Sur le net, des islamistes radicaux célèbrent le succès de Trump

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Le drapeau de l'État Islamique en Irak et au Levant (EIIL) la filiale d'Al-Qaïda active en Irak et en Syrie (Archives/capture d'écran EIIL/45eNord.ca)
Le drapeau de l’État Islamique.(Archives/capture d’écran EIIL/45eNord.ca)

C’est avec joie que des islamistes extrémistes ont accueilli la victoire de Donald Trump, saluant sur les réseaux sociaux les bénéfices à attendre selon eux de l’élection de ce franc-tireur ouvertement hostile aux musulmans.

Avant le scrutin, le groupe djihadiste État islamique (EI), pourchassé en Irak et en Syrie par une coalition internationale menée par les États-Unis, avait estimé qu’il n’y avait pas réellement de différences entre le milliardaire populiste et sa rivale Hillary Clinton.

Mais alors que le résultat de l’élection se précisait, certains partisans de l’organisation extrémiste ne cachaient pas leur enthousiasme sur la messagerie cryptée Telegram face à la victoire de M. Trump.

« Réjouissez-vous, il va montrer le visage laid de l’Amérique », selon un utilisateur.

« La victoire de Trump est une bonne chose pour la nation musulmane », s’enthousiasmait un autre, avant d’expliquer: « Je suis optimiste (…) parce que c’est un taureau stupide, arrogant et présomptueux qui est plus bête que (George) Bush ».

« La vulgarité de Trump va mettre dans l’embarras les tyrans arabes et élargir le champ du djihad », assurait un participant à un forum de discussion en ligne, fréquenté par les partisans de l’EI.

Tout au long de sa campagne, le milliardaire populiste n’a pas hésité à s’en prendre à la communauté musulmane: que ce soit en proposant d’interdire aux musulmans l’entrée aux Etats-Unis, ou à travers ses piques acerbes visant l’Arabie saoudite et sa monarchie, détestée par les djihadistes.

Si l’EI n’a pas officiellement réagi à l’élection de M. Trump, le groupe avait auparavant estimé que les deux candidats étaient « engagés au côté de l’État juif et dans la guerre contre l’islam », selon un article en anglais partagé sur les réseaux sociaux par un de ses organes de propagande, Al-Hayat.

‘Femme féministe’

Toutefois, Mme Clinton « est plus qualifiée pour +le politiquement correct+, ce qui lui donne de l’avance pour cette sorcellerie qu’est l’hypocrisie », soulignait le groupe, dénonçant « une femme féministe ».

M. Trump –qui par le passé avait indiqué dans le langage vulgaire dont il est coutumier qu’il voulait « bombarder à fond » l’EI– est « impulsif et imprévisible », précisait l’article.

Certains partisans de l’EI ont toutefois jugé scandaleuse l’idée de célébrer la victoire de tel ou tel candidat pour une élection « polythéiste ».

« Les deux sont des tyrans et on veut juste leur couper la tête », a ainsi affirmé l’un d’eux.

D’autres extrémistes ont célébré l’annonce de manifestations anti-Trump, exagérant les violences qui pouvaient accompagner ces rassemblements.

« Louange à Dieu, qu’Il augmente cela », s’enthousiasmait un utilisateur, réagissant à une vidéo montrant vraisemblablement des opposants de M. Trump agresser un de ses partisans.

Un autre utilisateur lançait un « appel urgent » sur un forum de discussion, encourageant les partisans de l’EI à tweeter des messages « racistes » pro et anti-Trump.

« On peut ainsi enflammer les dissensions et les troubles dans leur pays, peut-être qu’ils vont retirer leurs armées, ou que cela va les distraire de notre précieux État », expliquait-il, en référence au « califat » proclamé de l’EI sur des territoires en Irak et en Syrie.

Pour l’idéologue d’Al-Qaïda Abou Mohammed al-Maqdisi, vivant en Jordanie, « Trump au pouvoir pourrait être le début d’une division aux États-Unis et l’ère de sa désintégration », a-t-il estimé sur Twitter.

Mais ces extrémistes représentent une petite minorité. Nombreux sont les musulmans aux États-Unis et ailleurs dans le monde qui ont accueilli avec horreur les résultats de l’élection.

« Je suis désolé pour tous les Américains et les musulmans (…). Je suis désolé que vous aillez à tolérer un tel idiot. #Priez », a déploré un utilisateur sur Twitter.

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