Stéphane Dion devient le «porte-parole principal du Canada en Europe»

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Le ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion et le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg en décembre 2015. (OTAN)

Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé aujourd’hui qu’il proposera à l’Union européenne et au gouvernement allemand la nomination de son ex-ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion en tant qu’ambassadeur du Canada auprès de l’Union européenne et de l’Allemagne.

L’ancien chef de la diplomatie canadienne a confirmé de son côté qu’il a accepté de devenir ambassadeur du Canada auprès de l’Union européenne et auprès de l’Allemagne, dans ce qui constitue une nouvelle « configuration » de la diplomatie canadienne. Il remplace ainsi à la fois Marie Gervais-Vidricaire à l’ambassade canadienne à Berlin, et Daniel Costello, qui était ambassadeur du Canada auprès de l’Union européenne.

« Stéphane a démontré un engagement exceptionnel envers le Canada, et je lui suis reconnaissant d’avoir accepté d’accomplir cette tâche unique et importante. Je suis persuadé qu’à titre de porte-parole principal du Canada en Europe, il continuera de servir son pays de façon extraordinaire et contribuera à resserrer les liens qu’entretiennent depuis longtemps le Canada et l’Europe. », déclare le chef du gouvernement libéral dans le communiqué qui annonce la nomination de Stéphane Dion, sacrifié début janvier sur l’autel des relations avec l’équipe Trump.

Lors du remaniement ministériel du 10 janvier, l’ex ministre des Affaires étrangères, ce vieux routier de la politique canadienne, perdait son poste, remplacé par la ministre Chrystia Freeland, auparavant ministre du Commerce international.

La feuille de route de Stéphane Dion était pourtant impressionnante.

Après avoir occupé plusieurs ministères entre 1996 et 2006, après avoir été chef de l’opposition officielle et chef du parti libéral entre 2006 et 2008, Stéphane Dion est devenu le 4 novembre 2015 le 11e ministre des Affaires étrangères du Canada qui renoua avec le multilatéralisme après le bilatéralisme qui avait marqué les années Harper. Sous la gouverne de Stéphane Dion, le Canada repris alors sa place sur la scène internationale.

L’ex chef de la diplomatie canadienne et ex-champion de l’écologie, qui avait critiqué la position de Donald Trump sur le changement climatique, affirmant que le Canada pourrait faire pression sur le président en démontrant aux États-Unis à quel point l’environnement et l’économie sont liés aujourd’hui, était sacrifié sur l’autel des relations avec la nouvelle administration américaine

Chrystia Freeland était pressentie comme meilleure négociatrice et plus à même d’établir des relations avec l’équipe du nouveau président américain et, pour bien marquer l’importance qu’accordait Ottawa à ses relations avec Washington, tout en conservant le dossier des relations canado-américaines, y compris en ce qui a trait aux échanges commerciaux, elle devenait la grande patronne de la diplomatie canadienne,

Stéphane Dion décidait alors de quitter le monde de la politique où il était entré en mars 1996, remarquée par la femme du premier ministre libéral d’alors, Jean Chrétien. Il laissait savoir alors qu’il refuserait aussi un poste d’ambassadeur.

« À titre de diplomate canadien le plus haut placé en Europe, M. Dion jouera un rôle central dans la promotion des intérêts du Canada en assurant l’harmonisation des activités des missions canadiennes et en donnant des conseils stratégiques au premier ministre », dit pourtant aujourd’hui le premier ministre Trudeau, ajoutant que « Les fonctions de M. Dion apporteront un énorme avantage stratégique au Canada. Partageant son temps entre Bruxelles et Berlin, il travaillera avec nos partenaires européens au plus haut niveau au nom du gouvernement du Canada. »

Faisant ses adieux à la Chambre des communes mardi, Stéphane Dion a réitéré que le Canada représente un idéal pour les citoyens du reste de la planète en raison de son ouverture et de sa tolérance. « Nous avons besoin de plus de Canada. Nous l’entendons souvent à l’étranger », a-t-il souligné.

À l’heure où le Canada est endeuillé par la tragédie dans une mosquée de Québec où un jeune nationaliste islamophobe aux idées d’extrême-droite à tué dimanche six musulmans pendant la prière du soir, « Il faut s’assurer que l’ouverture de l’inclusion triomphe par rapport à l’exclusion et la xénophobie », a aussi déclaré celui qui devient le porte-parole principal du Canada en Europe

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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