Les ministres canadiens de la Défense et des Affaires étrangères à Washington le jour de l’investiture

L'ambassade du Canada à Washington au 501 Pennsylvania Avenue, la seule ambassade située sur la même avenue que la Maison-Blanche. Au fond, le Capitole où siègent les législateurs américains. (WikiCommons)
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L’ambassade du Canada à Washington au 501 Pennsylvania Avenue, la seule ambassade située sur la même avenue que la Maison-Blanche. Au fond, le Capitole où siègent les législateurs américains. (WikiCommons)

La nouvelle ministre des Affaires ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, le ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan, ainsi que le ministre des Ressources naturelles, Jim Carr, et le secrétaire parlementaire de la ministre des Affaires étrangères, Andrew Leslie, ont annoncé aujourd’hui qu’ils seront à Washington, le 20 janvier 2017,

L’investiture d’un président américain est un événement purement national américain et il n’y a pas de délégations étrangères à l’investiture proprement dite, seuls sont invités les ambassadeurs. Mais les ministres canadiens seront ce jour-là à Washington pour assister aux événements prévus dans la région de Washington et à l’ambassade du Canada, la seule située sur la même avenue que la maison-Blanche, l’avenue Pensylvania.

Et c’est ainsi qu’ils souligneront l’investiture du 45e président des États-Unis avec lequel le Canada fait tout pour avoir de bonnes relations, alors que l’équipe de l’ambassade canadienne tente de tisser plus que jamais des liens avec les Américains à tous les niveaux du gouvernement et dans différentes industries pour préparer le terrain aux délicats pourparlers concernant l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA).

Mais le Canada a déjà été beaucoup plus loin que simplement envoyer trois de ses plus importants ministres, les ministres de la Défense, des Affaires étrangères et celui Ressources naturelles, souligner l’accession du milliardaire à la tête de son puissant voisin. Depuis l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis, les cartes ont été carrément rebrassées à Ottawa.

Stéphane Dion, sous la gouverne duquel le Canada a renoué avec le multilatéralisme après le bilatéralisme qui avait marqué les années Harper et repris sa place sur la scène internationale, il a été poussé vers la sortie le 10 janvier après 21 ans de vie politique et a depuis quitté la vie politique.

Jugé trop cassant, le père de l’accord de Montréal en 2005 sur la lutte au changement climatique qui avait récemment critiqué la position de Donald Trump à ce sujet, affirmant que le Canada pourrait faire pression sur le président en démontrant aux États-Unis à quel point l’environnement et l’économie sont liés aujourd’hui, a été remplacée par Chrystia Freeland.

La nouvelle ministre des Affaires étrangères, pressentie comme meilleure négociatrice et plus à même d’établir des relations avec l’équipe du nouveau président américain, a pris les rênes de la diplomatie canadienne. De ministre du Commerce international elle est donc devenue cheffe de la diplomatie canadienne, tout en conservant le dossier des relations canado-américaines, y compris en ce qui a trait aux échanges commerciaux.

Quant à Stéphane Dion, sous la gouverne duquel le Canada renoua avec le multilatéralisme après le bilatéralisme qui avait marqué les années Harper et repris alors sa place sur la scène internationale, poussé vers la sortie après 21 ans de vie politique , il a depuis quitté la vie politique.

Le général à la retraite et député libéral, Andrew Leslie, lui, a été nommé mercredi, au poste de secrétaire parlementaire de la nouvelle ministre des Affaires étrangères Chrystia avec, comme responsabilités, de nouer des liens avec la nouvelle administration américaine.

Andrew Leslie, auparavant whip en chef du gouvernement et qu’on avait cru un temps destiné à la Défense, a développé des relations soutenues avec plusieurs généraux américains lorsqu’il était dans l’armée, a été nommé expressément pour aider le gouvernement Trudeau à à gérer la relation du pays avec les États-Unis

En 2007, cet ex-lieutenant-général et ex-commandant de l’Armée s’est vu remettre la Légion du mérite – une décoration militaire américaine – en reconnaissance de son travail effectué avec nos voisins du Sud.

Tout pour plaire au nouvel occupant de la Maison-Blanche, quitte à ce le ministère canadien des Affaires étrangères se mue en ministère des relations-canado américaines et, accessoirement, des relations avec le reste du monde.

« Les relations entre le Canada et les États-Unis se fondent sur des économies intégrées, une coopération étroite en matière de sécurité et un engagement à accroître la classe moyenne. Sur le plan mondial, il s’agit de l’une des relations les plus étroites et les plus fructueuses qui soient entre deux pays, et cet événement constitue une grande occasion pour consolider ces liens et réaffirmer nos intérêts communs », explique le communiqué des Affaires étrangères qui annonce la composition de la délégation canadienne.

Et de renchérir la nouvelle chef de la diplomatie canadienne, Chrystia Freeland: « Les États-Unis n’ont pas d’ami, de partenaire et d’allié plus proche que le Canada, et nous serons heureux de collaborer étroitement avec la nouvelle administration et le Congrès des États-Unis. Nos deux pays entretiennent depuis longtemps une profonde amitié qui a fait ses preuves au fil du temps, que ce soit sur le plan du commerce ou de la coopération en matière de sécurité. Nos économies intégrées continueront d’être la pierre angulaire de notre prospérité commune, contribuant à la croissance de la classe moyenne de part et d’autre de la frontière.»

La relation canado-américaine, telle que résumée par le ministère canadien des Affaires étrangères

Les populations canadienne et américaine tirent profit d’échanges commerciaux et d’investissements dont la valeur s’établit à plus de 1,4 billion de dollars.

Près de 9 millions d’emplois aux États-Unis sont liés au commerce et à l’investissement en provenance du Canada.

Le Canada est le principal client de 35 États américains. Aucun autre pays n’achète autant de biens fabriqués aux États-Unis que le Canada.
Les États-Unis sont le plus important partenaire du Canada au chapitre de la sécurité et de la défense. Depuis plus de 50 ans, le Canada et les États-Unis travaillent côte à côte au sein du Commandement (NORAD).

La frontière entre le Canada et les États-Unis est la plus longue et la plus sûre du monde. Quelque 400 000 personnes et des biens et services d’une valeur de plus de de 2 milliards de dollars traversent la frontière chaque jour.

Le Canada est actuellement le fournisseur d’énergie le plus important et le plus sûr des États-Unis, qu’il s’agisse de pétrole brut, de produits pétroliers raffinés, de gaz naturel, d’électricité ou d’uranium.

À ne pas s’y « trumper », la relation avec Washington est une relation de toute première importance, mais, faudra-t-il peut-être bientôt le rappeler, de toute première importance pour les deux partenaires…