Syrie: Moscou veut «un accord le plus tôt possible» avec les États-Unis

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Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et son homologue américain John Kerry se rencontreront samedi 15 octobre à Lausanne, pour discuter du conflit en Syrie en dehors d'un contexte onusien. (Archives/Kevin Lamarque/AFP)
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et son homologue américain John Kerry se rencontreront samedi 15 octobre à Lausanne, pour discuter du conflit en Syrie en dehors d’un contexte onusien. (Archives/Kevin Lamarque/AFP)

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a appelé mercredi les États-Unis à un « accord le plus tôt possible » sur la Syrie après l’annonce par Moscou d' »une pause humanitaire » à Alep, deuxième ville syrienne ravagée par des bombardements.

« Il faut que nous nous mettions d’accord, le plus tôt possible serait le mieux », a déclaré M. Lavrov, interrogé sur le conflit en Syrie et les relations russo-américaines à l’issue d’entretiens à Athènes avec son homologue grec Nikos Kotzias.

« Les États-Unis sont une grande puissance mais cela ne veut pas dire que nous allons jouer selon leurs règles » a toutefois ajouté M. Lavrov, selon la traduction grecque de ses propos en russe.

Il a précisé qu’il faisait allusion à une récente déclaration du président américain Barack Obama qui aurait dit selon lui que les États-Unis devaient définir les règles de jeu en Syrie.

« Nous espérons que nos partenaires vont tirer les conclusions nécessaires afin d’œuvrer pour une coopération honnête (…) et arriver à une solution politique qui va impliquer à la fois le gouvernement (syrien) et les forces de l’opposition », avait auparavant indiqué le ministre russe, au début de ses entretiens à Athènes avec le chef de l’État grec, Prokopis Pavlopoulos.

Il avait toutefois ajouté que les États-unis devraient aider à appliquer la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, qui condamne le soutien des groupes extrémistes en Syrie.

« Quand nous avons adopté cette résolution, je me souviens des propos du secrétaire d’Etat américain John Kerry. Il avait dit: +quiconque souhaite participer à une solution politique ne doit jamais être lié aux terroristes+ », a rappelé Sergueï Lavrov.

« Presque un an a passé depuis et nous attendons les résultats de ces propos », a-t-il ajouté.

Les Occidentaux ont accusé Moscou d’avoir probablement commis des crimes de guerre à Alep pendant des bombardements aveugles pour soutenir l’offensive du gouvernement syrien.

Depuis septembre 2015, Moscou procède à des bombardements en Syrie pour soutenir son allié de longue date Bachar al-Assad.

En visite officielle à Athènes dans le cadre de la coopération bilatérale des deux pays, qui ont proclamé 2016 comme année de l’amitié greco-russe, M. Lavrov s’est également entretenu avec le Premier ministre grec Alexis Tsipras.

M. Tsipras a souligné la nécessité de promouvoir leur coopération en matière d’investissements, d’énergie, de commerce et de tourisme.

De son côté M. Lavrov, dont la visite a été précédée en mai par celle du président russe Vladimir Poutine, s’est félicité de « la hausse de 20% du nombre des touristes russes en Grèce cette année ».

Rappelant les liaisons « historiques et culturelles » entre les deux pays, il a indiqué qu’une délégation bilatérale allait examiner jeudi et vendredi « des moyens pour surmonter les difficultés » de coopération économique entre les deux pays découlant des sanctions européennes envers la Russie.

Membre de l’Otan et de l’UE, la Grèce essaie traditionnellement de maintenir de bonnes relations avec la Russie, pays également orthodoxe.

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