Attentat à la Mosquée de Québec: l’Équipe intégrée de la sécurité nationale a fait le point

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Les forces de police canadiennes devant le centre culturel islamique de la rue Sainte-Foy, le 29 janvier 2017 au Québec. (Alice Chiche/AFP)
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Les forces de police canadiennes devant le centre culturel islamique de la rue Sainte-Foy, le 29 janvier 2017 au Québec. (Alice Chiche/AFP)

C’est l’Équipe intégrée de la sécurité nationale dirigée par la GRC et comprenant des éléments de la SQ et du SPVM qui mène l’enquête sur l’attentat de dimanche à la Mosquée de Québec, qui a fait 6 morts et plus d’une dizaine de blessés, dont plusieurs dans un état critique.
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Mise à jour du 30/01/2017 à 17h30

Alexandre Bissonnette fera face pour l’instant à 11 chefs d’accusation: 6 pour meurtres au 1er degré et 5 pour tentatives de meurtre, mais l’enquête se poursuit et cherchera aussi de la preuve pour porter également des accusations en vertu de la Section 86 de la Loi sur le terrorisme et la sécurité nationale pour « terrorisme » et atteinte à la sécurité nationale.

Bissonnette, devrait revenir en cour le 21 février pour la divulgation de la preuve et il n’est pas besoin de dire qu’il ne sera pas remis en liberté d’ici là.

Par ailleurs, la présence policière près des mosquées se continue. Dans l’arrondissement Sainte-Foy, à Québec, 80 policiers sont encore sur les lieux. Par ailleurs, les forces policières, qui ont accru leurs efforts cybersurveillance, invitent les gens à signaler tout commentaire qui pourrait cacher une menace à la sécurité.

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Au point de presse conjoint ce matin à 9h au quartier général de la SQ à Québec, le surintendant Martin Plante, responsable de la sécurité nationale de la division C, de la GRC, l’inspecteur Denis Turcotte, des enquêtes criminelles du service de police de la ville de Québec, l’inspecteur-chef André Goulet de la direction des enquêtes criminelles de la Sûreté du Québec et l’assistant directeur Patrick Lalonde, du service de police de la ville de Montréal, ont été avares de commentaires pour ne pas nuire à cette enquête particulièrement importante et délicate.

Tous les moyens d’enquête sont utilisées ont insisté les policiers et on cherche, notamment, à identifier les motifs de l’auteur de l’attentat. Pour le moment, sans écarter clairement qu’il puisse y avoir d’autres suspects, les policiers insistent pour dire que la menace est sous contrôle.

La police n’avait pas encore au moment de la conférence de presse révélé l’identité des victimes âgées de 39 à 60 ans. Quant aux suspects arrêtés hier, après avoir refusé en conférence de presse d’en révéler l’identité, la police a finalement confirmé qu’il s’agissait d’Alexandre Bissonnette, 27 ans, un étudiant en anthropologie à l’Université Laval qui, si on en croit sa page Facebook, habite à Cap-Rouge, dans l’agglomération de Québec et Mohamed Khadir, lui aussi semble-t-il, étudiant à l’Université Laval.

Khadir, l’étudiant en génie arrêté sur place, n’est toutefois plus un suspect, suite à l’enquête, il est maintenant considéré comme un témoin , a indiqué la SQ à 12h06.

La version officielle est que Mohamed Belkhadir, a été arrêté par erreur dans la foulée de l’attentat terroriste à la mosquée de Sainte-Foy, alors qu’il était en train de porter secours aux victimes parce qu’il a été confondu à tort avec un suspect.

Bissonnette, lui, pris de remord, avait lui-même appelé la police dimanche soir avant de se rendre sur le pont de l’Île-d’Orléans, après la fusillade.

Une perquisition a été réalisée dans la nuit de dimanche à lundi au domicile familial, rue Tracel à Cap-Rouge, où les enquêteurs de police ont passé l’avant-midi rapportent les médias locaux.

Des perquisitions ont aussi été faites à l’appartement que Bissonnette louait dans un immeuble situé à quelques pas du Centre culturel islamique.

Alexandre Bissonnette (Facebook).

Parcours ordinaire, a fréquenté l’école secondaire des Compagnons de Cartier et le cégep François-Xavier Garneau.

Tout comme son frère jumeau, il a été membre des Cadets royaux de l’Armée canadienne entre 2002 et 2004, un programme pour les 12-18 ans où on apprend pourtant la tolérance et le respect de l’autre, ainsi que le leadership, le civisme et la condition physique, des notions qui doivent servir durant toute la vie citoyenne.

Mais le jeune Québécois a dérapé.

L’étude de sa page Facebook, maintenant disparue, montre un individu aux idées d’extrême droite. On retrouvait aussi sur la page des liens vers le site de la leader française du Front national, Marine Le Pen.

Y abondaient aussi des commentaire islamophobes.

Alexandre Bissonnette est en outre connu dans le milieu communautaire de Québec pour ses critiques et interventions virulentes en ligne, rapporte de son côté le quotidien de Québec Le Soleil. En voyant sa photo circuler dans les médias, François Deschamps, qui gère la page internet du groupe Bienvenue aux réfugiés, dit avoir reconnu immédiatement l’un de ses «trolls», qui faisait du harcèlement en ligne. «Ça faisait un an qu’on le voyait aller», a-t-il précisé.

« C’est avec douleur et colère que nous apprenons l’identité du terroriste Alexandre Bissonnette, malheureusement connu de plusieurs militants à Québec pour ses prises de positions identitaires, pro-Le Pen et anti-féministes à l’Université Laval et sur les réseaux sociaux », a dénoncé sur Facebook le collectif Bienvenue aux réfugiés – Ville de Québec.

Par ailleurs, même si certains parlent d’un fusil d’assaut AK-47, la police a toutefois refusé de confirmer le type d’arme utilisé pour la tuerie.

À Québec, de nombreuses perquisitions ont eu lieu dans les heures qui ont suivi la fusillade.

En outre, suite à l’événement, non seulement à Québec, mais partout dans la province et particulièrement à Montréal, les lieux de culte ou de rassemblement de la communauté musulmane font l’objet d’une surveillance encore plus particulière. À Montréal, les policiers du SPVM rencontrent les leaders de la communauté et en outre, au moment de la prière du matin aujourd’hui, les policiers de la métropole québécoise ont prolongé la relève pour mieux assurer la sécurité des membres de la communauté musulmane.

Le travail policier se poursuit. Pour le moment, il est aussi trop tôt, ont dit les policiers, pour déterminer quelles seront les accusations portées, mais espère toutefois que l’auteur de l’attentat puisse comparaître une première fois en cour aujourd’hui.
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L’identité des six premières victimes est maintenant connue

Le Bureau du coroner a confirmé l’identité des six victimes de la fusillade:

M. Mamadou Tanou Barry, âgé de 42 ans;
M. Abdelkrim Hassane, âgé de 41 ans;
M. Khaled Belkacemi, âgé de 60 ans;
M. Aboubaker Thabti, âgé de 44 ans;
M. Azzeddine Soufiane, âgé de 57 ans;
M. Ibrahima Barry, âgé de 39 ans.

On peut craindre que le bilan des morts grimpe, cinq des blessés, hospitalisés à l’hôpital de l’Enfant-Jésus, étant dans un état critique. Quant aux 14 autres blessés, il ont reçu leur congé de l’hôpital.

Les six personnes tuées dimanche lors de l’attaque avec une arme à feu d’une mosquée de Québec étaient toutes des Canadiens binationaux, a indiqué de son côté le vice-président du Centre culturel islamique de Québec, Mohamed Labidi. « Ce sont tous des citoyens canadiens, ce sont tous des Québécois, des Canadiens », a-t-il déclaré à Québec en marge d’une rencontre avec les autorités québécoises.

Les investigations du coroner, Me Donald Nicole, en vue d’établir les causes probables et les circonstances des six décès se poursuivront dans les semaines à venir, en collaboration notamment avec la Gendarmerie royale du Canada, la Sûreté du Québec, le Service de police de la Ville de Montréal et le Service de police de la Ville de Québec, indique pour sa part le Bureau du coroner.Toute autre information de même que les conclusions du coroner seront contenues dans ses rapports, qui seront rendus publics au cours des prochains mois, précise le communiqué du Bureau du coroner.