Nouveaux retards dans la construction des navires ravitailleurs et du brise-glace

De conception allemande, les NCSM Queenston et Châteauguay seront construits à partir de 2016 (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)
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De conception allemande, les NCSM Queenston et Châteauguay seront construits à partir de 2016 (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)
De conception allemande, les NCSM Queenston et Châteauguay auront un peu de retard sur l’échéancier. (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Des documents déposés à la Chambre des communes cette semaine révèlent que les futurs navires de soutien interarmées pour la Marine royale canadienne et brise-glace polaire pour la Garde-côtière canadienne auront encore plus de retards qu’initialement prévu.

C’est le chantier naval de Seaspan, à Vancouver (Colombie-Britannique) qui doit construire les trois navires l’un après l’autre. L’an dernier, le gouvernement annonçait que les navires de soutien interarmées devaient être livrés dès 2020 et le brise-glace polaire en 2021. Or, les nouveaux documents indiquent un report dans ces dates, soit désormais 2021, au plus tôt, pour les deux navires de la Marine royale canadienne, tandis que l’achèvement du Diefenbaker est lui aussi repoussé vers 2022 voire 2023.

Les délais seraient dus à des difficultés rencontrées dans la conception de plans détaillés et dans la gestion de la chaîne d’approvisionnement.

À l’origine même du projet, au dévoilement de la stratégie navale, en 2010, la mise à l’eau des trois vaisseaux – très attendus – était même prévue pour 2018. Avec les retards accumulés, le gouvernement fédéral a été obligé d’injecter plusieurs millions de dollars dans des travaux et alternatives pour prolonger la durée de vie des navires.

Ainsi, en novembre dernier, la Garde-côtière canadienne disait envisager la location de cinq brise-glaces dans le secteur privé pour combler le vide laisser par la future décommission du Louis S. St-Laurent et la livraison du Diefenbaker.

Du côté de la Marine royale canadienne, ce sont deux solutions temporaires qui ont été privilégiés en attendant la livraison des deux navires de soutien interarmées, les NCSM Châteauguay et Queenston. La première solution temporaire est l’appui des alliés du Canada avec la location de deux navires auprès de l’Espagne et du Chili. Par la suite, et dès 2017, un navire civil transformé par le chantier Davie, à Lévis (Québec) sera disponible afin d’assurer l’approvisionnement en essence et en nourriture des vaisseaux de la marine en mer.

Navires de soutien interarmées

Les navires de soutien interarmées doivent augmenter le rayon d’action et l’autonomie des groupes opérationnels navals en leur permettant de rester en mer durant de longues périodes sans avoir à faire escale pour se ravitailler. Ils serviront également de base principale pour la maintenance et l’utilisation des hélicoptères, en plus d’offrir une capacité de transport maritime limitée et d’assurer le soutien des opérations à terre. Ils remplaceront les pétroliers ravitailleurs d’escadre de la classe Protecteur de la Marine royale canadienne mis hors service en 2015 et 2016, après 46 ans de navigation en mer.

Brise-glace polaire

Le brise-glace polaire sera le brise-glace conventionnel le plus grand et le plus performant du Canada, et l’un des plus puissants du monde, selon les dires du Ministère des Travaux publics. Fleuron de la présence canadienne dans l’Arctique, ce brise glace doit renforcer de façon significative la capacité du Canada à être présent dans les eaux arctiques toute l’année. Il sera en mesure de mener de façon constante des opérations plus au nord, dans des conditions de glace plus difficiles, et pendant une plus longue période chaque année qu’à l’heure actuelle. Il remplacera le brise-glace le plus grand et le plus puissant de la Garde côtière canadienne, le NGCC Louis S. St-Laurent, qui doit être décommissionné en 2017, après 50 ans de service rendu. Le nouveau brise-glace polaire pourra accueillir deux hélicoptères de transport moyen et des cargaisons importantes.