Opérations de paix: Ottawa repousse sa décision

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Le ministre de la Défense Harjit Sajjan, à Londres, le 8 septembre 2016. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)
Le ministre de la Défense Harjit Sajjan, à Londres, le 8 septembre 2016. (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Bien que l’on attendait une décision avant Noël sur le choix du ou des pays vers lesquels se dirigeront 600 Casques bleus canadiens, Ottawa a finalement décidé de prendre un peu plus de temps et de ne rien annoncer avant les fêtes de fin d’année, repoussant l’échéance à début 2017.

La mission doit durer au moins trois ans, avec une réévaluation chaque année.

Alors qu’il assistait à la période des questions au gouvernement, le ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan, a dit vouloir prendre le temps de bien faire les choses. «Beaucoup de travail a été fait. Mais il y a encore du travail qui doit être fait pour faire en sorte que nous coordonnons et synchronisons nos efforts internes en tant que gouvernement, et aussi à l’intérieur des partenaires internationaux», référant ainsi à l’explication qu’il s’agit d’une initiative regroupant plusieurs ministères: Défense et Affaires mondiales Canada (regroupant les affaires étrangères et le développement international).

«Nous voulons nous assurer que nous faisons cela correctement. C’est une décision très importante en tant que pays quand nous envoyons des troupes partout dans le monde. Je veux aussi m’assurer que nous aurons le bon impact», a encore dit Sajjan.

Lors d’une interview avec 45eNord.ca en septembre alors qu’il prenait part à la réunion des ministres de la Défense des pays participant aux missions de maintien de la paix de l’ONU, le ministre de la Défense nationale élaborait un peu plus: «Nous allons prendre une décision sur la base des informations que nous recevons et nous analysons. Je veux établir un échéancier et pousser vers une décision qui ne soit pas simplement une réaction instinctive. Je veux être sûr que, lorsque nous prendrons une décision finale, elle aura le bon impact sur le terrain et une contribution significative et que nos troupes ont les bons outils pour mener à bien la mission».

Depuis l’annonce du réengagement du Canada dans les opérations de paix de l’ONU, fin août, plusieurs pays sont en bonne position pour accueillir les 600 militaires et 150 policiers que le Canada enverra, Mali en tête.

Le Mali, en Afrique de l’Ouest, accueille déjà les forces françaises et une mission des Nations Unies, qui est considérée comme la plus meurtrière pour l’ONU car les soldats de la paix se sont retrouvés pris pour cible à de multiples reprises par des combattants insurgés.

C’est d’ailleurs pourquoi Harjit Sajjan souhaitait déjà en septembre prendre le temps pour bien définir les règles d’engagement.

«Lorsque vous avez les bonnes règles d’engagement, cela se traduit par le bon type de formation préalable au déploiement. […] Comme vous le savez, je suis un ancien officier de police aussi et l’usage de la force continue est quelque chose que la police fait, et faire en sorte que nos troupes sont bien préparées pour ces types de scénarios. […] Nous veillerons à ce que nos troupes disposent de l’équipement et la formation nécessaires pour être en mesure d’atténuer les menaces, mais plus important d’être en mesure d’avoir les bons outils pour être capables de protéger les civils», d’affirmer le ministre Sajjan.

«À l’offensive» pour la protection des civils

Pays signataire des Principes de Kigali, le Canada souhaite en finir avec l’impuissance de ses soldats face à des situations dramatiques.

«La protection des civils et le mandat de protéger les civils est d’une importance cruciale pour le Canada. Et c’est extrêmement important pour moi comme un ancien soldat. La dernière chose que vous voulez est d’avoir des limitations lorsque vous avez la possibilité d’aider quelqu’un et qu’alors, vous ne pouvez pas. […] Quelque soit la mission que nous entreprendrons, le Canada est ‘à l’offensive’ pour protéger les civils. En outre, non seulement que nous voulons être à la hauteur de ces principes, mais nous voulons encourager et insistons pour que d’autres pays contributeurs le soient aussi», avait rappelé Harjit Sajjan en septembre.

L’objectif sera de «réduire la radicalisation dans certaines régions et, dans d’autres parties, de développer la capacité de la nation hôte.»

Le nombre de pays déstabilisés où la gouvernance est faible et les contestations fortes sont légions. Entre la Somalie, le Soudan et le Soudan du Sud, la République démocratique du Congo, la République centrafricaine, la Libye, le Nigéria, le Mali et le Burundi, les conflits ne manquent pas.

L’objectif est clair: stabiliser ces pays pour éviter qu’ils ne sombrent dans le chaos et que des groupes comme l’EI en Libye ou Boko Haram au Nigéria ou encore Ansar Dine, Al-Qaïda et l’EI au Mali ne profitent de l’occasion pour combler le vide et s’emparer de régions entières. Il en va de la sécurité régionale, mondiale ainsi que des intérêts nationaux du Canada si on veut éviter l’exportation du terrorisme.

Voyez ou revoyez notre interview avec le ministre de la Défense nationale Harjit Sajjan sur le retour du Canada dans les opérations de paix

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d’exercices ou d’opérations, au plus près de l’action.
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