Mise en garde du Premier ministre irakien à la Turquie qui déploie des troupes

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Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi, le 9 août 2015 à Bagdad. (Bureau du Premier ministre irakien/AFP/Archives)
Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi, le 9 août 2015 à Bagdad. (Bureau du Premier ministre irakien/AFP/Archives)

Le Premier ministre irakien a averti mardi la Turquie qu’elle serait traitée en « ennemi » si elle provoquait un affrontement dans le nord de l’Irak, tout en affirmant qu’il ne souhaitait pas la guerre avec Ankara.

La Turquie a envoyé mardi un convoi militaire d’une trentaine de véhicules transportant notamment des chars et des pièces d’artillerie vers une zone proche de la frontière avec l’Irak, selon des responsables militaires.

Ankara a plusieurs fois indiqué qu’elle entendait jouer un rôle dans le cadre de l’offensive sur la ville irakienne de Mossoul contre le groupe Etat islamique (EI) mais Bagdad a toujours fermement refusé l’implication de son voisin et a même dénoncé une « force d’occupation ».

L’Irak réclame en effet que la Turquie retire ses troupes stationnées sur une base au nord de Mossoul, à Bachiqa, où elles effectuent officiellement des missions de formation auprès de combattants volontaires irakiens sunnites.

« Nous ne voulons pas la guerre et nous ne voulons pas d’affrontement », a affirmé mardi soir le Premier ministre irakien à la télévision irakienne.

« Mais en cas d’affrontement, nous sommes prêts. Nous considérerons (la Turquie) comme un ennemi et nous nous en occuperons comme tel », a prévenu Haider al-Abadi.

Selon le ministre turc de la Défense Fikri Isik, le déploiement en cours s’explique par des « développements régionaux importants », en référence à l’offensive sur Mossoul et aux opérations turques contre les rebelles kurdes dans le sud-est de la Turquie.

« La Turquie se prépare à l’avance pour tout ce qui peut arriver », a-t-il ajouté, cité par l’agence progouvernementale Anadolu.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a ainsi prévenu samedi que son pays prendrait des mesures si les unités paramilitaires de la Mobilisation populaire -dominées par de puissantes milices chiites soutenues par l’Iran- « semaient la terreur » à Tal Afar.

Cette ville où réside une importante communauté turkmène se trouve sur un axe vital pour l’EI entre la frontière syrienne et Mossoul et la Mobilisation populaire a été chargée par les autorités irakiennes de le couper.

Ankara redoute par ailleurs que des rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), organisation qu’elle considère comme « terroriste » et qu’elle combat dans le sud-est à majorité kurde de la Turquie, s’implantent dans la région de Sinjar (nord de l’Irak).

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