Sajjan: les Casques bleus canadiens en Afrique, un engagement pour trois ans

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Le ministre de la Défense du Canada, Hrjit Sajjan, avec le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keita, le 7 novembre 2016 à bamako.(Twitter/@DefenseCanada)
Le ministre de la Défense du Canada, Hrjit Sajjan, avec le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keita, le 7 novembre 2016 à bamako.(Twitter/@DefenseCanada)

Le Canada s’est engagé à un déploiement de trois ans en Afrique, qui sera réévalué chaque année pour s’assurer qu’il a un impact durable, a déclaré le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, au quotidien The Toronto Star vendredi 11 novembre, même si la décision officielle n’a pas encore été prise par le cabinet.

La mission devrait être répartie dans un certain nombre de pays africains non encore spécifiés et elle mettra l’accent sur la formation et l’accroissement des «capacités» du ou des pays hôtes et des troupes d’autres pays voisins, et s’appuiera également sur des programmes sociaux, économiques et de déradicalisation.

« Ces missions, toutes ces missions, ont un niveau de risque où des soldats de la paix ont été blessés et ont été tués. Et nous avons examiné le facteur de risque de façon très sérieuse « , a aussi déclaré le ministre Sajjan.

Interrogé sur son approche du déploiement des Forces armées canadiennes pour mener des opérations de contre-insurrection – ce que le gouvernement conservateur précédent voulait éviter de faire Afrique quand il a rejeté les demandes de déploiement de soldats au Congo et au Mali, le ministre de la Défense, cité par le quotidien torontois, a déclaré qu’il s’agira de « réduire la radicalisation dans certaines régions et, dans d’autres parties, de développer la capacité de la nation hôte. »

Le ministre Sajjan a effectué en août une tournée de plusieurs pays africains – l’Éthiopie, le Kenya, l’Ouganda, la Tanzanie et la République démocratique du Congo – en compagnie du lieutenant-général à la retraite Roméo Dallaire et de la juge Louise Arbour, afin d’orienter son choix sur les États qui pourraient recevoir les missions canadiennes.

Plus tôt cette semaine, il était au Mali, où il a été reçu par le président Boubacar Keita pour «écouter la partie malienne» et «bien comprendre avant de prendre les décisions». Il a déclaré à cette occasion que le Canada n’était pas «opposé au risque» et que les Forces armées canadiennes étaient aptes à le gérer.

Du Mali, qui accueille la mission la plus mortelle des Nations Unies dans le monde en ce moment, Harjit Sajjan admet qu’il y a des risques là-bas, mais il affirme que les mêmes risques existent dans les autres missions africaines à l’étude par le gouvernement libéral.

En outre, selon le ministre canadien de la Défense, il y a aussi des risques pour le Canada à ne rien faire pour contrer les groupes d’insurgés qui terrorisent les populations et radicalisent de nouvelles recrues.

Il a aussi rappelé que lui et le gouvernement Trudeau on toujours été clairs là dessus: « Ce n’est pas le maintien de la paix du passé – nous devons examiner quels sont les défis d’aujourd’hui et développer les opérations de paix pour les défis d’aujourd’hui. ».

Au cours d’une entrevue exclusive avec 45eNord.ca depuis Londres où il participait à un sommet des Nations Unies en septembre, Harjit Sajjan expliquait alors prendre le temps pour ce déploiement futur car «ce que nous devons faire est de comprendre le conflit. C’est par la compréhension que nous allons déterminer la bonne stratégie et si certains cas peuvent nécessiter un certain niveau de force à utiliser si nécessaire. Et cela se fera avec le mandat approprié et les bonnes règles d’engagement et la bonne formation».

Cet été, le gouvernement Trudeau a annoncé que 600 soldats canadiens seraient mis à la disposition des Nations unies dans le cadre d’un nouveau programme doté d’un budget de 450 millions $ sur trois ans. Un autre programme, visant les policiers affectés au maintien de la paix, a quant à lui été renouvelé pour cinq ans, avec un budget de 46,9 millions $ pour les trois prochaines années.

Des ministres du gouvernement Trudeau ont en outre déjà confirmé plus tôt cette année que la mission de paix à venir ne serait pas soumise à un vote à la Chambre des communes avant d’entrer en vigueur puisque cet engagement était déjà bien connu et ne constitue en aucune façon une surprise.

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