Le rapport de 35 pages détaillant les informations qui permettraient à Moscou de faire chanter Trump

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Montage photo réalisé le 30 décembre 2016 du président élu des Etats-Unis Donald Trump (le 28 décembre 2016 en Floride ) et du président russe Vladimir Poutine (23 décembre 2016 à Moscou)(AFP/Archives/DON EMMERT, Natalia KOLESNIKOVA)

Les chefs du renseignement américain ont informé Donald Trump la semaine dernière de l’existence d’informations compromettantes qui auraient été recueillies pendant des années par la Russie sur le milliardaire républicain, et rassemblées dans des notes confidentielles circulant à Washington.
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Mise à jour du 11/01/2017 à 14h50

Critiqués par de nombreux médias, analystes et le président élu qui a dénoncé un «tas d’ordures». BuzzFedd tente de justifier sa décision de publier des allégations non vérifiées (et non vérifiables) sur des informations qui permettraient à Moscou de faire chanter Trump.

«Publier ce dossier reflète la façon dont nous voyons le travail de reporters en 2017», a pour sa part justifié Ben Smith, rédacteur en chef de BuzzFeed, dans un message à la rédaction, tout en assurant qu’il ne s’agissait pas «d’une décision facile ou simple».

Mais beaucoup d’éditorialistes et d’analystes des médias se montrent très critiques à l’égard de BuzzFeed: «C’était incroyablement irresponsable», a été jusqu’à dire Dan Kennedy, professeur de journalisme à l’université Northeastern, pour qui ce choix pourrait saper encore davantage la confiance du public dans les médias, attaqués très régulièrement par Donald Trump durant sa campagne.

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« Fausses informations – une chasse aux sorcières totale! » a réagi le milliardaire sur Twitter, écrivant la totalité de son message en lettres capitales.

La chaîne CNN et d’autres médias ont rapporté mardi l’existence d’un document de 35 pages, composé d’une série de notes datées de juin à décembre 2016 et rédigées par un ancien agent du contre-espionnage britannique, jugé crédible par le renseignement américain, pour le compte d’opposants politiques à Donald Trump.

Selon ces médias, dont CNN et le New York Times, les chefs du renseignement américain ont présenté au président élu un résumé de deux pages de ces 35 pages, en même temps qu’ils lui détaillaient leur rapport, partiellement déclassifié vendredi, récapitulant l’ensemble des opérations russes de piratage informatique et de désinformation aux États-Unis.

Le fait que ce résumé ait été présenté à Donald Trump, Barack Obama et plusieurs responsables du Congrès souligne l’importance accordée à ces documents par les chefs espions.

Les 35 pages ont été publiées mardi par le site d’information BuzzFeed, qui a cependant précisé qu’il n’était pas en mesure de les authentifier. Leur contenu n’a pas plus été certifié par des sources officielles. Les notes, qui circulaient parmi les milieux politiques et médiatiques à Washington depuis plusieurs semaines, détaillent notamment:

– des informations présentées comme compromettantes sur la vie personnelle de Donald Trump, comme l’existence supposée de vidéos sexuelles tournées lors d’une visite à Moscou en 2013, et obtenues par les services russes dans le but d’en faire un moyen de chantage;

– des informations sur les liens de plusieurs années entre Donald Trump, ses proches et le Kremlin.

Ces informations ont provoqué le trouble à Washington, et notamment au Congrès.

« Si ces allégations d’une coordination entre la campagne de Trump et des agents russes sont avérées, et les allégations selon lesquelles les Russes ont compromis l’indépendance du président élu Trump, ce serait vraiment choquant. Ce serait explosif », a réagi sur CNN le sénateur démocrate Chris Coons.

« Si les informations sur les compromissions de Trump sont fausses, elles doivent être démenties, si elles sont vraies, il ne peut pas être président », a déclaré un élu démocrate, Jared Polis.

Ce document explique sans doute « la défense continuelle de Trump de la Russie et son adoration pour Poutine », a renchéri sur Twitter l’ex-candidat conservateur à la présidentielle et ancien agent de la CIA Evan McMullin.

ATTENTION: D’une part, ce rapport n’est pas un rapport officiel et, d’autre part, les allégations qu’il contient n’ont pas été vérifiées. Nous republions donc sous toute réserve ce document qui circulait déjà dans les milieux politiques pour que nos lecteurs puissent voir de leurs propres yeux ce dont toute l’Amérique parle, maintenant, depuis sa publication sur BuzzFeed.

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Liens avec Moscou

L’existence de liens entre l’entourage de Donald Trump et le pouvoir russe avait déjà fait l’objet de rumeurs pendant la campagne électorale, notamment via le rôle trouble d’un conseiller républicain en politique étrangère proche des Russes, Carter Page.

L’ex-chef de file des sénateurs démocrates, Harry Reid, qui avait accès à des informations classées secrètes, s’en était publiquement alarmé à mots couverts auprès du directeur du FBI, James Comey, en août et en octobre.

« Il est maintenant clair que vous possédez des informations explosives sur les liens étroits et la coordination entre Donald Trump, ses proches conseillers et le gouvernement russe – une entité étrangère ouvertement hostile aux États-Unis, dont Donald Trump fait l’éloge à chaque occasion », a écrit M. Reid le 27 août, exigeant le lancement d’une enquête par le FBI.

Mardi, le directeur du FBI, interrogé au Congrès, n’a ni confirmé ni démenti l’existence d’une enquête.

En août dernier, Michael Morell, ancien directeur par intérim et directeur adjoint de la CIA de 2010 à 2013, et soutien d’Hillary Clinton, avait accusé Donald Trump d’être « un agent involontaire de la Fédération de Russie ».

Interrogée mardi, la Maison Blanche n’a pas fait de commentaires.

Le consensus des services de renseignement américain est que Vladimir Poutine a ordonné une campagne d’influence aux Etats-Unis en piratant notamment des responsables démocrates afin de discréditer Hillary Clinton, envers qui il nourrirait une inimitié personnelle depuis qu’elle a été chef de la diplomatie américaine, et de doper les chances de Donald Trump.

Le successeur de Barack Obama, élu en novembre dernier, a fait campagne en prônant un rapprochement avec Moscou. Il a longtemps refusé d’accepter la conclusion de l’administration Obama sur l’ingérence russe.

Après avoir reçu le rapport des services, vendredi dernier, il a infléchi sa ligne, admettant publiquement que la Russie, parmi d’autres acteurs étatiques et privés, avait lancé des cyberattaques aux États-Unis, notamment contre le parti démocrate.

Le Kremlin réfute ces accusations d’interférence.

Ces développements devraient occuper une partie de la conférence de presse que Donald Trump doit tenir mercredi matin à New York, sa première depuis son élection.

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