Opération IMPACT: 56% du territoire occupé par l’EI en Irak a été repris, mais le plus dur reste à faire

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Les forces irakiennes ont repris 56% du territoire occupé par le groupe armé État islamique en Irak, a-t-on appris lors de la séance d’information technique d’aujourd’hui pour faire le point sur la stratégie adoptée par le Canada pour lutter contre le groupe armé État islamique.

Les responsables militaires ont aussi révélé à cette occasion que les forces canadiennes ont doublé leurs capacités de défense et de répliquer à l’ennemi et ils ont également confirmé que l’installation médicale de rôle 2 à Erbil était maintenant fonctionnelle

Non seulement les forces irakiennes et de la coalition ont repris 56% du territoire occupé par l’EI en Irak, mais elle ont également libéré quelque 115 villes et villages occupés par le groupe djihadiste, a souligné le Lieutenant-général Stephen Bowes, commandant du Commandement des opérations interarmées du Canada.

Le mois dernier débutait l’offensive contre Mossoul: les forces irakiennes poursuivent actuellement leurs efforts pour sécuriser le nord de la ville, les forces d’élite irakiennes (CRS) continuent à faire des gains à l’est et sont parvenus à sécuriser plusieurs secteurs de Mossoul alors que le nord-est de la ville est maintenant considéré exempt de djihadistes.

« Cependant, compte tenu de l’importance stratégique de Mossoul pour Daech [le groupe armé État islamique], la Coalition s’attend à ce que les djihadistes la défendent farouchement. », a expliqué le commandant du Commandement des opérations interarmées du Canada. « Daech a eu deux ans pour s’installer et placer des pièges, des tranchées, des tunnels, des explosifs improvisés installés dans les maisons ».

En outre, ce qu’il reste de la population de Mossoul, entre 800 000 et 1,5 millions de personnes, est et sera utilisé par les djihadistes comme boucliers humains, a aussi prévenu le Lieutenant-général Stephen Bowes.

Il faut donc se préparer à une guérilla urbaine dans des conditions très difficiles, d’autant plus, de souligner le chef militaire canadien, que les combattants djihadistes n’ont nulle part où fuir et que beaucoup préféreront sans doute la mort à la reddition.

Les Canadiens ont détruit des véhicules piégés lors d’attaques suicide

Dans le cadre de l’op IMPACT, les militaires canadiens qui assistent les forces kurdes ont aussi détruit des véhicules piégés lors d’attaques suicide des djihadistes, a-t-on confirmé lors de la séance d’information technique d’aujourd’hui pour faire le point sur la stratégie adoptée par le Canada pour lutter contre le groupe armé État islamique.

Les militaires canadiens près de la ligne de feu qui conseillent et assistent les peshmergas ne peuvent se contenter de répliquer et doivent parfois tirer les premiers lorsqu’ils anticipaient l’approche d’une menace, ont confirmé les responsables militaires.

Et la destruction de véhicules piégés ennemis est une démonstration éloquente des dangers de la mission, toujours officiellement une mission de non-combat.

Le Major-général Michael Rouleau, commandant du Commandement des Forces d’opérations spéciales du Canada, a aussi révélé que les forces canadiennes ont doublé leurs capacités de défense et de répliquer à l’ennemi.

Le Major-général Rouleau a déclaré qu’il y a eu une augmentation substantielle du nombre de fois où les forces canadiennes ont utilisé la force en Irak au cours des derniers mois, passant de 11 cas avant l’été, à plusieurs douzaines de cas depuis, mais les Canadiens ont tiré les premiers dans un petit nombre de ces cas, a nuancé le responsable militaire sans donner toutefois de chiffres exacts.

Le commandant du Commandement des Forces d’opérations spéciales du Canada a insisté pour dire que les Canadiens ont toujours tiré pour se défendre eux-mêmes, pour défendre leurs alliés ou défendre les civils, et que, dans le cas des kamikazes, ils auraient auraient pu causer un carnage s’ils avaient réussi à atteindre les lignes kurdes.

Les Canadiens n’avaient alors pas d’autres choix que de tirer les premières lorsque ces véhicules remplis d’explosifs avec un conducteur kamikaze à leur bord, suivis de combattants du groupe EI, fonçaient vers les forces locales. Le militaire canadien a comparé les règles d’engagement des Canadiens dans ce cas aux policiers qui peuvent utiliser la force s’ils croient qu’ils sont en danger.

En résumé, le major général Michael Rouleau a expliqué mercredi que ses forces spéciales en Irak avaient utilisé des armes légères, des mortiers et des roquettes antichar en réponse aux menaces du groupe EI contre à la fois les forces spéciales canadiennes, les combattants ou les civils kurdes, mais toujours dans le cadre de leur mission de conseiller et aider les forces de sécurité kurdes sans « jamais accompagner les éléments de combats de tête ».

L’installation médicale de rôle 2 à Erbil maintenant fonctionnelle

L’installation médicale de rôle 2 à Erbil sous la responsabilité des Forces armées canadiennes en soutien à l’opération IMPACT dont le démarrage avait été retardé parce que Bagdad retenait là aussi une partie du matériel qui lui était destiné, est maintenant fonctionnelle

Les Forces armées canadiennes (FAC) ont récemment assumé la direction de l’installation médicale de rôle 2 de la coalition dans le Nord de l’Irak dans le cadre de son engagement continu dans la lutte contre l’EI, annonce aujourd’hui Ottawa.

La contribution des FAC consistent en approximativement 50 militaires ayant le mandat de fournir des soins médicaux et chirurgicaux nécessaires à la survie en appui aux forces de la coalition. La partie de cette équipe fournie par les FAC comprend des responsables du commandement et du contrôle, des médecins, des infirmiers, des techniciens médicaux, des techniciens en imagerie de laboratoire et de diagnostic, une équipe dentaire et un groupe complet de responsables du soutien.

Les FAC dirigent cette équipe multinationale de cliniciens qui consolideront les capacités de la coalition en matière de soins de santé disponibles dans la région.

Les membres des Services de santé des FAC qui participent au déploiement proviennent de diverses bases à l’échelle du Canada, principalement du 1er Hôpital de campagne du Canada à Petawawa, en Ontario, précise le communiqué de la Défense qui annonce le démarrage de l’hôpital.

Parmi les capacités de l’installation médicale, citons la réanimation, la chirurgie de sauvetage, les soins intensifs, les soins dentaires, l’imagerie diagnostique, un laboratoire médical et une salle des soins intermédiaires.

Même si le gouvernement Trudeau a retiré ses chasseurs-bombardier CF-18 le 15 février 2016, le Canada, qui a formé plus de 2 000 combattants kurdes qui sont maintenant en pointe de l’offensive contre les djihadistes, participe plus que jamais à la lutte contre le groupe armé État islamique.

En plus des conseillers, du personnel d’état-major, des forces spéciales et du personnel hospitalier, le Canada a maintenu ses avions de surveillance CP-140 Aurora et de ravitaillement CC-150T Polaris et, au total, environ 830 militaires canadiens participent aujourd’hui à l’Op IMPACT.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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