Colombie: quand des agents de l’ONU dansent avec des guérilleros

L'écusson d'un Farc près de Montealagre, en Colombie (Archives/Luis Robayo/AFP)
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https://youtu.be/HVAAiSsazY0

Remis à jour le 04/01/2017 à 21h37

La mission de l’ONU en Colombie a déploré que plusieurs de ses membres aient dansé avec des guérilleros des Farc, comme le montre une vidéo, lors d’une fête dans une zone de regroupement de rebelles dans le cadre de l’accord de paix.

« Ce comportement est inapproprié et ne reflète par les valeurs de professionnalisme et impartialité de la mission. La mission de l’ONU en Colombie prendra les mesures pertinentes », a indiqué lundi soir l’organisme dans un communiqué.

Plusieurs médias colombiens ont diffusé cette vidéo qui montre des agents de la mission de l’ONU en train de danser avec des membres des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes) à l’occasion du Nouvel an, dans une zone temporaire de regroupement des rebelles, avant qu’ils déposent les armes, dans le département de la Guajira (nord).

Les membres de cette mission, reconnaissables sur la vidéo à leurs vestes bleues, sont chargés de surveiller le cessez-le-feu bilatéral en vigueur depuis août et scellé dans un récent accord de paix mettant fin à un demi-siècle de conflit armé.

Le gouvernement colombien inquiet

Le gouvernement colombien s’est pour sa part inquiété mercredi de l’attitude de membres de l’ONU en Colombie, après la diffusion de la vidéo.

L’ambassadrice de la Colombie auprès des Nations unies, Maria Emma Mejia, a demandé des « mesures correctives » pour qu’une telle situation ne se reproduise pas et ne « remette en cause la confiance et le prestige des Nations unies », dans un courrier adressé au secrétaire général adjoint de l’ONU aux Affaires politiques, Jeffrey Feltman.

Principale et plus ancienne guérilla de Colombie, les Farc comptent encore, selon leurs estimations, environ 5.700 combattants qui sont concentrés dans 26 zones du pays et devront rendre les armes d’ici six mois maximum avant de retourner à la vie civile.

Depuis les années 1960, le conflit armé colombien a impliqué une trentaine de guérillas de gauche, des paramilitaires d’extrême droite et les forces de l’ordre, faisant au moins 260.000 morts, plus de 60.000 disparus et 6,9 millions de déplacés.