Tel père, tel fils: quoi qu’en dira Trump, Justin Trudeau rencontrera les dirigeants cubains à La Havane

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Une rue de La Havane, avec en fond le capitole cubain. (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)
Une rue de La Havane, avec en fond le capitole cubain. (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Au moment où l’élection de Donald Trump jette une ombre sur la poursuite du processus de normalisation des relations entre les États-Unis et l’île communiste amorcé par l’administration Obama, le premier ministre Justin Trudeau sera, lui, à Cuba mardi pour y rencontrer les dirigeants de l’île communiste, comme l’avait fait son père il y a quarante ans.

Le premier ministre canadien effectuera du 15 au 18 novembre des visites officielles à Cuba et en Argentine, puis se rendra ensuite au Pérou du 19 au 20 novembre pour participer à la Réunion des dirigeants de l’Organisation de coopération économique Asie-Pacifique (APEC) de 2016.

La visite de Justin Trudeau à Cuba sera la première d’un premier ministre canadien depuis celle du libéral Jean Chrétien en 1998.

Le Canada entretient depuis longtemps des liens solides avec Cuba et l’Argentine, souligne le bureau du premier ministre. Dans le cadre des visites officielles, le premier ministre rencontrera le président cubain Raúl Castro, le président argentin Mauricio Macri, ainsi qu’un certain nombre de chefs d’entreprises locales et de leaders culturels.

Le Canada est le seul pays des Amériques avec le Mexique à n’avoir jamais rompu ses relations avec La Havane après la révolution, malgré des pressions significatives de la part de Washington.

De plus, en contradiction avec la politique étrangère américaine, le premier ministre conservateur canadien John Diefenbaker n’a pas craint de s’opposer au blocus américain mis en place le 3 février 1962 à la suite de nationalisations expropriant des compagnies américaines.

Puis, au grand dam de Washington, le premier ministre Pierre Elliott Trudeau, père de Justin, était même devenu en janvier 1976, en pleine guerre froide le premier dirigeant d’un pays de l’OTAN à se rendre à Cuba.

Et en 2000, témoin du lien fort qui l’unissait à l’ex premier ministre canadien, Fidel Castro s’était déplacé pour assister aux funérailles de Pierre Elliott Trudeau.

Le Canada et Cuba entretiennent une relation diversifiée qui se fonde sur 71 années d’engagement diplomatique ininterrompu et de coopération constructive dans différents domaines, souligne aujourd’hui Ottawa.

Le commerce bilatéral de marchandises entre nos deux pays est évalué à plus d’un milliard de dollars par année. Et aujourd’hui, les Canadiens forment le plus important contingent de touristes étrangers dans l’île, avec 1,3 million de visiteurs l’an dernier, soit près de 40 % du total.

Quelques jours avant le scrutin du 8 novembre dont il est sorti victorieux, le nouveau président américain désigné a déclaré lors d’un rassemblement en Floride – qui abrite des centaines de réfugiés cubains – qu’il déchirerait l’accord avec Cuba, sauf s’il obtenait une meilleure entente avec La Havane.

Le gouvernement de Raul Castro a envoyé un bref message de félicitations au vainqueur de la présidentielle américaine, mais, comme pour défier Donald Trump, l’armée cubaine amorce cinq jours d’entraînement militaire seulement quelques heures avant l’arrivée du premier ministre canadien à La Havane.

L’armée cubaine a averti les citoyens qu’ils verraient et entendraient des soldats, des avions et même des explosions «où ce sera requis» partout au pays.

C’est la première fois en trois ans que ces exercices, instaurés lors de la présidence de Ronald Reagan en 1980, se dérouleront. L’annonce publiée dans le quotidien Granma, l’organe officiel du Comité central du Parti communiste cubain, explique que l’armée a besoin de «répondre à différentes actions des ennemis» – faisant référence aux États-Unis.

Quant au Justin Trudeau, qu’en dira Trump, il rendra visite aux dirigeants cubains à La Havane et pourrait même y rencontrer Fidel Castro. lui-même.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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