Un groupe armé pakistanais dit coopérer avec l’EI et Al-Qaïda

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Des secouristes après une explosion à Lahore (est du Pakistan), le 27 mars 2016. (AFP/ARIF ALI)
Des secouristes après une explosion à Lahore (est du Pakistan), le 27 mars 2016. (AFP/ARIF ALI)

Un groupe islamiste armé pakistanais a indiqué coopérer à la fois avec les organisations jihadistes Etat islamique et Al-Qaïda pour mener des attaques dans le pays.

Ali Bin Sufyan, porte-parole de la faction Al Alami du groupe pakistanais anti-chiite Lashkar-e-Jhangvi (LeJ), a affirmé que sa faction travaillerait avec « quiconque nous aidera contre l’armée pakistanaise ».

Le LeJ, un groupe interdit ayant revendiqué nombre des pires attentats menés contre la minorité chiite, a retourné ses armes contre le gouvernement ces dernières années.

L’an dernier, une bonne partie de la direction du groupe a été abattue, officiellement lors d’un accrochage avec la police pakistanaise, en pleine campagne de répression des autorités contre la myriade de groupes armés semant le chaos depuis des années dans le pays.

Mais le groupe semble toujours actif, et son affirmation qu’il travaille avec l’EI met en lumière une tendance nouvelle et inquiétante.

« L’EI est sous pression en Syrie et en Irak, donc il s’allie avec de petits groupes locaux au Pakistan et au Bengladesh, pour affimer son autorité et élargir son emprise », estime l’expert en sécurité Amir Rana.

Les groupes comme le LeJ sont un « allié naturel » pour l’EI, a-t-il indiqué à l’AFP.

Les responsables pakistanais ont longtemps démenti toute présence de l’EI au Pakistan, mais le groupe basé au Moyen-Orient a revendiqué plusieurs attaques de grande ampleur ces derniers mois, notamment dans la province instable du Balouchistan.

Selon M. Sufyan, toute collaboration avec des groupes comme l’EI restera « limitée uniquement aux activités et opérations au Pakistan ».

L’émergence de l’EI au Pakistan serait un coup dur pour l’offensive partiellement fructueuse contre les insurgés islamistes locaux. Cela interviendrait au moment où le principal rival de l’EI, al-Qaïda, perd du terrain dans ce qui était considéré comme son fief.

M. Sufyan a aussi affirmé que son groupe soutenait le mouvement séparatiste au Balouchistan, qualifiant de « frères » les activistes revendiquant leur indépendance depuis des décennies.

L’AFP n’a pas pu confirmer cette affirmation auprès des séparatistes baloutches, qui ont par le passé accusé l’Etat pakistanais de manipuler le LeJ pour s’en prendre indirectement à eux.

Cet exemple rare d’un groupe islamiste armé soutenant le mouvement nationaliste est un autre signe du revirement de cette faction.

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