La Chine serait en train de déployer des armes sur sept îlots en mer de Chine méridionale

Vue aérienne en date du 11 mai 2015 de l'archipel des Spratleys en mer de Chine méridionale. (POOL/AFP/Archives/Ritchie B. Tongo)
Temps de lecture estimé : 2 minutes
La Chine aurait construit des systèmes de défenses localisés sur chacun de ces avant-postes des îles Spratleys. (Archives/Lignes de défense)

Il semblerait que la Chine ait déployé des systèmes d’armements sur chacun des sept îlots qu’elle a repris en mer de Chine méridionale, selon des photos dévoilées par un think tank de Washington.

Le think tank Asia Maritime Transparency Initiative a repéré en juin et juillet des constructions identiques hexagonales. Ces structures seraient utilisées comme abris pour matériel militaire sur les îlots de Fiery Cross, Mischief and Subi, où la Chine a déjà terminé la construction de pistes d’atterrissage militaires et a effectué l’installation de radars.

La Chine aurait construit des systèmes de défenses localisés comme des défenses contre les aéronefs (DCA – canons antiaériens), sur chacun de ces avant-postes des îles Spratleys.

« Il semblerait que ces bâtiments soient une modification des fortifications de défense déjà construites sur les récifs de Gaven, Hughes, Johnson, et Cuarteron, » explique l’unité AMTI du Center for Strategic and International Studies, sur son site.

Selon le National Post, ces installations remettent en question l’engagement fait par le président chinois Xi Jinping de ne pas militariser les îlots revendiqués de cette région maritime, où se trouve une route maritime de cinq trilliards de dollars que la marine américaine emprunte sans contestation depuis la Seconde Guerre mondiale. Les revendications de Pékin pour plus de 80 pour cent de ces eaux ont été rejetées par un tribunal international en juillet, mais Pékin dit ignorer cette décision.

Le président américain Donald Trump a attaqué la politique de défense de la Chine, qui selon lui « construit une énorme forteresse en mer de Chine méridionale. » Cela fait partie d’une de ses raisons pour avoir établi une approche conflictuelle envers Pékin après avoir défendu sa décision d’accepter un appel du président taïwanais.

« C’est drôle, les États-Unis envoient des milliards de dollars d’équipement militaire à Taïwan mais je ne devrais pas être autorisé à recevoir un appel de félicitations. » avait tweeter le président Trump début décembre.

Ces propos remettent en question la politique américaine qui vise à reconnaître Pékin comme la capitale de la Chine et de Taiwan, et a entraîné des tensions diplomatiques entre les deux pays.

Le ministre de la défense chinois, Chang Wanquan, a dit dans un rapport jeudi 15 décembre que les installations d’infrastructures de défense dans la mer de Chine méridionale étaient « justifiées et légales. » Auparavant, le ministère des affaires étrangères avait déclaré que cela faisait partie de la responsabilité de la Chine à fournir des services publics dans la région.

La fonction de ces canons antiaériens serait de détecter et éliminer l’arrivée de missiles et d’aéronefs ennemis, a expliqué l’unité du think tank AMTI.

« Ces canons illustrent le fait que Pékin est sérieux au sujet de la défense de ces îlots artificiels en cas d’action armée en mer de Chine » précise AMTI. Entre autres, ces systèmes militaires seraient « la dernière ligne de défense contre le lancement de missiles de croisière depuis les États-Unis, ou depuis d’autres bases américaines. »