Mali: l’aéroport de Gao impraticable à la suite d’un attentat djihadiste

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Au cours des dernières 36 heures, les forces engagées dans l’opération Serval ainsi que plusieurs unités maliennes ont conduit des opérations aéroterrestres qui ont permis de s’emparer de l’aéroport et du pont de Gao et de détruire plusieurs groupes terroristes (Photo: EMA)
L’aéroport de Gao en janvier 2013 que venaient alors de reprendre au djihadistes les troupes de l’opération Serval et des unités maliennes. (Archives/EMA)

L’aéroport de Gao, principale ville du nord du Mali, est impraticable pour une durée indéterminée à la suite de l’attentat jihadiste qui l’a visé mardi soir, provoquant d' »importants dégâts », a annoncé jeudi la Mission de l’ONU au Mali (Minusma).

Selon les premières informations recueillies mardi soir par l’AFP de sources au sein de la Minusma et de l’armée malienne, l’attentat suicide à la voitue piégée s’est soldé par la mort de son auteur.

Mais la Minusma a précisé jeudi dans un communiqué que deux véhicules au total avaient été impliqués dans l’attaque.

L’un de ces véhicules, « chargé d’explosifs », a détruit les installations en préfabriqués qui « abritaient nos services d’aviation », a indiqué la force de l’ONU.

« Les importants dégâts matériels (installations, débris sur la piste) rendent pour l’instant l’aéroport impraticable, il est temporairement fermé. Le nettoyage débutera une fois tout danger écarté », selon le texte.

Le deuxième véhicule « a été abandonné sur place, il contenait 500 kg d’explosifs et de nombreux obus qui doivent être neutralisés aujourd’hui » (jeudi), a précisé la Minusma.

L’attentat a été revendiqué dans un communiqué le soir même par le groupe du djihadiste algérien Mokhtar Belmokhtar, soulignant que l’aéroport de Gao est l’un des sites les plus importants pour les forces étrangères au Mali.

Belmokhtar, un des djihadistes les plus redoutés du Sahel, rallié à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) depuis un an, donné pour mort à de multiples reprises, aurait péri dans une frappe aérienne française en Libye en novembre, avec le concours des services de renseignement américains, a affirmé lundi un responsable américain.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda, à la faveur de la déroute de l’armée face à la rébellion à dominante touareg, d’abord alliée à ces groupes qui l’ont ensuite évincée.

Ces groupes en ont été en grande partie chassés à la suite du lancement en 2013, à l’initiative de la France, d’une intervention militaire internationale, qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères, malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix censé isoler définitivement les jihadistes, dont l’application accumule les retards.

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