Guantánamo: à la veille de son départ, Obama dénonce l’attitude du Congrès

Un détenu de Guantanamo refuse de quitter la prison américaine. (AFP)
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Un mirador de la prison américaine de Guantanamo, sur l’île de Cuba (Archives/Paul J. Richards/AFP)

À la veille de son départ, Barack Obama a adressé jeudi un courrier au Congrès, aux mains de ses opposants républicains, pour dénoncer son opposition à la fermeture de la prison de Guantánamo, «contraire aux valeurs» de l’Amérique.

«Il n’existe tout simplement aucune justification (…) à l’insistance du Congrès à garder ce centre de détention ouvert», a indiqué le président des États-Unis dans ce courrier rendu public par la Maison-Blanche.

«L’histoire portera un jugement sévère sur cet aspect de notre lutte contre le terrorisme et ceux qui n’ont pas réussi y mettre fin», écrit M. Obama.

Selon un responsable américain, un ultime transfert de quatre détenus était en cours d’achèvement jeudi, portant à 41 le nombre de détenus enfermés dans le camp de Guantánamo.

Les détails de ce dernier transfert devaient être annoncés ultérieurement.

Le président américain n’a pas tenu sa promesse de fermer cette prison située sur l’île de Cuba qui incarne, dans nombre de pays à travers le monde, les excès dans la lutte antiterrorisme des États-Unis après les attentats du 11 septembre 2001.

Il aura cependant sensiblement réduit le nombre de détenus s’y trouvant. Quand il a pris ses fonctions en janvier 2009, ils étaient 242.

Dans son courrier au Congrès, Barack Obama réaffirme sa conviction qu’il est possible de fermer cette prison sans que cela ne représente un danger et en réalisant des économies pour le contribuable américain – le coût annuel de chaque détenu est estimé à sept millions de dollars.

Il appelle également une nouvelle fois les élus à agir.

«Guantánamo est contraire à nos valeurs et affaiblit notre statut dans le monde», conclut-il. «Il est grand temps de mettre fin à ce chapitre de notre histoire».

Durant la campagne, Donald Trump avait affiché sa volonté de garder ouverte la prison de Guantanamo et «de la remplir de mauvais gars».

Lundi, une dizaine de détenus (huit Yéménites et deux Afghans) avaient déjà été transférés vers le sultanat d’Oman.

Appel à Merkel

Montage des portraits de la chancelière allemande Angela Merkel à Paris le 6 février 2012 et de Barack Obama, le 8 octobre 2013 à Washington (Archives/Lionel Bonaventure, Saul Loeb/AFP)
Barack Obama a également appelé jeudi la chancelière allemande Angela Merkel pour saluer huit années «d’amitié et de partenariat», à la veille de la prestation de serment de Donald Trump qui a eu des propos très critiques envers cette dernière.«Le président (américain) a souligné combien il était naturel que son dernier appel à un dirigeant étranger soit réservé à la chancelière Merkel», a indiqué la Maison-Blanche

Selon le compte-rendu diffusé par l’exécutif américain, M. Obama a remercié la dirigeante allemande pour «son leadership fort, courageux et stable».

À l’occasion de cet échange, M. Obama et Mme Merkel ont souligné combien «une coopération étroite entre Washington et Berlin ainsi qu’entre les États-Unis et l’Europe étaient cruciale pour s’assurer de la robustesse des liens transatlantiques». Dans un entretien aux journaux allemand Bild et britannique The Times, Donald Trump a qualifié de «catastrophique» la politique d’accueil migratoire de la chancelière allemande et estimé que le Royaume-Uni avait eu «bien raison» de quitter une Union européenne, selon lui, dominée par l’Allemagne.

Le secrétaire d’État américain sortant, John Kerry, avait immédiatement dénoncé des «propos déplacés», jugeant qu’il n’était pas correct de «s’immiscer dans les affaires d’autres pays de manière aussi directe».

Lors de sa dernière visite à Berlin en novembre, Barack Obama avait rendu un hommage très appuyé à Angela Merkel, «une partenaire extraordinaire». «Si j’étais ici, si j’étais Allemand et si je votais, je pourrais la soutenir», avait-il même ajouté.

La chancelière a depuis annoncé qu’elle était candidate à un quatrième mandat.

Obama rend publics les derniers documents ayant appartenu à ben Laden

Une photo d’Oussama Ben Laden sur un écran du Pentagone (Photo: DoD)
Par ailleurs, dans ses dernières heures, l’administration Obama a rendu publique, jeudi, la dernière de trois séries de documents ayant appartenu à Oussama ben Laden, saisis lors du raid de 2011 qui s’est terminé par la mort du leader d’Al-Qaïda dans son repaire secret au Pakistan.

La traque et l’assassinat de l’homme derrière les attentats terroristes du 11 septembre 2001 aux États-Unis représentent l’une des plus grandes réussites du président Barack Obama.

Des agents du renseignement travaillent depuis plus de deux ans à déclassifier les centaines de documents saisis lors du raid. La dernière série inclut 49 documents, notamment des lettres écrites ou reçues par Ben Laden, ses adjoints et sa mère. Les documents font également état d’une querelle entre Ben Laden et un groupe affilié à Al-Qaïda en Irak, qui est devenu par la suite Daech (le groupe armé État islamique). Ces militants sont aujourd’hui la cible principale des agents de contre-terrorisme américains.

Le Pentagone a annoncé jeudi que les forces aériennes américaines avaient attaqué deux camps militaires de Daech en Libye, cherchant ainsi à éliminer les extrémistes ayant fui l’ancien bastion du groupe djihadiste dans ce pays, à Syrte.

Oussama ben Laden est responsable d’avoir orchestré l’attaque terroriste qui a tué près de 3000 personnes aux États-Unis en 2001. Les attaques ont complètement transformé la présence américaine à l’étranger et ébranlé certains des principes de base de la Constitution des États-Unis, dans l’espoir de détecter les terroristes avant qu’ils ne frappent.