Le Premier Ministre Trudeau bien préparé pour l’arrivée de Trump

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Le Premier ministre Justin Trudeau a bien placé ces pions en préparation pour les incertitudes économiques et militaires à venir. (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Face au changement de pouvoir aux États-Unis, le Premier Ministre Justin Trudeau a effectué des choix ministériels adaptés au nouveau gouvernement de Donald Trump.

Le Premier Ministre a fait les efforts nécessaires en vue de ce qui sera une épreuve économique, diplomatique, et militaire pour le Canada.

Bien que les défis les plus importants soient à venir – comme la redémarrage des discussions au sujet de l’accord commercial de l’ALÉNA – Trudeau et sa nouvelle équipe sont bien préparés pour la venue des représentants d’une administration américaine protectionniste, rapporte le Calgary Sun.

Justin Trudeau n’a jusqu’à présent jamais attaqué ou critiqué Donald Trump, ni pendant sa campagne présidentielle ni depuis son élection.

Bien que la visite de l’ex-vice-président Joe Biden fin novembre ai laissé croire à une victoire imminente des démocrates et d’Hillary Clinton, Trudeau a encaissé la surprise que fut Trump avec aisance.

Même avant les résultats de l’élection, Trudeau avait nommé David MacNaugthon comme ambassadeur aux États-Unis. MacNaughton est un businessman avec de bonnes connections et un sens de la politique, capacités qui seront utiles pour les incertitudes qui entourent le nouveau gouvernement américain.

Le remaniement ministériel prévu pour juin a été subitement effectué en janvier afin d’être mieux adapté à la présidence de Trump. La nomination de Chrystia Freeland, l’ancienne Ministre du Commerce, en tant que Ministre des Affaires Étrangères permet au gouvernement Libéral d’avoir quelqu’un avec des connections aux États-Unis et de bonnes connaissances en termes de commerce pour traiter de l’accord ALÉNA.

Un autre bon choix est celui d’Andrew Leslie, l’ancien commandant de l’Armée canadienne, comme secrétaire parlementaire de Freeland. Ses contacts avec les chefs militaires américains sont un autre avantage pour Trudeau.

Le Canada envoie 75% de ses exportations aux États-Unis. Un mauvais accord de l’ALÉNA ou des taxes d’importations mises en place par les États-Unis pour le Canada pourraient avoir des effets sévères sur leurs économies respectives.

En terme de défense

Du côté de la défense, l’ancien chef d’état-major Tom Lawson a exprimé sa satisfaction à la nomination du général James Mattis en tant que secrétaire de la défense au cabinet de Trump.

« Jim Mattis est un très bon ami du Canada, » à dit Lawson lors d’un interview avec CTV News. « Il donnera des conseils calmes et raisonnables sur tous problèmes et questions liés à la défense à son président, » a-t-il continué.

Le gouverneur général du Canada David Johnston, conseillé par Lawson, a remis à Mattis en 2013 la Croix du service méritoire pour son aptitude en leadership dans les forces armées américaines et les forces de l’OTAN en Afghanistan. Mattis avait fourni un accès sans précédent au Canada en terme de participation politique et lors d’entraînements militaires, et avait renforcé les relations américano-canadiennes.

Le Canada possède d’autres bonnes relations militaires avec le nouveau cabinet américain. Le Général Jonathan Vance, le chef d’état-major, est très proche du lieut. gén. Mike Flynn, a noté Lawson. Flynn a été nommé comme le conseiller à la sécurité nationale de Trump.

S’il plane des incertitudes militaires envers la présence américaine dans l’OTAN et les répercussions que cela entrainerait pour le Canada, Trudeau a bien placé ses pions afin de faire face aux incertitudes économiques à venir.