Syrie: Washington accuse nommément des généraux d’exactions

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L'ambassadrice américaine à l'ONU Samantha Power aux Nations Unies à New York le 22 décembre 2014
L’ambassadrice américaine à l’ONU Samantha Power aux Nations Unies à New York le 22 décembre 2014.
21/11/2016 17h48 GMT

L’ambassadrice américaine Samantha Power a égrené lundi devant le Conseil de sécurité les noms d’une douzaine de généraux et colonels syriens accusés d’avoir ordonné d’attaquer des cibles civiles ou de torturer des opposants.

« Ils doivent savoir que leurs exactions sont documentées et qu’un jour ils devront rendre des comptes », a-t-elle affirmé.

« Les Etats-Unis ne laisseront pas ceux qui ont commandé des unités impliquées dans ces actes rester anonymes, à l’abri de la façade du régime syrien », a-t-elle expliqué.

Ces officiers, a-t-elle précisé, sont des commandants d’unités militaires qui ont bombardé ou attaqué au sol des cibles civiles, ou des commandants de centres de détention de l’armée syrienne où des opposants sont systématiquement torturés.

Ces officiers se croient à l’abri de poursuites mais « c’était aussi le cas de Slobodan Milosevic, Charles Taylor et d’innombrables autres criminels de guerre », a-t-elle lancé.

Le dirigeant serbe et le chef de guerre du Liberia ont été rattrapés par la justice internationale et condamnés par la Cour pénale internationale.

Mme Power a reconnu que certains groupes armés d’opposition opérant en Syrie commettaient aussi des atrocités mais sans donner de noms.

« Où sont les noms des terroristes ?, », lui a lancé le représentant permanent adjoint russe Vladimir Safronkov. « Ne soyons pas hypocrites », a-t-il ajouté en appelant à Mme Power à « se montrer impartiale ».

De telles accusations bafouent « la présomption d’innocence », a affirmé le diplomate russe. « C’est quelque chose qui ne peut être décidé que par des procédures légales ».

Le réquisitoire spectaculaire de Mme Power est inhabituel dans le cadre d’une session du Conseil. Mais des enquêtes de l’ONU et d’organisations de défense des droits de l’homme ont déjà mis en cause nommément des unités militaires syriennes, notamment le dernier rapport d’enquête de l’ONU sur des attaques chimiques commises en Syrie en 2014 et 2015.

Le Conseil a la possibilité de saisir la Cour pénale internationale des exactions commises en Syrie mais les tentatives de le faire ont pour l’instant été bloquées par un veto russe.

Parmi les noms cités par Mme Power figurent cinq généraux de division, Adib Salameh, Jawdat Salbi Mawas, Tahir Hamid Khalil, Jamil Hassan et Rafiq Shihadeh, ainsi que cinq généraux de brigade et deux colonels.

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