Syrie: près de six ans de conflit

Un enfant blessé évacué après un raid aérien le 23 juillet 2016 à Alep en Syrie. (AFP/Thaer Mohammed)
Temps de lecture estimé : 3 minutes
Un homme pleure sur le corps de son enfant après avoir été tiré des décombres d’un bâtiment suivant les frappes aériennes de l’armée syrienne en septembre 2016 sur un quartier tenu par les rebelles à Alep. (Karam Al-Masri/AFP)

La Syrie est en proie depuis mars 2011 à une guerre déclenchée par une révolte populaire réprimée dans le sang par le régime de Bachar al-Assad. Le conflit a fait plus de 312.000 morts.

Révolte et répression

Le 15 mars 2011, dans la foulée des révolutions arabes, un mouvement de protestation éclate dans ce pays gouverné d’une main de fer depuis 40 ans par la famille Assad. Bachar, le fils, a succédé en 2000 à son père Hafez.

Le mouvement débute à la suite d’un appel à des manifestations pour « une Syrie sans tyrannie ». De petites manifestations sont violemment dispersées à Damas. Mais c’est surtout à Deraa (sud) que le mouvement prend de l’ampleur.

En avril, la contestation s’élargit puis se radicalise, avec des appels à la chute du régime.

En juillet, un colonel réfugié en Turquie annonce la création de l’Armée syrienne libre (ASL), composée de civils ayant rejoint la rébellion, encadrés par des déserteurs de l’armée. D’autres groupes à tendance islamiste se joignent à la rébellion.

L’aviation, principal atout du régime

Le 1er mars 2012 à Homs (centre), l’armée reprend le contrôle du quartier rebelle de Baba Amr après un mois de siège et de bombardements. Plusieurs opérations sanglantes avaient été menées, notamment à Hama (centre), après d’immenses manifestations contre le régime.

Le 17 juillet 2012, l’ASL lance la bataille de Damas. Le gouvernement garde le contrôle de la capitale, mais des zones de sa banlieue passent sous contrôle rebelle.

À partir de 2013, des hélicoptères et des avions du régime larguent régulièrement des barils d’explosifs sur les secteurs rebelles d’Alep et dans tout le pays.

L’Iran entre en jeu

Dès avril 2013, le chef du mouvement libanais Hezbollah, allié de l’Iran, reconnaît l’engagement de ses troupes aux côtés du régime.

L’Iran chiite devient lui le principal allié régional du régime de Bachar al-Assad, issu de la minorité alaouite, une branche du chiisme.

Armes chimiques

Le 21 août 2013, une attaque au gaz sarin sur deux bastions de la rébellion de la périphérie de Damas fait des centaines de morts.

Les États-Unis, qui évoquent un chiffre d’au moins 1.429 morts, dont 426 enfants, accusent Damas. Des frappes américaines contre des positions du régime sont cependant évitées in extremis grâce à un accord avec la Russie, soutien d’Assad, sur la destruction de l’arsenal chimique syrien.

Montée en puissance des djihadistes

En 2014, le groupe État islamique (EI) s’empare de vastes régions dans le Nord, éclipsant la rébellion. Raqa devient sa place forte.

Dès 2013, des djihadistes, notamment du Front al-Nosra (qui sera rebaptisé Fateh al-Cham), avaient renforcé leur assise dans le Nord.

Frappes internationales

En septembre 2014, le président américain Barack Obama met en place une coalition internationale pour combattre l’EI, et les premières frappes sont menées le 23 septembre en Syrie.

Les Kurdes de Syrie, qui avaient dès novembre 2013 établi une administration autonome de transition dans des zones du Nord, vont prendre avec l’appui des raids de la coalition des régions clés à l’EI, dont Kobané, en janvier 2015.

Le territoire syrien commence à être très morcelé en raison des différentes forces en présence.

Intervention de la Russie

Le 30 septembre 2015, la Russie entame une campagne de frappes aériennes, affirmant viser des groupes « terroristes », dont l’EI. Mais les rebelles et les Occidentaux accusent Moscou de viser surtout des groupes rebelles modérés.

Ces frappes aident le régime, alors en très grande difficulté, à reprendre du terrain.

Intervention turque

Le 24 août 2016, la Turquie, qui soutient la rébellion, lance l’opération militaire « Bouclier de l’Euphrate » dans le nord de la Syrie, de l’autre côté de sa frontière. Elle vise deux groupes considérés par Ankara comme des organisations « terroristes »: l’EI et les Unités de protection du peuple kurde (YPG), alliées de Washington dans la lutte contre les djihadistes.

Le régime reprend Alep

Le 22 décembre, après un siège de plusieurs mois sur les quartiers rebelles d’Alep, et une offensive dévastatrice contre ces secteurs, le régime annonce avoir repris le contrôle total de la deuxième ville de Syrie.

Cette victoire du régime est intervenue à la suite de l’évacuation de milliers de rebelles et de civils de la ville, en vertu d’un accord parrainé par l’Iran, la Russie et la Turquie.

Annonce de trêve et de pourparlers

Le 29 décembre, le président russe Vladimir Poutine annonce un cessez-le-feu à partir de minuit et un accord entre régime et rébellion pour mener des pourparlers de paix avec la Turquie et l’Iran.