Vladimir Poutine salue la victoire de Donald Trump

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Le président russe, Vladimir poutine, lors de son adresse à la nation à l'occasion du Nouvel An le 1er janvier 2016. (Service de presse du Kremlin)
Le président russe, Vladimir poutine, lors de son adresse à la nation à l’occasion du Nouvel An le 1er janvier 2016. (Service de presse du Kremlin)

Remis à jour le 10/11/2016 à 8h10

Le président russe Vladimir Poutine a félicité mercredi Donald Trump pour son élection à la Maison-Blanche et dit espérer une amélioration des relations russo-américaines.

M. Poutine a «exprimé l’espoir que (soit mené) un travail mutuel pour sortir les relations entre la Russie et les États-Unis de leur situation critique», a annoncé le Kremlin dans un communiqué.

Il a également «dit être certain qu’un dialogue constructif sera établi entre Moscou et Washington, basé sur des principes d’égalité, de respect mutuel, de prise en compte réelle des positions des uns et des autres, dans l’intérêt de (leurs) peuples et de la communauté internationale», selon le Kremlin.

Le républicain Donald Trump, élu mercredi 45e président des États-Unis, a été plusieurs fois accusé par sa rivale démocrate Hillary Clinton d’être la «marionnette» de Vladimir Poutine.

Moscou a également été soupçonnée par Washington d’avoir cherché à peser sur la campagne en faveur de Donald Trump en orchestrant une fuite de 20 000 messages de cadres du Parti démocrate.

De son côté, Trump a plusieurs fois loué les qualités de dirigeant de Vladimir Poutine et dit espérer avoir une «très bonne relation» avec lui.

Le président russe a pour sa part déjà qualifié M. Trump d’«homme brillant et plein de talent», disant apprécier le fait qu’il soit «prêt à rétablir entièrement les relations russo-américaines».

Mais Moscou n’est pas «pas euphorique»

La Russie n’est «pas euphorique» après la victoire à la présidentielle américaine de Donald Trump, qui pourrait s’avérer tout aussi «antirusse» que son prédécesseur, a toutefois estimé jeudi le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov.

«Il n’y a aucune euphorie. (…) Je ne voudrais pas qu’on donne l’impression que nous sommes pleins de beaux espoirs», a déclaré M. Riabkov à l’agence de presse russe Interfax.

«Les positions sur la Russie que (Donald Trump) a exprimées et celles qu’ont exprimé les représentants de sa campagne et de son cercle proche sont assez dures» à l’égard de Moscou, a-t-il poursuivi.

«Nous n’avons aucune raison de changer de point de vue: la campagne électorale aux États-Unis a été marquée de fait par un consensus antirusse au sein des deux partis», a ajouté M. Riabkov.

Ces commentaires du vice-ministre des Affaires étrangères détonnent avec ceux précédemment formulés par les responsables russes et la télévision publique, davantage favorables au milliardaire républicain qu’à sa rivale démocrate, perçue comme particulièrement hostile aux intérêts de Moscou.

Donald Trump, élu 45e président des États-Unis, a été plusieurs fois accusé par Hillary Clinton d’être la «marionnette» de Vladimir Poutine.

Le président russe, qui a félicité M. Trump pour sa victoire, s’est dit mercredi «prêt à faire sa partie du chemin» pour restaurer ses relations avec Washington, qualifiant ce chemin de «difficile».

M. Riabkov a pour sa part indiqué jeudi que Moscou avait eu des contacts avec l’équipe du nouveau président américain, sans donner plus de précisions.

«Nous n’attendons rien de spécial de la nouvelle administration américaine», a-t-il souligné.

La Russie et les États-Unis connaissent de graves tensions en raison de leur opposition sur le conflit syrien et la crise ukrainienne.

Cette détérioration de leur relation, inédite depuis la fin de la guerre froide, a débuté par l’annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée en mars 2014 par la Russie, accusée par les États-Unis de soutenir les rebelles prorusses dans l’est de l’Ukraine.

Inquiétude en Europe

L’élection de Donald Trump à la Maison Blanche a été accueillie mercredi avec inquiétude et souvent froideur dans le monde où l’extrême droite s’est a contrario félicitée – la Française Marine Le Pen en tête – de l’avènement d’une nouvelle ère.

La victoire de M. Trump « ne me réjouit pas » mais, « librement élu », il a droit « à ce qu’on lui donne une chance », a observé le président du Parlement européen, Martin Schulz.

Plus pessimiste, le président français François Hollande a jugé que « cette élection américaine ouvrait une période d’incertitude ».

Il a appelé l’Europe à resserrer les rangs peu après une réaction enthousiaste du Premier ministre hongrois Viktor Orban, populiste de droite, qui se félicitait d’une « excellente nouvelle ».

Une réunion spéciale des ministres des Affaires étrangères de l’UE a été convoquée dimanche à Bruxelles.

L’ONU compte sur le président élu des États-Unis Donald Trump pour l’aider à lutter contre le réchauffement climatique et à promouvoir les droits de l’homme, a pour sa part déclaré mercredi le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon.

Prudence à Ottawa

Source d’inquiétude pour le gouvernement Trudeau, Donald Trump a répété à plusieurs reprises son « intention de renégocier » le traité de libre-échange nord-américain. Il s’oppose aussi à la ratification du Partenariat transpacifique (TPP) par les États-Unis. Et la signature d’un nouvel accord sur le bois d’oeuvre entre Ottawa et Washington ne fait pas partie de ses priorités.

«Les tendances protectionnistes qui ont émergé au cours des derniers mois de campagne électorale nous inquiètent », a affirmé Yves-Thomas Dorval, président-directeur général du Conseil du patronat du Québec, cité par La Presse et qui a invité au passage M. Trudeau « à entreprendre le plus rapidement possible des discussions sur ce sujet avec son nouvel homologue américain ».

«Il est crucial que notre gouvernement réussisse à inscrire rapidement à l’ordre du jour des dossiers qui nous sont importants de sorte que la voix du Canada ne se perde pas dans ce bavardage mondial», a soutenu pour sa part Perrin Beatty, président de la Chambre de commerce du Canada.

Justin Trudeau a de son côté mis beaucoup de temps à réagir à la victoire de Donald Trump.

Le communiqué de presse du bureau du premier ministre bureau a été publié près de cinq heures après qu’Hillary Clinton eut concédé la victoire. « Au nom du gouvernement du Canada, j’aimerais féliciter Donald J. Trump pour son élection à la présidence des États-Unis. Le Canada n’a pas d’ami, de partenaire ou d’allié plus proche que les États-Unis. Nous sommes impatients de travailler de très près avec le président désigné, M. Trump, et avec son administration et le Congrès des États-Unis au cours des prochaines années, notamment sur les dossiers du commerce, de l’investissement ainsi que de la paix et de la sécurité internationales ».

Et comme le veut la tradition, Justin Trudeau a également invité Donald Trump à se rendre au Canada durant son tout premier voyage à l’étranger, une fois qu’il aura prêté serment.

*Avec AFP

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