Cérémonie d’assermentation conjointe Force Régulière-Première Réserve 100% féminine (PHOTOS/VIDÉO)

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Mardi 13 décembre 2016 avait lieu une Cérémonie d’assermentation conjointe Force Régulière-Première Réserve du Centre de recrutement des Forces armées canadiennes Québec, Détachement Montréal (CRFC Québec Dét. Montréal) cent pour cent féminine. (Jacques N. Godbout/45eNord.ca)
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Place à la relève au féminin et sus aux délais: mardi matin avait lieu une Cérémonie d’assermentation conjointe Force Régulière-Première Réserve du Centre de recrutement des Forces armées canadiennes Québec, Détachement Montréal (CRFC Québec Dét. Montréal) 100% féminine.

Et attention, précisent bien les responsables militaires, « ces jeunes citoyennes ont été choisies par l’entremise d’un processus de sélection rigoureux, en raison de leur potentiel ainsi que de leurs réalisations sportives, académiques et sociétaires ».

Le capitaine Yves Pelletier, commandant du CRFC Québec Détachement Montréal, accompagné de son invité d’honneur la lieutenant-colonel Sylvie Pelletier, commandant du 2e Régiment d’artillerie de campagne, ont en effet procédé au Manège militaire Côte-des-Neiges à l’enrôlement de 25 femmes au sein de la Force régulière et de la Première réserve.

L’invité d’honneur, la lieutenant-colonel Pelletier, qui contrairement aux recrues d’aujourd’hui n’avait pas de modèles féminins, fait partie des pionnières. Elle a entrepris sa carrière militaire en 1989 en joignant le 2e Régiment d’artillerie de campagne (2 RAC) à une époque où les Forces armées étaient encore plus qu’aujourd’hui dominées par les hommes. Mais, le 23 mai 2015, elle est devenu la première femme à commander le Régiment.

C’est donc avec une fierté particulière qu’elle a co-présidé cette cérémonie où 25 jeunes femmes ont amorcé leur carrière militaires dans une multitudes de métiers, fantassin, physiothérapeute, technicien de véhicules, sapeur de combat, policier militaire, etc, illustrant éloquemment que tous les métiers dans les Forces armées canadiennes sont ouverts aux femmes.

La commandante du 2 RAC et invité d’honneur ne cache pas que cette assermentation entièrement composée de femmes vise à montrer que les Forces sont vraiment ouvertes à offrir tous les métiers à tout le monde, « C’est tout à fait normal dans notre société que les femmes puisent s’enrôler autant que les hommes. »

Les Forces armées canadiennes offrent plus de 100 métiers et 12 programmes de formation au sein de la Force régulière et de la Force de la Réserve, avec des offres d’emplois et carrières très attrayants.

Elles offrent également des études subventionnées dans des métiers techniques, des diplômes d’études collégiales (DEC) et des diplômes universitaires, permettant l’obtention du brevet d’officier.

Ces jeunes femmes, qui représenteront la Marine Royale canadienne, l’Armée canadienne et l’Aviation Royale canadienne, débuteront maintenant leur formation militaire avec un cours de qualification militaire élémentaire.

Le commandant du CRFC Québec Détachement Montréal ne cache toutefois pas pour sa part que le recrutement des femmes se butent encore à des préjugés, notamment qu’il sera impossible de concilier le travail militaire et la famille, ce qui n’est plus vrai aujourd’hui, d’insister le capitaine.

Quant au problème de l’inconduite sexuelle au sein des Forces armées, sans nier son impact sur le recrutement, le capitaine Pelletier souligne l’importance qu’accorde l’état-major, avec l’Opération HONNEUR, à sa résolution: « Le sérieux qu’on donne au dossier démontre que les Forces armées canadiennes prennent le sujet extrêmement au sérieux, C’est un sujet prioritaire. Il n’y a aucune place pour le harcèlement dans les Forces armées canadiennes. »

« Parce qu’on est en 2016 »

Rencontrée sur place, Vicky François, qui a choisi de servir dans la Première Réserve comme administratrice des ressources humaines au 34e Bataillon des services à Saint-Hubert, affirme pour sa part que c’est l’envie de relever des défis qui l’a motivé à s’enrôler. « J’aime l’aventure, j’aime beaucoup découvrir les choses et, évidemment, j’aime mon pays, et les Forces, c’est le meilleur endroit où relever des défis ».

Mais elle ne cache pas que les problèmes très médiatisés des agressions sexuelles et les résultats décevants du dernier sondage de Statistique Canada auprès de 45 000 militaires sur l’inconduite sexuelle au sein des Forces armées canadiennes, s’ils ne l’ont pas troublé, elle, ont inquiété les membres de sa famille et de son entourage qu’elle a dû rassurer.

« Avec le temps, les femmes s’intègrent de mieux en mieux dans le milieu des forces et j’ai été accueillie », témoigne-t-elle. Pour Vicky, en 2016 « Est-ce qu’une femme a plus de chance de réussir, la question ne se pose même plus. Il ne doit pas y avoir de limites pour les femmes, que ce soit dans les Forces ou ailleurs », conclut-elle avec aplomb.

Les Forces armées canadiennes offrent plus de 100 métiers et 12 programmes de formation au sein de la Force régulière et de la Force de la Réserve, avec des offres d’emplois et carrières très attrayants.

Elles offrent également des études subventionnées dans des métiers techniques, des diplômes d’études collégiales (DEC) et des diplômes universitaires, permettant l’obtention du brevet d’officier.

L’enrôlement accéléré bientôt étendu à tout le Canada

Alors que les problèmes de délais dans le traitement des dossiers rend difficile l’atteinte des objectifs de recrutement, que ce soit dans la Réserve ou la Force régulière, en Nouvelle-Écosse, le 36e Groupe-brigade du Canada entreprend l’évaluation de l’essai de l’enrôlement accéléré dans la Première réserve.

Il s’agit là d’un projet pilote et le processus d’enrôlement accéléré devrait bientôt être étendu à tout le Canada, nous ont révélé le commandant du CRFC Québec Détachement Montréal et la commandante du 2 RAC en marge de cette cérémonie.

L’enrôlement accéléré se fonde sur un processus modifié visant à recruter les candidats dans la Réserve de l’Armée après deux visites prévues à l’unité à laquelle ils veulent se joindre. Une fois qu’un candidat devient une recrue, les étapes de traitement restantes auront lieu en même temps que l’instruction initiale des recrues.

« Le processus sera donc beaucoup accéléré », analyse pour sa part la lieutenant-colonel Pelletier.

Bref, tolérance zéro en matière d’inconduite sexuelle, place au femmes et processus d’enrôlement accéléré devraient permettre d’atteindre les objectifs de recrutement et, qui sait, de s’en fixer de plus ambitieux, à faire rougir le vérificateur général…