes de l’article 271 du Code criminel du Canada et quatre chefs d’exploitation sexuelle aux termes de l’article 153 du Code criminel du Canada.

Le mois suivant, se tenait la première audience dans cette affaire. Et en septembre de la même année, le militaire de haut rang, âgé de 41 ans, avait choisi de subir un procès devant un jury.

La chute du lieutenant-colonel Stalker était d’autant plus étonnante que ses états de services étaient jusqu’alors impressionnants.

Celui qui était alors le major Stalker avait servi comme officier des opérations du groupement tactique canadien, lors de l’Opération ARCHER, en Afghanistan, de janvier à août 2006. Travaillant dans un cadre coalisé, sous la surveillance d’un quartier général de brigade américain, il avait su faire en sorte que la Force opérationnelle soit pleinement appuyée dans ses opérations contre les insurgés. Souvent avec peu de directives, il a prévu des besoins, obtenu des moyens de combat additionnels et coordonné leur acheminement au champ de bataille. Il avait reçu la Médaille du service méritoire (division militaire).

Commandant du contingent canadien au Quartier régional du Commandement régional (Sud) et commandant en second du commandant général adjoint de septembre 2010 à octobre 2011, il était responsable des opérations dans la région la plus instable et violente de l’Afghanistan. Il avait alors déployé des efforts qui se sont avérés essentiels au succès des opérations et il a largement contribué à repousser les insurgés. Là encore, il avait reçu la Médaille du service méritoire (division militaire).

En août 2014, il a pris le commandement du 1er Bataillon du Princess Patricia’s Canadian Light Infantry.

Plus récemment, c’est lui qui a dirigé les efforts des Forces armées canadiennes dans la lutte contre les feux de forêts en Saskatchewan, en qualité de commandant de l’Unité d’intervention immédiate (Ouest).

Stalker avait évidemment été suspendu de son poste en attendant la conclusion du procès.

Il est sans doute trop tôt pour dire ce qui arrivera maintenant de la carrière du lieutenant-colonel Stalker, mais « Il sera employé d’une manière qui est compatible avec son grade et ses qualifications et son expérience », a déclaré aujourd’hui la capitaine Susan Magill, porte-parole de l’Armée canadienne.

« Même si je ne suis peut-être plus un commandant, je suis toujours un leader et j’ai toujours, et je le ferai toujours, traité les autres avec dignité et respect », a déclaré pour sa part le principal intéressé.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Les commentaires sont fermés.