L’ambassadeur letton au Canada défend la mission de l’OTAN

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Un CF18 Hornet vole en formation avec deux aéronefs MiG-21 LanceR roumains, le 22 mai 2014, près de Câmpia Turzii, en Roumanie, où la force opérationnelle aérienne du Canada participe aux mesures d’apaisement de l’OTAN. (Mat 1 Alex Roy/3e Escadre Bagotville)
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Un CF-18 vole en formation avec deux aéronefs MiG-21 roumains, le 22 mai 2014, près de Câmpia Turzii, en Roumanie. (Archives/Mat 1 Alex Roy/3e Escadre Bagotville)

L’ambassadeur de Lettonie au Canada, Karlis Eihenbaums, a défendu la décision de l’OTAN d’envoyer un groupe de combat Canadien en Lettonie en 2017. Ce commentaire suit les propos du diplomate russe au Canada, Alexandre Darchiev, qui a suggéré que cette acte de dissuasion envers la Russie était inefficace et qu’Ottawa devrait coopérer avec Moscou afin de combattre le terrorisme.

Selon The Globe and Mail, M. Eihenbaums a déclaré que c’est l’hostilité de Moscou qui rend le déploiement nécessaire, donnant l’example du développement et de l’expansion de leurs capacités militaires sur le territoire russe dans les territoires adjacent aux pays dans l’est de l’Union Européenne (UE) comme la Pologne et la Lettonie.

M. Darchiev avait déclaré que cette décision prise par le gouvernement canadien était mauvaise pour la sécurité européenne, se référant à la menace du terrorisme.

Néanmoins, M. Eihenbaums a appuyé le fait que la hausse de la présence de l’OTAN sur le flanc est de l’UE, tels que l’envoi d’avions de chasse britanniques en Roumanie et de chars d’assaut américains en Pologne, aie été encouragée par l’annexation russe de la Crimée en 2014, et du soutien continuel au militants pro-russes dans l’est de l’Ukraine.

L’envoyé au Canada a aussi mentionné la décision des russes de placer des missiles Iskander dans l’enclave baltique de Kaliningrad, non loin de la Lituanie et de la Pologne. Ces missiles ayant la capacité de transporter des ogives nucléaires et qui possèdent une portée de plusieurs centaines de kilomètres.

Un rapport de Reuters publié le mois dernier annonçait le nouveau programme russe de militarisation de la péninsule criméenne, qui consiste à améliorer de nombreuses infrastructures soviétiques dans la région, construire de nouvelles bases militaires et d’y poster des soldats.

« Il y a aussi le déploiement, ou la hausse du déploiement [de soldats russes] vers les frontières avec la Lettonie, » a ajouté M. Eihenbaums.

L’ambassadeur russe a aussi dit que les déploiement de quatre bataillons multinationaux en Estonie, Lettonie, Lituanie et en Pologne signalent une action importante pour ces pays. « C’est un acte symbolique. Nous devons tous comprendre que 1 000 ou 2 000 troupes ne font pas la différence sur le champ de bataille, mais cela est raisonnable du point de vue de la psychologie européenne: c’est comprendre que nous ne sommes pas seuls. »

« Cette forme de dissuasion montre notre force, le fait que nous ayons une ‘colonne vertébrale’ en quelque sorte, ce n’est pas la même chose que de montrer un poing. Cela inspire le respect, » continue M. Eihenbaums, « et le respect facilite le dialogue. »

Lors d’un interview avec CTV, M. Darchiev avait expliqué que l’OTAN était une « relique de la Guerre Froide », et que le monde unipolaire avec une seule superpuissance était terminé. Il a aussi parlé d’un retour à la « realpolitik », une stratégie politique qui s’appuie sur le pragmatique et qui néglige les questions éthiques et idéologiques.

L’ambassadeur russe pense qu’il est temps d’établir un nouvel accord similaire à celui de la conférence de Potsdam en 1945, au cours de duquel les États-Unis, l’Union Soviétique et d’autres pouvoirs avait résolut leurs désaccords et établit des règles.

M. Eihenbaums a décrit les propos de M. Darchiev comme « alarmants », expliquant qu’il mentionne une période historique révolue lors de laquelle les grandes puissances « découpaient le monde entre elles » autour d’une table. Cette manière de voir le monde a eu de « graves conséquences » a conclut l’envoyé.

Pendant que la Russie intensifie sa présence militaire en Europe de l’est, l’Ukraine a conduit des tests de missiles début décembre non loin de la Crimée. Cette action à conduit la Russie à placer ces défenses terrestres et aériennes embarquées dans la péninsule en alerte.

Selon l’ONU, au moins 9,758 personnes ont perdu la vie en Ukraine de l’est depuis avril 2014. La Russie continue de nier son intervention dans le conflit.

Le combat et les tirs ont lieu quotidiennement malgré un cessez-le-feu mis en place par les présidents Vladimir Poutine et Petro Poroshenko en février 2015.

L’Ukraine a annoncé qu’au moins cinq de ces soldats ont été tué lors d’hostilités à côté de la ville de Debaltseve en début de semaine.