Des bombardiers furtifs américains B-2 frappent les soldats de l’EI en Libye

Trois bombardiers furtifs américains B-2 déployés dans la zone Asie-Pacifique. (US Air Force)
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Le Northrop B-2 Spirit, également surnommé Stealth Bomber, est un avion bombardier de l’US Air Force (USAF) destiné à l’origine au bombardement stratégique à l’arme conventionnelle ou nucléaire, a été utilisé lors la guerre du Kosovo en 1999, lors des guerres d’Afghanistan en 2001, d’Irak en 2003, ainsi qu’en Libye en 2011 et de nouveau le 18 janvier 2017 en Libye. (US Air Force)

Les frappes américaines contre le groupe État islamique mercredi soir en Libye ont tué «plus de 80 djihadistes», a indiqué jeudi le secrétaire à la Défense Ashton Carter.

Il y avait parmi les djihadistes tués «des gens qui étaient en train de planifier activement des opérations en Europe et ont pu être liés à des attaques qui ont eu lieu en Europe», a déclaré le secrétaire américain à la Défense dans une brève intervention devant la presse au Pentagone.

Les États-Unis ont montré leur détermination à éliminer toute présence de l’EI en Libye en menant des frappes aériennes près de Syrte, d’où les djihadistes avaient été chassés en décembre.

Les États-Unis «restent prêts à soutenir les efforts libyens pour contrer les menaces terroristes, et vaincre le groupe État islamique en Libye», a déclaré le porte-parole du Pentagone, Peter Cook.

Les militaires américains ont bombardé deux camps de l’EI situés à environ 45 kilomètres de Syrte, a indiqué Peter Cook.

Les djihadistes visés «comprenaient des individus qui avaient fui Syrte pour rejoindre des camps isolés dans le désert pour se réorganiser» après leur défaite, a-t-il indiqué dans un communiqué.

«Plusieurs dizaines» de combattants ont été tués dans l’opération, a précisé jeudi un responsable américain de la Défense sous couvert d’anonymat.

Jeudi, les forces libyennes loyales au maréchal Khalifa Haftar qui contrôlent une grande partie de l’est libyen ont également annoncé être engagées dans de violents combats contre des groupes djihadistes dans une de leurs dernières positions dans la ville de Benghazi.

La perte de Syrte en décembre, après des mois de combat, a été un revers important pour le groupe État islamique, qui a perdu avec la ville son dernier grand bastion dans le pays.

Les djihadistes avaient été chassés par les forces loyales au gouvernement d’union nationale (GNA), qui contrôle une partie du pays et qui est soutenu par les pays occidentaux et certains pays africains.

Mais les combattants de l’EI restent capables d’agir en Libye. Selon les experts, ils disposent encore de plusieurs cellules, dans le Sud, l’Est et l’Ouest du pays, y compris dans la capitale Tripoli.

Les efforts des djihadistes pour s’implanter en Libye sont facilités par les combats entre factions rivales dans ce pays pétrolier qui font planer la menace d’un conflit généralisé.

Sur le terrain, deux forces militaires se distinguent: les groupes armés de Misrata, une ville de l’ouest libyen, qui formaient l’essentiel des forces ayant chassé l’EI de Syrte au nom du GNA, et l’Armée nationale libyenne (ANL) autoproclamée par le maréchal Khalifa Haftar, qui mène depuis plus de deux ans des combats contre les groupes djihadistes dans la partie orientale du pays.

Bombardiers et drones

L’ANL accuse ses rivaux de Misrata d’appuyer les groupes djihadistes.

La tension entre les deux forces militaires est brutalement montée début décembre, juste après la victoire de Syrte, lors que des milices de Misrata ont participé à une attaque contre la région du Croissant pétrolier, contrôlée par les forces du maréchal Haftar.

Le maréchal Haftar courtise désormais la Russie, espérant obtenir le soutien de Moscou pour étendre son influence sur toute la Libye.

Le 11 janvier, le maréchal Haftar s’est rendu sur le porte-avions russe Amiral Kouznetsov croisant au large de la Libye, où il s’est notamment entretenu vidéoconférence avec le ministre de la Défense Sergueï Choïgou.

Le porte-parole du Pentagone Peter Cook a précisé jeudi que les frappes américaines mercredi en Libye avaient été approuvées par le président Barack Obama, et menées «en accord» avec le GNA.

Le président élu Donald Trump n’a encore donné aucune précision sur ses intentions en Libye.

Les bombardements de mercredi ont été menés par des bombardiers furtifs à long rayon d’action B2 et par des drones, a précisé un responsable américain de la Défense.

Le Pentagone s’est assuré selon lui qu’il s’agissait bien de combattants armés avant l’attaque, qui n’a pas fait de victimes civiles.