Le testament de Kerry: la solution à deux États seule voie pour la paix entre Palestiniens et Israéliens

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Le secrétaire d’État américain John Kerry a réaffirmé mercredi que la solution à deux Etats était « la seule voie possible pour obtenir une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens », et pour préserver la démocratie dans l’État hébreu.

Cette solution à deux États est « en grave danger », a prévenu M. Kerry, qui doit quitter ses fonctions le 20 janvier, dans un grand discours exposant la vision de l’administration du président sortant Barack Obama sur le Proche-Orient.

L’adoption d’une résolution à l’ONU vendredi condamnant les colonies israéliennes sur laquelle les États-Unis n’ont pas opposé de veto et qui a provoqué la colère de l’Etat hébreu « visait à préserver la solution à deux États », a expliqué M. Kerry.

« Aujourd’hui, le même nombre de Juifs et de Palestiniens vivent entre le Jourdain et la mer Méditerranée », a-t-il souligné.

« Ils n’ont pas le choix. Il peuvent choisir de vivre ensemble dans un État, ou ils peuvent se séparer en deux États ».

« Mais il y a une réalité fondamentale: si le choix est celui d’un seul Etat, Israël peut être soit Juif soit démocratique –il ne peut pas être les deux– et il ne sera jamais vraiment en paix », a noté M. Kerry.

« Comment Israël peut-il concilier son occupation perpétuelle avec ses idéaux démocratiques? », a encore demandé le chef de la diplomatie américaine.

« C’est ce que nous défendons: l’avenir d’Israël en tant qu’État juif et démocratique, vivant en paix et en sûreté à côté de ses voisins », a-t-il ajouté.

Pour la première fois depuis 1979, les États-Unis n’ont pas mis leur veto à une résolution de l’ONU condamnant les colonies israéliennes. Leur abstention a permis l’adoption de la résolution, approuvée par les 14 autres membres du Conseil de sécurité.

Le secrétaire d’Etat américain a accusé Israël d’avoir engagé « un projet exhaustif pour s’approprier des terres en Cisjordanie qui empêche toute implantation des Palestiniens là-bas ».

La politique des colons « est en train de décider de l’avenir d’Israël. Leur objectif déclaré est clair: ils croient en un seul État, le grand Israël », a dénoncé le chef de la diplomatie américaine.

« Quiconque réfléchissant sérieusement à la paix ne peut ignorer la réalité de la menace des colonies sur la paix », a-t-il ajouté.

Avant le discours de M. Kerry, le futur président Donald Trump avait de nouveau apporté son soutien à Israël, dont les relations avec l’administration Obama sont notoirement exécrables.

« Nous ne pouvons pas continuer à laisser Israël être traité avec un total mépris et un tel manque de respect », a écrit le milliardaire, qui a nommé récemment un ambassadeur en Israël favorable au déménagement de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, un geste qui pourrait sonner le glas des efforts de l’Amérique pour la paix au Proche-Orient.

Les Israéliens « étaient habitués à avoir un grand ami aux Etats-Unis, mais ce n’est plus le cas. Le début de la fin a été cet horrible accord avec l’Iran (sur la politique nucléaire, NDLR), et maintenant (l’ONU)! Reste fort Israël, le 20 janvier est très proche! », a ajouté le président élu.

Ces relations tendues avec l’administration Obama n’ont pas empêché Israël de se voir octroyer il y a quelque semaines une aide militaire de 38 milliards de dollars sur dix ans.

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